• Pigeons

    Pour faire écho à mon article paru sur Yantra, Les Oiseaux par monts et par vaux, et en tant que complément...

     

    Pesant en moyenne de 500 à 800 g, les Pigeons sont de petite à grande taille (17-75 cm du bec à la queue), ont une petite tête, des pattes et un bec courts. Ils ont les muscles du vol bien développés. En pleine croissance, ils peuvent posséder quelque 10 000 plumes.
    Les Pigeons sont les seuls oiseaux au monde qui n'ont pas à lever la tête pour avaler de l'eau.

    Les
    Pigeons

    Pigeon biset (Columba livia)

     

    Pigeon ramier ou Palombe

     

    ... genre Columba, famille des Columbidés, appartiennent à 40 genres et un peu plus de 320 espèces (Pigeons et apparentés). C'est la seule famille vivante de l'ordre des Columbiformes qui comporte aussi la famille éteinte des Raphidae (Dodo, Dronte de Rodrigues), curieusement incapables de voler ! (voir Coq et Poules)

    Dodo ou Dronte de Maurice
    gravure (1757) de George Edwards (1694-1773)

    On trouve les "Pigeons" sur tous les continents.

    Trois espèces de Pigeons sauvages coexistent sur notre territoire : une sédentaire, le Pigeon biset (Columba livia), à l'origine des diverses races de pigeons domestiques (Columba livia domestica) et la plupart des Pigeons des villes, mais qui subsiste également comme oiseau sauvage dans son milieu naturel original : les falaises et autres milieux rocheux, et deux dont certaines populations sont migratrices : le Pigeon ramier ou Palombe stricto sensu (Columba palumbus) et le très commun Pigeon colombin (Columba œnas).
    Dans mon village audois, ce ne sont pas ces derniers que l'on voit, mais des Tourterelles.

     

    Pigeon vert à col rose

     

      Tourterelle des bois

     

    Le type domestique est différent du type sauvage.

    L'espèce Columba livia a donné naissance à de nombreuses races élevées pour leur chair, mais aussi pour l'ornement ou la course (colombophilie et colombiculture) : le Pigeon voyageur.

    On peut ainsi admirer les jolies espèces aux plumes colorées ou à la queue blanche disposée en éventail comme un mini Paon faisant la roue...
    Colombes (la ‘colombe’ de Noé était probablement un Pigeon voyageur) et Tourterelles...

     

    Colombes

     

    On appelle « Colombes » diverses espèces Columbidés qui ne correspondent pas forcément à l'image de la Colombe blanche ; cet autre nom du Pigeon est surtout appliqué aux variétés blanches et à la Tourterelle d'élevage.

    Pigeon voyageur
    un fils prodige de l'air

    Fidèles compagnons et fervents défenseurs de la Nation, les pigeons voyageurs ont su s’illustrer à travers les siècles au rang de véritables Héros.
    Même si leur utilité militaire n’est plus aujourd’hui avérée, les pigeons voyageurs ont marqué l’histoire et suscitent encore l’intérêt de nombreux passionnés.
    Situé dans la partie historique de la Forteresse du Mont-Valérien, le musée de la colombophilie retrace le parcours et l’histoire de ces incroyables messagers depuis l’Antiquité jusqu’à nos jours.

    Le Pigeon-voyageur, sans appartenir à une "race" spéciale, est particulièrement doué pour les voyages. Il se caractérise par son sens aigu de l’orientation et sa capacité à revenir promptement à son colombier. Même si tous les mystères de cette incroyable particularité n’ont pas encore été percés, la découverte scientifique de cristaux de magnétite dans son cerveau pourrait expliquer son aptitude à se repérer par le champ magnétique terrestre ; des scientifiques auraient remarqué de tels cristaux dans leur bec, qui affineraient son sens de l’odorat, lequel lui permettrait, par beau temps, de retrouver sans encombres son colombier.
    Le Pigeons-voyageurs sont connus pour très bien voir, jusqu'à une distance de 42 km. D'ailleurs, ils ont été proposés pour être utilisés dans le projet de la mer Hunt (US Coast Guard) pour le repérage des gilets de sauvetage dans la mer...
    La capacité à entendre les sons de 11 octaves en dessous du do central permet aux pigeons de détecter les tremblements de terre et les orages électriques tandis que des scientifiques croient qu'ils peuvent entendre le vent qui souffle sur les montagnes à des centaines de kilomètres.
    La section d'Études supérieures de l'Université du Montana conclut :

    le Columba livia [Pigeon] est l'un des plus intelligents, une des créatures les plus habiles physiquement dans le règne animal

    Toutefois, un Pigeon voyageur n’est pas performant par essence.
    Ses prouesses sont la résultante d’une éducation et d’un entraînement acharnés, aidés, il est vrai, par une réelle prédisposition de ces volatiles : différents croisements ont permis d’obtenir des Pigeons très fidèles à leur colombier, résistants à la fatigue et capables de voler à des vitesses élevées.

     

    Le vol

    Le pigeon bat ses ailes jusqu'à dix fois par seconde, tout en maintenant une fréquence cardiaque de 600 battements par minute pendant 16 heures sans repos. Il a en outre la capacité, rare pour un oiseau assez grand, de pouvoir voler presque à pic.
    Quand le pigeon vole sur de longues distances, il remonte et maintient ses pattes par les griffes aux plumes courtes de la queue afin d'économiser de l'énergie.
    Un pigeon voyageur peut parcourir plus de 1 200 kilomètres en 16 heures. La vitesse de vol varie de 60 à 110 km/h, selon la direction du vent, avec des pointes à plus de 120 km/h (certains ont été chronométrés avec une moyenne de 149 km/h sur une course de 645 km).
    Le record connu est de 11 590 km en 24 jours entre Saigon et le nord de la France.
    Un vol héroïque enregistré à la fin des années 1800 fut celui d'un pigeon qui, lâché en Afrique, mit 55 jours pour rentrer chez lui, en Angleterre, parcourant plus de 11 000 km.

