• Les Chinois et les Moineaux

    Mais que visent donc ces enfants en toute impunité ? 

    Et même avec force recommandations... Cliquez sur l'affiche...

    campagne-des-quatre-nuisibles
    Affiche de propagande de la campagne des Quatre Nuisibles de Mao Tsé-Tung

     

    Voyez maintenant pourquoi...

    À la demande de Mao, les moineaux furent tués par les paysans, causant un déséquilibre écologique majeur ; à la suite de cette disparition, les récoltes furent détruites par les insectes *.

    * Cf. l'article de BBC NEWS (en) : China follows Mao with mass cull

     

    La campagne des quatre nuisibles (1.), selon le langage officiel, aussi appelée grande campagne du moineau (2.) ou « Tuez les moineaux » (3.), fut l'une des premières campagnes (1958-1960) lancée par le Président Mao (4.) lors du Grand Bond en avant (1958-1962), dont la politique était censée moderniser la Chine et la rendre plus forte.
    Les quatre nuisibles à éliminer, désignés par cette campagne de propagande, étaien
    t les rats, les mouches, les moustiques et les moineaux - principalement les Moineaux friquets.

    Mais Dame Nature saura se venger...

    (1.) chinois simplifié : 除四害运动 ; chinois traditionnel : 除四害運動 ; pinyin : Chú Sì Hài Yùndòng
    (2.) chinois simplifié : 打麻雀运动 ; chinois traditionnel : 打麻雀運動 ; pinyin : Dǎ Máquè Yùndòng
    (3.) chinois simplifié : 消灭麻雀运动 ; chinois traditionnel : 消滅麻雀運動
    (4.) Mao Tsé-Tung -Zedong- (1893-1976)… Rappelez-vous, cet homme politique chinois a fondé la République Populaire de Chine en 1949. « République Populaire de Chine » : quel nom plein de promesses ! Ce fut pourtant un régime communiste autoritaire qui fit en son temps des millions de morts…

     

    Les "4 fléaux" de la Chine

    On voyait un peu partout des affiches les représentants et invitant impérieusement la population à détruire :
    - le rat propagateur de la peste,
    - le moustique vecteur du paludisme,
    - la mouche responsable de très nombreuses maladies et
    - le moineau

    "le plus horrible des 4 fléaux"

    aux dires des affiches, de la presse et des propagandistes (les moineaux ont été inclus dans la liste parce qu'ils mangent les graines de céréales, privant la population, majoritairement rurale, du fruit de son travail). Et d'étayer avec le calcul suivant :

    1 moineau mange chaque année 2,500 kilos de graines. Il y a à Pékin 1 million de moineaux qui absorbent 2500 tonnes de semences pillées dans les récoltes.
    Il y a en Chine presque 10 millions de moineaux qui consomment 25000 tonnes de graines.
    Dans un pays où il y a tant de bouches à nourrir, où leur nombre augmente avec une prodigieuse rapidité, les moineaux sont le plus terrible des 4 fléaux qu'il faut radicalement détruire
    .

    La campagne : une mobilisation générale

    - Les rats 
    Les écoliers sont mis à contribution aussi pour les rats, et chaque classe lance un concours du nombre de queues de rat rapportées, pour encourager l'extermination [*]

    - Les insectes 
    Pour lutter contre les mouches et moustiques, puis les punaises, les écoles distribuent des pompes de DTT aux enfants [*]

    - Les oiseaux
    Les masses populaires chinoises, mobilisées pour éradiquer les oiseaux, auront la consigne de faire beaucoup de bruit pour effrayer les oiseaux et les empêcher de se poser, les forçant ainsi à voler jusqu'à ce qu'ils tombent d'épuisement.
    Les nids sont démolis, les œufs cassés et les oisillons tués.
    Les moineaux et autres oiseaux abattus dans le ciel, auraient entraîné la quasi-disparition des oiseaux en Chine...

    [*] Cités dans la bande dessinée autobiographique "Une Vie chinoise" de Li Kunwu et P Ôtié

    Mais quel mode opératoire utiliser pour exterminer les moineaux ?

    Le fusil ? C'est insuffisant et dangereux et la poudre, bien qu'elle ait été inventée en Chine est chère. Et puis, tirer plus de 10 millions de coups de fusils, impensable !

    Un zoologiste soviétique fit alors savoir qu'il avait découvert que les Moineaux étaient incapables de voler plus de 2h30 sans tomber épuisés.

    Les autorités chinoises décidèrent d'utiliser cette découverte pour détruire les 10 millions de moineaux pillards de graines. Le procédé peut paraître abject mais, après tout, le peuple est persuadé de tuer des animaux nuisibles qui ravagent leurs récoltes… C’est donc pour la "bonne cause" !

     

    Trois jours !

