• 2020/11 Sésame : petites graines, gros scandales

    La lettre de L’équipe de Foodwatch du jeudi 19 novembre 2020

    Bonjour,

    Sincèrement, nous avons hésité avant de partager cette information avec vous. Les nouvelles sont déjà moroses voire inquiétantes par ailleurs. Mais malheureusement, chez foodwatch, nous voyons un nouveau scandale enfler à l’échelle mondiale, qui tente une fois encore de passer en catimini. Alors il fallait qu’on vous en parle, pour vous en informer et pour que vous puissiez agir avec nous. Ce nouveau scandale a des airs de déjà-vu, comme l’affaire des œufs contaminés au fipronil en 2017, sauf que cette fois, il s’agit de graines de sésame contaminées qu’on retrouve vraiment partout dans notre alimentation.

    Ces graines de sésame en provenance d’Inde contiennent des résidus d’oxyde d’éthylène - un désinfectant gazeux utilisé pour éviter la formation de moisissures - interdit au sein de l’Union mais que l’on a retrouvé sur des aliments à des doses mille fois supérieures à la limite maximale tolérée en Europe, qui est de 0,05 mg/kg. Comme pour le fipronil, c’est la Belgique qui a prévenu ses voisins européens, éberlués. Des dizaines de pays en Europe et ailleurs sont désormais concernés.

    La Commission européenne ne prend pas l’affaire à la légère : « De tels niveaux de contamination représentent un risque grave pour la santé humaine dans l’Union car l’oxyde d’éthylène est classé comme mutagène de catégorie 1B, cancérogène de catégorie 1B et toxique pour la reproduction de catégorie 1B »

    Et en France, que se passe-t-il ?

    C’est le silence radio du côté de Bercy et de la Répression des fraudes mais aussi du ministère de la Santé sur les risques pour la santé. Ces graines de sésame contaminées importées en Europe se sont pourtant retrouvées dans des centaines de produits de l’industrie agroalimentaire, marques connues, bio et distributeurs. Aucune chaîne de supermarché n’y échappe et on voit de nombreux rayons se vider, souvent en catimini, sans le moindre affichage : petits pains, magret de canard, salades, tahini, biscuits, etc.

    Face à cette nouvelle question de sécurité sanitaire, une fois de plus, l’information nous parvient au compte-gouttes sur le site de la Répression des fraudes et on est laissé dans le brouillard concernant les risques. C’est honteux !

    On vous écoute, on agit !

    Depuis la publication de notre article à ce sujet, vous êtes nombreux à nous interroger sur les risques pour votre santé, celle de vos enfants. Alors nous avons écrit aux ministères de l’économie et de la santé pour réclamer ces informations et surtout connaître leurs intentions en termes de sanctions. Car, oui, l’industrie agroalimentaire est responsable de ce qu’elle met sur le marché. Dans ce cas précis, il s’agit d’une substance non autorisée en Europe et dangereuse pour la santé. Il ne faudrait pas que fabricants et distributeurs s’en sortent – encore – en toute impunité. La traçabilité est une obligation. Ils doivent savoir ce qu’ils utilisent dans les produits qu’ils vendent.

    Je signe la pétition pour exiger la fin de l’opacité et de l’impunité [archive]

    Parce que nous ne voulons plus que les scandales alimentaires se répètent inlassablement avec le même scénario. Les autorités et les industriels de l’alimentaire doivent être mis face à leurs responsabilités. Merci de signer et partager cette pétition. Nous vous tiendrons bien sûr au courant. D’ici là, continuez de nous suivre sur les réseaux sociaux.

    Bonne journée,

    L’équipe de foodwatch

    Contenu de la pétition

    Cette pétition a été lancée par foodwatch le 18 octobre 2018.

    Ajout de la mention des graines de sésame (ci-dessus) le 18 novembre 2020.

    Messieurs les Ministres,

    Opacité et impunité : c’est le goût amer laissé par les scandales alimentaires comme ceux des œufs au fipronil, de la listeria dans les légumes ou des produits infantiles Lactalis contaminés à la salmonelle. La même consternation nous saisit face aux retraits et rappels que l’on découvre au jour le jour... souvent trop tard, car il n’est pas rare que les produits aient été déjà commercialisés et consommés.

    Au-delà des responsabilités des fabricants et distributeurs, c’est aux autorités publiques de s’assurer in fine que ne sont pas commercialisés des produits alimentaires potentiellement dangereux pour la santé ou non conformes.

    Nous vous demandons donc de répondre, de façon urgente, à ces obligations et à nos droits. Apportez des garanties et des moyens pour une prévention et une gestion plus efficace des fraudes et autres scandales alimentaires en renforçant la traçabilité, les contrôles, les sanctions et la transparence des informations.

    Nous avons le droit de savoir et exigeons la totale transparence sur les contrôles effectués par les autorités en charge sur les produits alimentaires commercialisés en France, y compris la publication des résultats, des noms des entreprises concernées, des marques, des mesures correctives et des sanctions.

    Les informations rendues publiques à ce jour sur les contrôles effectués par les autorités sur la qualité, la sécurité et la conformité des produits alimentaires (ce qui inclut les informations sur les étiquetages et les emballages trompeurs par exemple) et sur leurs résultats sont bien trop limitées. À part les indicateurs très insuffisants du dispositif Alim’confiance sur les contrôles d’hygiène et le projet de site internet pour les retraits/rappels, c’est le flou le plus total.

    Dans l’attente de ces actions et vous en remerciant par avance.

    Cordialement,

     

     

     

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