    Toutefois, en dépit de ses grandes capacités de voilier au long cours, il faut éviter de le lâcher par grand vent, qui le désoriente, ou par temps de pluie ou de brouillard, qui l'empêchent de naviguer "à vue". Ces restrictions n'ont cependant pas entamé la popularité et l'efficience du Pigeon voyageur à travers les âges, comme nous le verrons plus loin...

     

    Autres caractéristiques


    Voyageur mâle
     

    Connus pour vivre jusqu'à plus de 30 ans, les Pigeons-voyageurs sont prêts à se reproduire dès l'âge de 5-6 mois et ce jusqu'à l'âge de 10 ans (leur reproduction a été encouragée dans le passé). Les deux parents nourrissent les jeunes avec leur lait ("de jabot"). Pendant la saison de reproduction, quand il y a beaucoup de pigeonneaux, tous les parents nourrissent collectivement les jeunes, des parents gavant ainsi les pigeonneaux nés d'autres parents.

    Comme la plupart des oiseaux de cette famille, le Pigeon voyageur est monogame et fidèle pour la vie (sauf séparation accidentelle). Les colombophiles utilisent cette particularité comme source de motivation pour l’inciter à revenir le plus vite possible à son colombier lors de lâchers plus éloignés… À un détail près : les mâles reviennent pour leurs femelles, tandis que « ces dames » ne sont motivées que par leurs petits.
    À travers les siècles, les hommes ont su tirer parti de cette formidable capacité de retour, aussi bien à titre militaire que civil, pour transporter de petites charges dont l’acheminement est très urgent.


    Voyageur femelle
     

    Cependant, pour bénéficier des services d’un Pigeon voyageur, il est toujours nécessaire de l’acheminer au préalable à son lieu de lâcher.
    Ainsi, ces précieux volatiles ont, eux aussi, suivi l’évolution des moyens de transport (sac à dos, camion, ballon, train…). L’apparition du chemin de fer donna d’ailleurs un nouveau souffle à la colombophilie civile, jusqu’alors très élitiste.

     

    Bouts d'histoire d'un messager vieux comme le monde !

    L’histoire des Pigeons voyageurs remonte bien avant J. C., puisque les navigateurs égyptiens utilisaient déjà ces messagers, vers - 3 000, pour annoncer leur arrivée au port plusieurs jours à l’avance. Les Grecs firent de même un peu plus tard pour annoncer l’ouverture ou communiquer les résultats des Jeux Olympiques.

    L’idée de recourir aux Pigeons voyageurs dans les opérations militaires remonte à l’Antiquité.

    En - 43, les légions d’Antoine assiègent Modène. Decimus Brutus, qui défend la cité, envoie à Hirtius, au camp des consuls, des lettres attachées aux pattes de pigeons. Pline en conclut :

    Que servaient donc à Antoine ses retranchements profonds, la vigilance de ses sentinelles et même les filets tendus à travers le fleuve, quand il est possible de communiquer avec l’extérieur par la route du ciel ?

    En 732, Charles Martel annonça par pigeon voyageur sa victoire de Poitiers sur les Sarrasins.

    Le Pigeon voyageur a toujours joué un rôle primordial dans les guerres de siège, parfois au détriment des assiégés.
    En 1098, lors de la Première CroisadeGodefroi de Bouillon s’épuise en faisant le siège du fort d’Hajar, dans la plaine de Saint-Jean-d’Acre. Il s’apprête à lever le camp, quand un pigeon abattu en plein vol lui apprend que les assiégés sont au bord de la capitulation.

    Au XVIIe siècle, le roi George Ier d'Angleterre a décrété que toutes les fientes de pigeons étaient des biens de la Couronne et les pigeonniers ont été sommés de respecter la loi ! C'est que le fumier de Pigeon était utilisé dans la fabrication de poudre !

    Au fil des siècles, les pigeons ont été employés pour acheminer de l’information dont la maîtrise était alors un facteur de puissance et de richesse. D’ailleurs, jusqu’à l’abolition des privilèges le 4 août 1789, seuls les nobles et le clergé avaient le droit de posséder des colombiers.

    Les pigeons voyageurs ont été ainsi utilisés pour beaucoup de communications avant l'invention du télégraphe ; dans le milieu des années 1800, l'Agence Reuters exploita un service de télex en direct en utilisant des pigeons voyageurs.

    La fortune des Rothschild

    18 juin 1815 : Napoléon Ier perd la bataille de Waterloo face aux Anglais et aux Prussiens. Les télex envoyés en Angleterre sont arrivés tronqués, annonçant la fin des hostilités, sans plus. Croyant qu'il s'agissait d'une nouvelle victoire de Napoléon, Londres s'affole, la Bourse s'effondre.
    Cependant, Nathan Mayer Rothschild (1777-1836), fondateur de la banque londonienne et l'un des 5 fils du banquier juif fondateur de la dynastie Rothschild, Mayer Amschel Bauer, reçut de ses pigeons voyageurs "privés" l'information complète, qu'il se garda de divulguer pendant 3 jours, le temps pour lui de spéculer à fond à la Bourse... et faire fortune.
    Voilà un joli conte, même s'il est contesté de nos jours (« Les Rothschild, rois des banquiers » L'Express, 20 décembre 2007) et pas vraiment moral...