    L'immense campagne de propagande fut entreprise et l'entière population fut mobilisée pour cette hallucinante chasse aux moineaux. Hommes, femmes, enfants, vieillards, nul ne pouvait s'y soustraire sous peine de poursuites. Et le 18 avril 1958 à 5 heures du matin, l'horrible chasse commençait (pour se terminer le 21 avril) *

    * J'ai récemment vu sur Arte un reportage au sujet cet épisode navrant de l'histoire de la Chine ; j'ai été frappée, choquée, comment de tels actes peuvent-ils avoir lieu ?
    Comme il est facile de manipuler les foules, leur faire avaler n'importe quelle idée, fût-elle stupidement cruelle, cruellement stupide !
    Nous l'avons malheureusement, nous aussi, Occidentaux, expérimenté en son temps... il y a 7 décennies...

    Obéissant aux ordres, les responsables d'immeubles, de rues, de quartiers étaient dans les rues.
    Outre la destruction des nids et des œufs, le peuple chinois a pour consigne de faire sans cesse du bruit pour apeurer les volatiles : des millions d'hommes, de femmes, d'enfants, de vieillards tapèrent sur des chaudrons, des pots, des gongs, des tambours... lancèrent des pétards, agitèrent des bâtons auxquels étaient accrochés des chiffons ou des vieux linges.
    Un vacarme assourdissant et incessant fait du claquement des casseroles, d’entrechoquements de bouts de bois s’élèvera des quatre coins de la Chine.

    Les plus agiles étaient grimpés sur les toits et dans les arbres. Les autres parcouraient les rues, les places, les terrains vagues, les jardins, les champs et même les bois, et les Chinois, sur ce plan, ont des ressources. Il fallait par tous les moyens empêcher les moineaux de se poser.
    Dans les écoles, les instituteurs avaient distribué des lance-pierres et les élèves canardaient les oiseaux dès qu'ils s'arrêtaient sur le rebord d'un toit, d'une fenêtre ou d'un banc.

    Au bout de 48 heures de bruit et d'agitation, les moineaux, effrayés par cette situation inhabituelle, sans aucun moyen de se poser, commencèrent à tomber du ciel en masse, mourant d’épuisement.
    Dès qu'ils touchaient le sol, femmes, hommes et enfants se précipitaient sur eux en les insultant et les achevaient à coups de bâtons, en les piétinant.

    Mais le bruit et les mouvements ne cessaient pas. Il ne le fallait pas tant qu'un Moineau serait toujours en vie, c'était la consigne.

    Ainsi, 3 jours durant, aucun habitant de Chine ne dormit, ni les enfants, ni les malades, ni les femmes. Si les moineaux tombaient d'épuisement, grand nombre de leurs chasseurs étaient sur le point de faire de même. Quelques uns chutèrent des arbres et des toits, il y eu des jambes cassées et même quelques décès, mais le zèle, soutenu par les brigades d'activistes qui félicitaient et encourageaient, ne fléchit que sous l'épuisement.

    Les habitants d'un village promènent triomphalement les milliers de dépouilles de moineaux qu'ils ont tués.
    L'orgueil du devoir accompli les empêche de sentir l'odeur dégagée par les petits cadavres (Animaux-Contact)

    Puis, le soir du 21 avril, après plus de 72 heures d'une infernale chasse, le gouvernement, très fier de son peuple, exprimait sa satisfaction dans un communiqué, annonçant que :

    le fléau « moineau », l'un des 4 de la Chine, a été exterminé par le peuple et a disparu du ciel chinois. Les récoltes [vont être] dorénavant abondantes...

     

    Ce que Mao ignorait sans doute...

    Lorsque l’homme touche à l’équilibre d’un écosystème, les conséquences sont souvent catastrophiques… Et la Campagne des Quatre Nuisibles n’échappe pas à la règle.

    En avril 1960, les autorités chinoises se rendirent compte, mais bien trop tard, que les Moineaux ne mangeaient pas seulement les graines des céréales, mais également une grande quantité d'insectes et de vermine.

    Plutôt que d'être augmentés, les rendements de riz après la campagne diminuèrent sensiblement.

    Mao ordonna alors la fin de la campagne contre les moineaux, la remplaçant par la chasse aux punaises et autres insectes (dans la lancée de la campagne en cours contre les quatre nuisibles).

    Mais il était trop tard : en l'absence de moineaux pour les manger, les populations de criquets ont dangereusement augmenté dans le pays. Libérés de leurs prédateurs, les insectes se mettent à pulluler et à ravager les récoltes

    Il en résulta une amplification des problèmes écologiques déjà causés par le Grand Bond en avant et l’industrialisation irraisonnée du pays.

    Les conséquences sont terribles : un tel déséquilibre écologique est mis en avant par certains pour expliquer la Grande Famine dans laquelle plus de 30 millions de Chinois seraient morts de faim.

