• ♪ Chant grégorien ♫♪♫

    Chant grégorien

    Grégorien 'graduel_st_junien' - copié et enluminé vers 1250-1260 dans l'atelier parisien de Nicolas Lombard

    XIIIe siècle. Graduel de Fontevrault, dit d'Aliénor de Bretagne (en réalité copié et enluminé vers 1250-1260 dans l'atelier parisien de Nicolas Lombard). Pascal Hugonot, abbé de la Couture du Mans, en fit don en 1387 à l'église collégiale de Saint-Junien, où il est resté jusqu'au XVIIIe siècle, avant de parvenir à Limoges.

    On appelle chant grégorien un chant particulier à la liturgie catholique dont on a tardivement attribué le répertoire à saint Grégoire qui l'aurait reçu de l'Esprit Saint apparu sous la forme d'une colombe. Cette légende habile due où popularisée par un moine du Mont Cassin, Jean Hymonides, dit Jean le Diacre ou Jean Diacre, dans sa Vita S. Gregorii Magni (Lib. II, 6-10) rédigée vers 872 a sacralisé et fixé l'immuabilité d'un important fonds mélodique édifié et propagé par les Carolingiens influencés par les rites romains et gallicans, constitutifs d'une musique savante se distinguant de celle des « simples ».

     

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    Lorsque l'on évoque le chant grégorien, on indique un corpus musical théoriquement achevé au début du IXe siècle, rassemblant des milliers de mélodies d'origines diverses, à une époque où l'on ne note pas encore la musique, donc un répertoire uniquement de culture orale. Le mot lui-même (plain-chant) apparaît à la fin du VIIIe siècle.

    Ce corpus est en fait une des conséquences de l'effort politique des Carolingiens non seulement à unifier et à étendre le royaume puis l'Empire mais aussi à concurrencer l'autorité de Rome sur le terrain des traditions de l'Église romaine, querelles entre Rome et Byzance aidant. Et dans le fond peut-être s'agissait-il de prendre la place qu'occupait l'Église d'Orient, plus que celle de Rome.

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    Il semble que l'un des appuis les plus solides à la diffusion du chant grégorien ait été l'activité de la cathédrale de Metz. Plusieurs monastères se distinguent comme ceux de Saint-Gall, Einsiedeln, Fulda, Tours, Corbie, Nonantola, le Mont-Cassin.

    Dans ce mouvement, l'ordinaire de la messe prend sa forme définitive avec Kyrie, Gloria, Credo, Sanctus, Agnus Dei. [voir Chapelet]

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    Si le chant grégorien réputé authentique est celui qui est fixé aux VIIIe-IXe siècle, la musique d'église n'est pas immuable et incorpore au cours des siècles des éléments « profanes » à ses musiques et fait nécessairement évoluer le grégorien selon le goût du jour, et les idées qu'on peut se faire du passé.

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    Vers 1850, les Bénédictins [voir aussi Bénédictins] de l'abbaye de Solesmes entament une nouvelle réforme reposant sur une interprétation unifiée des neumes. Ils commencent la publication de la célèbre Paléographie, c'est à dire les fac-similés des anciens manuscrits de chant grégorien. Ils acquièrent assez d'autorité pour imposer leur réforme adoptant le style verbal, au rythme libre en donnant à chaque note la prononciation d'une syllabe.

    Tout au long du moyen-âge, le chant grégorien a été sauvé théoriquement. On lui donne un cadre modal selon les huit tons d'église. Le rythme n'est pas traité.

    Il y a quatre modes strictement diatoniques reposant sur une finale : , mi, fa et sol. Chacun se décline de deux manières, soit il est authente et ne permet pas de descendre au-dessous de la finale, soit il est plagal, et on peut descendre d'une quarte au-dessous de la finale. On reconnaît également une teneur, note d'articulation, qui est en général une quinte au-dessus de la finale. L'ambitus normal est d'une octave et demie.

     

    Source et pour en savoir plus [chant grégorien, plain chant] 

     

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