    Au service de la Nation

    Lors du siège de Paris par les Prussiens, les Pigeons de la guerre de 1870 (guerre franco-prussienne de 1870-1871) ont permis au nouveau gouvernement évacué de continuer à communiquer efficacement avec la capitale (c'était le seul moyen de communiquer avec l’extérieur pour Paris assiégé). À la suite de cette expérience, l’armée française, à Coëtquidan et Montoire a créé de nouveaux centres d’instruction colombophile militaire (colombophilie). Ceux-ci seront utiles et utilisés de 1914 à 1919.
    Dix ans avant leur utilisation sur le champ de bataille, l’hebdomadaire Les nouvelles illustrées, dans son no 38 du jeudi 12 février 1903, consacrait ainsi un article aux pigeons de guerre dans l’armée allemande, illustré de deux photographies.
    À la même période, l’efficacité du pigeon voyageur fut augmentée par l’invention de la microphotographie qui permit de placer de nombreuses dépêches sur un seul support. L’utilité militaire du pigeon voyageur n’est alors plus à prouver. Des colombiers militaires sont alors créés.

    Les Pigeons ont été utilisés dans de nombreuses guerres où ils ont sauvé d'innombrables vies.

    Pendant les deux conflits mondiaux, en dépit de l’empressement des Allemands d’interdire la possession des Pigeons voyageurs dans les territoires occupés sous peine de mort, des pilotes volaient avec des Pigeons pour le cas où ils auraient dû abandonner leur plan : ils libéraient alors l'oiseau pour prévenir et chercher de l'aide. De nombreux pilotes doivent leur vie à un Pigeon.

     

    Cher-Ami dans les mains du Capitaine Carney

     

    Durant la guerre de 1914-1918, plus de 30 000 pigeons voyageurs ont été utilisés par les armées français pour communiquer sur le front.

    La Première Guerre mondiale a d’abord été caractérisée par la mobilité des troupes, qui se sont enlisées dès 1915 et pour 3 ans dans une guerre de position et de tranchées. L’information et la désinformation sont alors devenues vitales et stratégiques, ainsi donc que les moyens de communication.

    Bien que ce soit l’époque du développement de la téléphonie, il était fréquent que des unités soient isolées, les liaisons téléphoniques étant constamment interrompues, ou que des messages doivent être envoyés rapidement.

    Pour cela, les deux camps utilisèrent largement les pigeons voyageurs (d’une fiabilité totale sur les courtes distances qu’ils doivent parcourir) qu’ils élèveront et transporteront dans des unités mobiles de campagne, camions spéciaux se déplaçant au gré des besoins sur différents fronts.
    Les pigeons deviennent même "espions" malgré eux. L’idée de fixer sur leur poitrine des appareils légers, à déclenchement automatique, permit la prise de photos stratégiques des dispositifs ennemis.
    L’occupant allemand veille à interdire aux civils des zones occupées le lâcher de pigeons. Ainsi, dès décembre 1915, dans le nord de la France, pays des coulonneux * et occupé, le Bulletin de Lille de la semaine suivante rappelle aux Lillois qu’il est interdit, sous peine de mort, de lâcher des pigeons voyageurs, et précise que...

    [les personnes] qui trouveraient des pigeons voyageurs […] sont tenues de les remettre à l’autorité militaire la plus proche, faute de quoi elles seront suspectées d’espionnage et s’exposeront à des poursuites ; les infractions commises par négligence seront punies d’un emprisonnement pouvant atteindre 3 ans ou d’une amende pouvant s’élever jusqu’à 10 000 marks.

    lire la suite de cet article de wikipedia

    * Coulonneux, dérivé et emprunt du picard coulon, "pigeon" (Cléante, Tours et expressions de Belgique : prononciation, grammaire, vocabulaire, 2000) : colombophile (Belgique, Nord de la France)

    Les Pigeons voyageurs sont à nouveau employés pendant la deuxième guerre mondiale, mais la vitesse de l’occupation allemande désorganise les colombiers. Les pigeons obtinrent tout de même un taux de réussite de 98% au cours des missions effectuées malgré le feu ennemi, et avec souvent des blessures mortelles.

    De son côté, la Résistance eut également recours à ces volatiles. Plus de 16 500 pigeons anglais furent parachutés en France, permettant aux patriotes français de renseigner Londres de manière efficace.

     

    Décryptez le message du Pigeon voyageur vieux de 70 ans !

    Le message crypté du pigeon voyageur a été retrouvé 70 ans après son envoi pendant la deuxième Guerre mondiale. Les spécialistes tentent de comprendre ce code, l’animal transportait-il des données importantes ?
    Le message crypté a été retrouvé sur la patte d’un pigeon voyageur. Lorsque les scientifiques ont ouvert, ils ont été surpris de découvrir un message vieux de 70 ans. L’étui rouge ainsi que des restes de l’animal ont été découverts en Angleterre dans une cheminée du comté du Surrey. Un ramonage a permis de trouver ce message qui date de la Seconde Guerre mondiale. Le service britannique de renseignement électronique, les spécialistes du GCHQ tentent de comprendre cette succession de lettres. Actuellement, le décryptage s’annonce quelque peu complexe puisque les ordinateurs n’ont rien donné. Un historien a également fait part de son pessimisme, il paraît impossible de trouver la signification de ce code puisque seuls l’émetteur et le récepteur pourraient avoir la clé. Deux possibilités sont présentes, le message a pu être utilisé dans une opération particulier, ainsi le code pour le déchiffrer était inscrit dans un livre qui a été détruit.

    Hommage aux animaux victimes de la guerre, les Pigeons voyageurs
    Copyright © 2012 Le Croc du Loup. Tous droits réservés

     

    L'aide des pigeons s'est avérée précieuse dans la guerre du Golfe, car leur messagerie n'a pas été affectée par le brouillage électronique.
    Les pigeons sont encore utilisés aujourd'hui par les Français, les Suisses, les armées israéliennes, les Irakiens et les Chinois.