     

    Conclusions

    Une telle chasse n'est évidemment concevable que sous un régime autoritaire et malsain. Très vite, les Chinois s'aperçurent que l'accroissement des récoltes n'étaient pas au rendez-vous comme l'avaient promis les dirigeants et que les Moineaux n'étaient pas un fléau bien au contraire, ils avaient un rôle utile en détruisant les insectes nuisibles aux cultures et que les exterminer en masse avait été une grave erreur et un crime stupide.

    Les insectes n'ayant plus d'exterminateur se multiplièrent à la vitesse grand V. Ils causèrent tellement de dommage aux cultures que la Chine fut dans l'obligation d'importer de grandes quantités de céréales.

    Le très haut fonctionnaire qui avait ordonné la grande chasse d'avril 1958 fut destitué de ses fonctions.

    Finalement, la Chine réimporta quelque milliers de moineaux (proches du Moineau friquet), qui se sont rapidement re-multipliés et égayent jardins et parcs où touristes et Chinois pratiquent le Tai-chi sous les gazouillement des sympathiques volatiles.

    En 1958, il était malaisé, voire impossible de connaître ce qui se déroulait en Chine. Un des rares journalistes occidentaux, Fernand Moulier (22 novembre1913 - janvier 1985, 71 ans), se trouvait en Chine le 18 avril 1958 et il a fait un récit circonstancié (détaillé) de cet odieux crime.

     

    1958 - MCMLVIII en chiffres romains - : cette année-là en Chine

    En janvier 1958, le Président Mao Zedong annonça son second plan quinquennal, une politique économique appelée « Grand Bond en Avant » (GBA) ayant pour but d'accélérer le développement du pays en un temps record en adoptant une stratégie orientée sur l'industrialisation lourde [...]
    Le mouvement fut annoncé en grande pompe par le Quotidien du peuple dans son éditorial du nouvel an chinois 1958, proclamant ces prévisions pour le moins absurdes et complètement irréalisables.
    À partir de ce moment, les politiques du GBA contrôlèrent l'intégralité de la vie politique, économique, sociale, agricole, alimentaire et industrielle chinoise.
    Hélas, le GBA s'avéra un échec à tous points de vue et eut des conséquences sordides.
    En effet, à partir de l'hiver 1958 jusqu'à la fin de 1962, se produisit en Chine une famine dont on estime qu'elle causa la mort d'au moins 10 millions (Domes 1973, 115) et possiblement de plus de 40 millions de personnes (Becker 1998).
    Cette famine, même d'après les estimations les plus conservatrices, a constitué la pire perte de vies humaines dans l'histoire connue de l'humanité (Wei et Yang 2005, 841 ; Mac Farquhar, 1997, 1).
    Cinquante ans plus tard, ce fait historique majeur reste très peu connu, en Chine comme ailleurs.
    En Occident, il a même été nié même par certains sinologues, comme John K. Fairbank (1974).
    L'estimation du nombre de victimes en elle-même comportant une marge d'erreur d'environ 30 millions de personnes - indique à quel point la famine est méconnue. Ceci est directement attribuable à la quasi-absence d'information qui filtra, à l'intérieur comme à l'extérieur du pays pendant la crise. En plus du peu d'information disponible, celle prenant sa source directement en Chine, produite par les rares journalistes occidentaux autorisés à se rendre sur place, peignait un tableau complètement fantaisiste et éloigné des faits. Elle encensait les « prodiges » du système socialiste chinois et les succès de Mao mais semblait aveugle face à la crise humanitaire sans précédent qui se jouait dans le pays.
    Ces écrits [...] affirmaient en effet que pour la première fois de son histoire, le pays le plus populeux de la planète était auto-suffisant en termes agricoles et que Mao avait réussi à éradiquer la faim du pays grâce à ses mesures novatrices. Cette couverture, à mille lieues des faits, est directement attribuable à trois facteurs : le contexte mondial de la guerre froide, le contexte national en Chine et la structure cognitive des rares journalistes occidentaux présents dans le pays [...]

    Pele Ariane mémoire 2009 pp 17-18 (pdf pp 26-27)

    - 28 janvier : le gouvernement de Mao Zedong met en place la graphie simplifiée des caractères de l'écriture chinoise.

    - 11 février : naissance du pinyin.

    - 05 - 23 mai : VIIIe congrès du Parti communiste chinois.

    Mao Zedong lance le « Grand Bond en avant » dont l'objectif est de permettre à la Chine populaire de rattraper le Royaume-Uni en quinze ans. Ce « grand bond en avant » s'achèvera en 1959 sans succès (peut-être 30 millions de morts dus à la famine et à la malnutrition).
    Mao sera écarté avant de revenir au pouvoir en 1966.

    Le Parti communiste chinois condamne le révisionnisme yougoslave.