     

    Pigeon voyageur
    et reconnaissance aérienne

     

    Brève histoire de la Photographie aérienne

    Dès 1858, le pionnier Gaspard-Félix Tournachon dit “Nadar” (photographe et aérostier) prend une photographie aérienne basse altitude (80m) du Petit-Bicêtre (au sud de Paris), à partir d’un ballon captif. Les aventures de ce passionné du monde des ballons, aurait inspiré Jules Verne dans ces célèbres romans (Cinq semaines en ballon, De la terre à la Lune, etc.)
    En 1867, Nadar, Hureau de Villeneuve et quelques autres “fêlés” d’aéronautique de l’époque fondent une revue aéronautique mensuelle nommée “L’Aéronaute”. Cette revue traite essentiellement des systèmes “plus léger que l’air” mais aussi du développement du “plus lourd que l’air” (notamment de l’hélicoptère)
    Le cerf volant comme support de photographie aérienne est utilisée dès 1888 par Arthur Batut. La même année, Amédée Denis testait la photographie aérienne par fusée et parachute.
    En 1889, Alexandre de Kowanko, chef du corps de ballon russe, prenait des photographies aériennes à partir d’un ballon et envoyait les négatifs à terre au moyen de pigeon voyageur.
    L’activité de photographie aérienne entre réellement dans les mœurs en 14-18 pour des besoins important de renseignements militaires (utilisation de ballons d’observation et d’aéroplane).
    Aujourd’hui il existe de nombreux moyens permettant de faire des prises des vues aériennes, mais imaginer que ce type de prise de vue existe depuis plus de 150 ans, sans la technologie “légère” d’aujourd’hui, reste incroyable.

    La naissance du "Pigeon photographe" !

    Au début du XXe siècle, la reconnaissance aérienne photographique était possible, mais peu discrète car elle impliquait l’emploi d’aérostats, de cerf-volant ou de fusée.
    Julius Neubronner, apothicaire allemand passionné de colombophilie et de photographie, eut alors l’idée de munir un Pigeon voyageur d’une caméra photographique.

    1914...
    ... appareil photo posé sous le ventre

     

    ... équipé par l’armée allemande
    d’un appareil photo à obturateur programmé

     

    Ces Pigeons ont été utilisés pendant les deux guerres mondiales et jusque dans les années 1970 (Utilisés par la CIA dans la période de guerre froide)

    le Pigeon-photographe et « ses » clichés

     

    Les plus hautes
    distinctions militaires
     

    Tout au long de ces conflits, des actes d’héroïsme ont été enregistrés et récompensés. Beaucoup de pigeons ont d’ailleurs reçu les plus hautes distinctions militaires.

    Le Vaillant reste l’un des plus célèbres d’entre eux. Ce héros, cité à l’Ordre de la Nation, transporta l’ultime message du Commandant Raynal lors de la bataille du Fort de Vaux.

     

    Pendant quatre jours, le Fort de Vaux, est soumis sans répit à une formidable offensive des Allemands qui tirent contre lui plus de 8 000 obus par jour.

    Le 4 juin 1916, à 11h30, Le Vaillant transporte l'ultime et pathétique message du Commandant Raynal :
    « 4-6-16 11h30. Nous tenons toujours mais nous subissons une attaque par les gaz et les fumées très dangereuses. Il y a urgence à nous dégager. Faites-nous donner de suite communication optique par Souville qui ne répond pas à nos appels. C'est mon dernier pigeon. Raynal »

    Le Vaillant fut lui aussi intoxiqué par les gaz de combat et arriva quasi mourant au colombier. Mais il survécut et mourut quelques années plus tard, après la guerre.
    Il fut empaillé et est conservé au Musée du Mont-Valérien.

    Le Vaillant, cité à l'ordre de la Nation (Plaque commémorative au Fort de Vaux), reçoit en outre le diplôme de la Bague d'honneur (Sylvain Raynal 1867-1939).
     

    Cher-Ami est décoré de la Croix-de-Guerre Américaine

    ... au plumage bleu ardoise et blanc

     

    Cher-Ami est un Pigeon-voyageur donné par des pigeonniers du Royaume-Uni, entraîné par des pigeonniers américains, puis reversé à l’US Army Signal Corps, pour un usage au cours de la première guerre mondiale.
    Il participa au sauvetage du « Lost Bataillon » de la 77e division d’Infanterie américaine au cours de la bataille de l’Argonne en 1918.

    En pleine forêt de l’Argonne, le 18 juillet 1918, un bataillon américain commandé par le colonel Whittlesey, après avoir exécuté un bond en avant, se trouve séparé du reste du Régiment.

    Les Allemands entourent la vaillante troupe qui, groupée autour de son chef, résiste héroïquement. comment rétablir la liaison ? Des volontaires (coureurs) se présentent, ils sont tués au fur et à mesure qu’ils franchissent la ligne des tirailleurs ennemis.
    Des pigeons voyageurs furent envoyés. Le premier portant le message « Beaucoup de blessés. Nous ne pouvons évacuer » est abattu. Un deuxième pigeon est envoyé avec le message : « les hommes souffrent pouvons-nous avoir un support », lui aussi est tué.

    Le dernier, Cher-Ami est alors envoyé portant dans une canule à sa patte gauche le message :
    « Nous sommes le long de la route parallèle au 270-4. Notre propre artillerie fait un tir de barrage sur nous. Pour l’amour du ciel, arrêtez ».
    Après quelques hésitations sur la route à prendre, il s’envola à tire d’aile, sous le feu des mitrailleuses ennemies. Les hommes du Lost Bataillon voient Cher-Ami se faire toucher et tomber au sol, mais il reprend son vol et parvient à regagner son abri au QG de la Division, couvrant 40 kilomètres en 25 minutes, permettant de sauver 194 hommes. Il a été touché à la poitrine, à un œil et une de ses pattes (droite) ne tient plus que par un tendon.

    Le Général Pershing demanda à voir l’oiseau et, après une caresse sur la tête, lui décerna la Croix de guerre amércaine (Distingued Service Cross)
    Toujours sur le front occidental, Cher-Ami porta plus de 12 messages importants.
    Le général ordonna l’envoi du messager ailé à Washington où il devint la mascotte du Département. Il meurt à Fort Monmouth, dans le New Jersey, le 15 juin 1919 des suites des blessures de sa dernière bataille et entre au "Racing Pigeon Hall of France" en 1931. Il reçoit également la Médaille d’Or de la part de la "Organised Bodies of amiravan Racing Pigeon" en reconnaissance de ses prouesses pendant la Grande Guerre.
    Le corps empaillé de Cher-Ami fait partie de la collection du "Smithsoman Instution".

     

    Colombophilie
    aujourd’hui

    Même si son utilité militaire n’est plus aujourd’hui avérée, cette capacité à acheminer très rapidement de petites charges est encore utilisée, pour le transport de prélèvements sanguins notamment. C’est le cas encore actuellement entre l’île d’Yeu et Les Sables-d’Olonne et entre Granville et Arromanches
    Ces précieux volatiles sont également utilisés par certains garde-côtes américains pour repérer les naufragés en mer. Grâce à un dressage approprié, ils réagissent aux couleurs vives des canots de sauvetage.
    En outre, l’histoire étonnante de la colombophilie a suscité au fil du temps l’intérêt de nombreux passionnés, à titre sportif notamment.
    La Fédération française de colombophilie, articulée en 21 régions, regroupe aujourd’hui près de 25 000 colombophiles, qui possèdent un cheptel de 3 millions de pigeons voyageurs. Ces derniers « s’affrontent » aujourd’hui lors de compétitions nationales et internationales.

     

    Le colombier militaire national et le Musée de la colombophilie

    Les technologies modernes ayant supplanté le pigeon voyageur comme moyen de communication militaire, les colombiers militaires français disparurent les uns après les autres à la fin des années 60. Toutefois, un groupe d’officiers, sous l’impulsion du lieutenant-colonel Revon, plaida la cause des pigeons voyageurs jusqu’auprès du général de Gaulle et obtint le maintien d’un colombier de tradition installé à Saint-Germain-en-Laye.

    Ce colombier a été transféré dans la partie historique de la Forteresse du Mont-Valérien (à Suresnes, en Région-Parisienne) le 1er juillet 1981. Il accueille aujourd’hui une centaine de pigeons, élevés sous l’œil bienveillant du Caporal Guer.
    Situé à proximité des locaux du Musée de la colombophilie, il est le conservatoire de la tradition militaire colombophile et participe à de nombreuses compétitions nationales et internationales.

    Datant du début du XXIe siècle, le Musée de la colombophilie est géré par des personnels militaires du 8e régiment de transmissions. Il présente, sous une forme pédagogique, l'histoire de la colombophilie depuis l'Antiquité à nos jours en accordant une large place aux activités militaires des pigeons voyageurs au cours des derniers conflits, ainsi qu'au sport colombophile.

    Cependant, rien ne nous permet aujourd’hui d’affirmer que ces vaillants messagers ne soient pas un jour amenés à reprendre du service…

     

    Les courses
    ça rapporte !

    Les Pigeons-voyageurs sont élevés et formés avec autant de soins que les chevaux de pur-sang.

    Il y a plus d'un million d'amateurs à travers le monde qui élèvent des pigeons, ce qui signifie qu'il y a environ plus de 4 millions de ces oiseaux dans les colombiers. La reine Elizabeth II elle-même possède des races de pigeons voyageurs dans des pigeonniers royaux à Sandringham.

    Les pigeons voyageurs ont été introduits aux États-Unis dans le milieu des années 1800. Dans les années 1880, la première course de 800 km eut lieu dans ce pays.
    Actuellement, la course nationale d'Amérique, Snowbird classique, attribue une bourse de 600 000 $ (
    = € 440 070 *)

    Partout dans le monde il y a environ 5 courses par an avec un million dollars * de prime !

    Le prix de vente des pigeons (Cf. "Les Pigeons européens font le bonheur des Chinois") peut atteindre les 250 000 euros * (Special Blue, qui a remporté les courses les plus prestigieuses. Pieter Veenstra [1] a vendu au total 245 'têtes de plumes' pour près de 2 millions d’euros * (Cf. l'article "World record for Pieter Veenstra..." - en)  ces dernières années. Au kilo, c’est bien plus cher qu’un cheval de course)

    [1] Pieter Veenstra est un des amateurs les plus réputés au monde. En remportant plusieurs titres provinciaux, il a montré qu'il avait l'étoffe d'un grand champion. C'est en 1997, lorsqu'il acheta des pigeons chez G & C Koopman, Dirk van Dyck et Anton v.d. Veen, que Pieter débuta (probablement inconsciemment) sa belle histoire. Plusieurs années plus tard, il compte à son palmarès plusieurs titres d'As Pigeons (inter)nationaux ainsi que de nombreux pigeons Olympiques tant et si bien qu'il est aujourd'hui à la tête d'une des meilleures colonies des Pays-Bas. Après avoir été sacrés 'meilleure colonie W.H.Z.B.' (2009 et 2010), Pieter et Gea se sont également distingués en remportant plusieurs titres sur le plan provincial Celui qui s'intéresse de près à cette colonie connaît pertinemment bien les qualités reproductives de ‘Special Blue’, surtout connue pour être la mère de Dolce Vita, Chanel n°5 et Rolex, trois As Pigeons (inter)nationaux. C'est incroyable ce que cette femelle a pu donner. Le couple Da Vinci x Special Blue est probablement un des meilleurs couples de reproducteurs au monde.