    - 9 mai : la Chine rompt ses relations diplomatiques avec le Japon.

    - 31 juillet : voyage de Nikita Khrouchtchev en Chine.

    - 22 - 25 août : bombardements chinois sur Jinmen et Matsu.

    - 30 août : achèvement de la collectivisation des campagnes.
    Le Parti communiste chinois décide de généraliser le système des « communes populaires », avec élimination de toute propriété privée.

    - Début du conflit sino-soviétique.

    - D'importantes opérations de guérilla sont signalées dans l'est du Tibet. Cette rébellion est provoquée par des tentatives d'instaurer des communes populaires semblables à celles qui existent dans d'autres régions de la Chine. Les autorités chinoises annoncent que l'établissement des communes est reporté au Tibet, mais il est déjà trop tard pour éviter l'extension du conflit armé.

    Wikipédia

     

    À méditer

    En Europe, nous ne tuons pas les moineaux en les chassant, les produits chimiques pulvérisés chaque année sur les cultures s'en chargent !

    La morale écologiste de cet épisode est évidente :

    laissons donc nos petits Moineaux voler en paix !

     

    Un peu de poésie

    Je me souviens que, ayant manqué l'école pour cause d'angine, et n'ayant pu par conséquent apprendre ce poème sur les Moineaux, je l'avais mémorisé rien qu'en écoutant mes camarades de classe le réciter. Depuis, je ne l'ai jamais oublié...

    Les moineaux

    Qu'ils sont jolis, les moineaux francs *,
    Les effrontés, que je les aime !
    Peuple insoucieux et bohème,
    Ils sont crânes et conquérants !
    Petits, ils se moquent des grands
    Ils nargueraient l'aigle lui-même,
    Qu'ils sont jolis, les moineaux francs !
    Sous les vastes cieux transparents,
    Que la nuit d'étoiles parsème,
    Le rossignol dit son poème.
    Gavroches au soleil errant,
    Qu'ils sont jolis, les moineaux francs !

    * Les moineaux francs sont sans aucune fausseté ni malice !

    Albert Glatigny

    Joseph-Albert-Alexandre Glatigny, dit « Albert Glatigny », né à Lillebonne (Seine-maritime, Haute-Normandie) le 21 mai 1839 et mort à Sèvres (Hauts-de-Seine, Île-de-France) le 16 avril 1873 (à presque 34 ans, emporté par une maladie de poitrine dont il a peut-être contracté le germe en Corse, où un gendarme, le prenant pour l’assassin Charles Jud l’avait stupidement enfermé pendant plusieurs jours dans une espèce de cave), est un poète, écrivain, comédien et dramaturge français. En 1917, il a reçu, à titre posthume, le prix de littérature de l’Académie française pour l’ensemble de son œuvre.

     

    Et voici une citation, que j'ai récemment trouvée sur le net.

    Le cœur est une petite maison, même pas une maison,
    une niche,
    même pas une niche, un abri pour les moineaux.
    Le cœur n'a qu'une
    contenance réduite.
    Une joie qui bat des ailes le remplit tout.
    Il n'y a
    plus de place pour autre chose.

    Christian Bobin
    écrivain, poète et essayiste français né en 1951
     (Tout le monde est occupé - 1999) - Dicocitations

     

     

    Sources 

    - Étale ta Culture (, le 16/02/2014) : http://www.etaletaculture.fr/culture-generale/la-campagne-des-quatre-nuisibles-a-ete-un-fiasco-total/ 

    - Animaux-Contact (Christiane Roufosse - Leon Roufosse© 2009) : http://www.animauxcontact.be/chinemoineaux.html 

    - Wikipédia, Campagne des quatre nuisibles : http://fr.wikipedia.org/wiki/Campagne_des_quatre_nuisibles

     

    Le coeur est une petite maison, même pas une maison, une niche, même pas une niche, un abri pour les moineaux. Le coeur n'a qu'une contenance réduite. Une joie qui bat des ailes le remplit tout. Il n'y a plus de place pour autre


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  • Commentaires

    1
    Samedi 8 Août 2015 à 17:29
    erato:

    Un billet très intéressant et navrant .

    J'aime la poésie et la citation de C Bobin .

    Oui, laissons les petits moineaux voler en paix et nous ravir.

    Bel après midi.

    2
    Mardi 5 Juillet 2016 à 14:00

    Aujourd'hui, en France, on considère les corbeaux et les pies comme "nuisibles" pouvant être tués en toutes saisons, par tirs, pièges, etc ...

    Ignorant au passage leur rôle majeur dans la régulation des insectes ravageurs de culture !

    Apparemment , la mésaventure chinoise ne nous sert pas de leçon !

      • Mardi 5 Juillet 2016 à 14:12

        Je suis malheureusement d'accord avec vous frown

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