    Des pigeons ont été achetés pour au moins $ 132 000 (= € 96 815,40 *) par Louella Pigeon World, magasin d'animaux de compagnie au Royaume-Uni, en 1992 (Invincible Spirit, vainqueur de la course internationale "Barcelone 92") !!!

    * Selon les cours de 2014 (juin) : 1 dollar américain ($) = 0,73 euro (€)
    1 euro (€) = 1.36 dollar américain ($) : € 250 000,00 = $ 340 808.40 

     

    Le revers de la médaille

     On aurait dû s'en douter...

    Il n'y a décidément aucun frein à la cruauté des hommes. Comme pour bien d'autres animaux, à plumes, à 4 pattes ou aquatiques, le côté sympa et gentiment utile de nos compagnons est vite dépassé par la cupidité aveugle de gros pleins de soupe qui en veulent toujours plus (des sous, de la gloire).

    Déjà, le Pigeon a eu son lot de maltraitance pendant les guerres, soldat malgré lui. Des médailles et distinctions, c'est bien beau, mais ça n'ôte pas la souffrance ; c'est d'ailleurs vrai aussi pour les Hommes...

    Maintenant, c'est "marche ou crève" dans le civil !

      Pigeon Le Vaillant. À sa mémoire

    Rien que dans le domaine des courses (il y a d'autres points pénibles, malheureusement) beaucoup dénoncent ces pratiques irrévérencieuses envers Chevaux, Chiens, Pigeons et j'en passe. Je vous tends un lien d'un article de Néo-Planète (01/06/14) au sujet de ces courses de pigeons "illégales", certes, mais surtout indignes :

    PETA vole dans les plumes des courses illégales de Pigeons !

    ... Puis celui de l'Association en question (bien qu'il soit mentionné dans l'article)

    Association de protection des animaux PETA France : http://www.petafrance.com/

     

    Pourquoi "lutter"
    contre les pigeons ?

    Les Pigeons peuvent causer des nuisances aussi bien à l'égard des particuliers qu'au niveau d'une ville entière :

    - Causer de graves détériorations des bâtiments, en les souillant de leurs déjections.
    - S'installer dans des gouttières ou des canalisations et les boucher.
    - Causer des nuisances sonores et des odeurs nauséabondes.
    - Vous réveiller tôt le matin, ou même pénétrer dans votre habitation et y causer des dégâts.
    - Transporter des maladies affectant l'être humain (salmonellose, ornithose...).
    À vrai dire, ce dernier point est
    contesté et les Pigeons ne transmettraient tout compte fait pas plus de maladies que les Moineaux.

    De plus, le pigeon se reproduit vite (3-6 pontes par an) et vit longtemps (10 ans et plus) *

    Il est à noter que ces nuisances ne sont pas "l'exclusivité" des Pigeons !

     

    Conseils de base "anti-pigeon"

    Pour un particulier qui lutte contre les Pigeons, il ne s'agit en aucun cas de les exterminer, mais de les éloigner afin d'éliminer toute nuisance.

    - Ne jamais nourrir des Pigeons : c'est d'ailleurs interdit par l'article L 1311-2 du code de la santé publique.
    - Éviter de laisser ses fenêtres grandes ouvertes dans un endroit infesté par les pigeons.
    - Fermer les ouvertures des greniers et combles avec des grillages pour éviter que les pigeons y pénètrent et y bâtissent leur nid. *

    * Anti pigeon : tout sur la lutte contre les pigeons et le dépigeonnage
    deratisation.comprendrechoisir.com/comprendre/anti-pigeon

     

    Hirondelle et Pigeon : des différences tout de même !

    Pour simplifier, je vous donne un lien pour atteindre le pdf que j'ai fait de l'article "Peut-on confondre une Hirondelle des fenêtres avec un Pigeon ?", en espérant le mettre au net plus tard.
    Mais je n'avais pas imaginé qu'il serait si délicat à exploiter avec, entre autres difficultés, ses vues de Google Street. Trop de travail pour un rendu improbable...

    Mais voici ce dont il est question, tout de même :

    le site web de la mairie de la Barre-en-Ouche, petit village normand, annonce fièrement son grand nettoyage de printemps, après “l’éradication de la plus grande partie des pigeons”.
    L'auteur de l'article, qui se rend régulièrement dans ce village, n'avait "pas noté une concentration particulièrement gênante de Pigeons. En revanche, le printemps venu", il était "fasciné par le ballet des Hirondelles de cheminée virevoltant autour de la mairie". Mais en voyant les photos du site montrant la mairie “après le nettoyage”, il ne voit "plus aucun [nid d'hirondelle]".

    Bon, voilà, le pdf n'est pas fameux, mais il soulève 2 points importants :

    - "La population des Hirondelles de fenêtre est en nette diminution, bien qu’elles soient protégées, l’un des facteurs de ce déclin étant la destruction des nids sur les bâtiments: alors, comment concilier leur intrusion en ville et leur préservation ?

    - Dans son commentaire, en fin d'article, Laetitia met le doigt sur la nécessité d'une "formation sur l'environnement" pour les "agents [de mairie] chargés du nettoyage", ce qui éviterait bien des erreurs grossières et des destructions abusives...

    http://www.bio-creation.com - 16 avril 2013

     

    Sansonnet : avec ou sans... son ?

      Quand j'étais ado, ma mère et moi entendions, dans les rues de Perpignan, de drôles de "chansons" d'oiseaux sortant de temps à autre des haut-parleurs placés un peu partout dans les platanes du centre-ville. Pas vraiment gracieux. Des cris aigus et grinçants, même. Quelle jolie coutume catalane ! Qui peut aimer ça ?

    En fait, ce n'est pas pour plaire, mais pour déplaire... Nous avions en effet demandé à un vieux Perpignanais ce que signifiait cette initiative. Il nous répondit qu'il s'agissait de cris "d'Étourneaux" pour effrayer les Pigeons qui, sinon, envahiraient les rues.
    Ayant depuis un peu oublié cette anecdote, je me suis renseignée plus tard sur la chose. J'ai constaté que "Étourneau" est un "nom vernaculaire ambigu" (dixit Wikipédia) qui désigne pas mal d'oiseaux, mais j'ai retenu le "Sansonnet", une sorte "d'Étourneau", qui me paraît correspondre le mieux à cet emploi de "chanteur" des rues ; j'ai eu du mal à trouver, mais il paraitrait que Pigeons et Étourneaux-Sansonnets sont en concurrence car ils occupent le même habitat (dont bien sûr les villes), et ont la même alimentation : là où il y a des "Étourneaux", il n'y a pas de Pigeons, et vice versa. À Perpignan et ses environs, ce ne sont pas les "Étourneaux" qui menacent et c'est avec logique que la municipalité a voulu utiliser les cris de dissuasion de ces oiseaux à l'encontre des Pigeons. Je ne sais pas si cela a porté ses fruits, ni si la ville catalane continue toujours la diffusion de ce mélodieux programme, mais je ne peux résister à vous présenter quelques extraits que Wikipédia a postés sur le Sansonnet, un oiseau lui-aussi remarquable et pas qu'avec son cri !

    Le terme "étourneau" est porté par plusieurs oiseaux de la famille des Sturnidae. Le latin classique sturnus, dont ce terme est issu et qui désigne le même oiseau, dérive probablement de la racine indo-européenne stor qui correspond à "étoile", ce qui pourrait faire référence au plumage brun sombre ou noir constellé de blanc de la principale espèce européenne, l'Étourneau Sansonnet ; on rapproche également de cette interprétation le terme starling, nom anglais de l'étourneau (star = étoile). Les Étourneaux ont des vocalisations diverses et complexes, et sont connus pour incorporer des sons de leur environnement dans leurs propres appels, y compris ceux des avertisseurs de voiture, et du langage humain. Ces oiseaux peuvent reconnaître les personnes, notamment en les nommant, et feraient actuellement l'objet de recherches sur l'évolution du langage humain...

    Wikipédia : Étourneau - et ci-dessous : Étourneau sansonnet 

    L'étymologie de "sansonnet" est incertaine.
    Ce terme pourrait dériver de Samson ou de sassonet "crible", l'oiseau étant criblé de petites taches.

      L'Étourneau Sansonnet (Sturnus vulgaris) est une espèce de passereaux originaire de la plus grande partie de l'Eurasie, mais qui a été introduit en Afrique du Sud, en Amérique du Nord, en Australie et en Nouvelle-Zélande.
    Il est ainsi très abondant dans toute l'Europe mais aussi en Asie mineure, en Russie et jusqu'en Mongolie et aussi sur le continent nord américain. S'il est sédentaire en Europe du Sud et de l'Ouest, ses populations nordiques et orientales migrent en hiver vers ces régions, et même plus loin vers le sud, sur tout le pourtour méditerranéen.

    Comportement social et interaction avec d'autres espèces

    Cet oiseau peut être solitaire comme il peut aussi former des nuées de plus de 100 000 individus, qui s'organisent en dortoirs pour la nuit. Lorsqu'elle est grégaire, cette espèce donne un spectacle impressionnant à voir et à entendre, en particulier le soir quand les oiseaux viennent se percher dans des buissons de roseaux, attirant par là souvent des oiseaux de proie tels que les Émerillons ou les Éperviers. Originaire des forêts de feuillus, l'étourneau s'est établi au voisinage de l'homme : de grandes bandes (exceptionnellement jusqu'à un million d'individus), peuvent se former dans les centres des villes, où leurs fientes provoquent beaucoup de désagréments.
    Le chant des mâles est très variable. Ces variations semblent influencer le choix du partenaire sexuel chez les femelles. Ce chant est un pot-pourri à la tonalité aiguë, peu musical, entrecoupé de sifflements, de chants imités et de cliquetis.

    Il semble qu'autrefois, l'étourneau déparasitait certains grands mammifères.
    Selon Adrien Linden, les Étourneaux Sansonnets...

    ... sont les amis des bestiaux, des cerfs et autres ruminants. ils vont familièrement se percher sur leur dos et les délivrent de la vermine qui les tourmente. Ils font mieux : ils remplissent auprès d'eux l'office de vétérinaire. Je viens de vous parler des Œstres qui pondent sur les gros animaux, et je vous ai dit que les larves de ces mouches se logent entre cuir et chair et que leur présence détermine une tumeur dans laquelle ces larves vivent grassement ; eh bien, les Sansonnets crèvent ces tumeurs avec leur bec, arrachent les larves qui s'y prélassent et les croquent, à la grande satisfaction des gros animaux, hôtes involontaires de ces parasites.

    Adrien Linden, Lecture du Jeudi, Un nid d'oiseau.
    Les défenseurs de l'agriculture, 5e édition, Paris, Librairie Ch. Delagrave

    Ce comportement a pu régresser ou disparaître avec l'élevage hors-sol et la généralisation d'antiparasitaires.

    Habitat et colonisation urbaine

    Cette espèce, adaptable, opportuniste et omnivore, est considérée comme "nuisible" dans nombre de pays où elle a été introduite. Son penchant pour les fruits (cerises, olives, raisin…) fait qu'il est peu apprécié par les cultivateurs.
    L'étourneau s'accommode d'un grand nombre d'habitats, et on peut le trouver dans tous les environnements assez ouverts, des terres agricoles aux prés-salés, des zones arides aux zones boisées, et de plus en plus fréquemment en pleine ville.
    Il nidifie dans les trous d'arbre en forêt (dont il chasse volontiers d'autres espèces, ce qui peut entraîner une compétition pour les sites de nidification) ; dans les nichoirs de jardin, dans les fissures des murs et des toits en ville. Il affectionne aussi les ruines et la chaleur des villes en hiver.
    C'est avec le Rat, le Pigeon, le Merle noir et la Mouette rieuse, l'une des rares espèces qui semblent bien s'adapter au contexte urbain (grandes villes). Ses populations urbaines et périurbaines se sont récemment densifiées, au point de le faire considérer localement comme espèce envahissante.
    L'environnement urbain et tout particulièrement l'éclairage nocturne et le phénomène dit de « pollution lumineuse » ont fortement modifié son comportement : l'étourneau est en effet un oiseau diurne qui a une très mauvaise vision nocturne. Si dans leur environnement nocturne normal, les étourneaux se rassemblent la nuit en dortoirs, ils y restent calmes et silencieux, même quand 300 000 étourneaux y sont dérangés par un prédateur (renard, chat, rapace nocturne…) alors qu'en ville où le halo lumineux est de plus en plus intense et permanent, ces mêmes étourneaux sont beaucoup plus actifs et nerveux, se déplaçant à n'importe quelle heure de la nuit quand ils sont dérangés. 

    Marc Théry, du CNRS et Muséum national d'Histoire naturelle,
    article « L'éclairage artificiel trouble les rythmes biologiques » - Espace des Sciences
     

    Les nuisances provoquées par l'Étourneau Sansonnet

    Une nuée de Sansonnets au Danemark
    en février 2006

     

    Opportunistes et agressifs, ces oiseaux peuvent concurrencer l'existence d'autres passereaux, en particulier dans les pays où ils ont été introduits, comme en Amérique du Nord.

    Par la puissance du nombre, ils sont capables de causer d'importants dégâts aux récoltes dans les champs, les cultures maraîchères et les vergers.

    En ville, leurs déjections peuvent abîmer les monuments situés sous leurs dortoirs ou leurs lieux de station.

    Admirez le spectacle étonnant d'étourneaux à Marseille, qui nous offrent un ballet céleste (Daily Geek Show.com) en cliquant sur la photo.

    Souvent, aux périodes de migration, il arrive que plusieurs centaines d'étourneaux se posent sur un seul arbre, et en laissent tomber des fientes en quantité impressionnante, à même de combler le pare-brise d'une voiture ou de détériorer tout autre objet se trouvant en dessous.
    Le bruit qu'ils produisent, lorsqu'ils sont en nombre, peut aussi être fort gênant la nuit quand leurs dortoirs sont à proximité d'habitations humaines.

     

    Législation et campagnes d'effarouchement  

    En raison de leur expansion, des mesures de contrôle de population ont parfois été nécessaires dans certaines régions.

    Il serait légal, aux États-Unis et au Canada, de tuer les Étourneaux en tous temps.

    Au Royaume-Uni, en revanche, l'espèce est protégée, car ses effectifs se raréfient. Il en est de même dans plusieurs pays d'Europe de l'Est, où elle n'est présente qu'en été et où elle débarrasse les agriculteurs des chenilles et autres insectes nuisibles.
     
    L'effarouchement des Étourneaux consiste à les effrayer pour les inciter à changer de dortoir. Cette opération a un intérêt dans les endroits où les rassemblements infligent des nuisances importantes à la population humaine (bruit, fientes). Elle consiste à émettre des bruits, des sons impulsifs, intenses et surtout brefs. On utilise des fusées (crépitantes, sifflantes, détonantes), des effaroucheurs acoustiques (appareils émettant des cris de prédateurs et surtout – ils sont plus efficaces – des cris de détresse d'étourneau ou de geai)... On peut demander le concours de la population qui doit utiliser des casseroles, des instruments de musique…

    Les méthodes d'effarouchement doivent être changées régulièrement car l'Étourneau a une grande capacité d'adaptation.

    Plus récemment, certaines municipalités ont recours à l'effarouchement par des rapaces. En lien avec des fauconniers professionnels, la technique consiste à faire voler un oiseau de proie (le plus souvent une Buse ou un Faucon, plus rarement un Autour ou un Épervier, selon l'espèce indésirable) afin de dissuader les nuisibles.

     

    Le voyage
    interrompu

    La Tourte voyageuse ou Pigeon migrateur (1), savamment appelé Ectopistes migratorius, était un pigeon propre à l'Amérique, nichant dans le sud-est du Canada et le nord-est des États-Unis.

    Juvénile, mâle et femelle


    La tourte voyageuse était plus petite que le pigeon biset, avec des ailes et une queue plus pointues, ainsi qu'un corps plus gracieux. Elle possédait un bec de couleur noire et des pattes rouges, ainsi qu'un ventre blanc, un poitrail rouge-orangé et des parties supérieures d'un gris bleuâtre. Cette espèce est surtout connue pour ses vols impressionnants rassemblant plusieurs milliers de volatiles… Qui étaient capables de cacher le soleil !
    L'ornithologue américain Jean-Jacques Audubon décrit dans les années 1830 un de ces vols :

    Le ciel était littéralement rempli de pigeons, la lumière de midi était obscurcie comme par une éclipse ; les fientes pleuvaient comme des flocons de neige fondante. Les pigeons continuèrent à passer en nombres toujours aussi importants durant trois jours consécutifs.

    Jean-Jacques Audubon, Les Oiseaux d'Amérique

    On estime que rien que dans les états du Kentucky, de l'Indiana et de l'Ohio, on trouvait près de trois milliards d'individus.
    Malheureusement, la tourte voyageuse était particulièrement nuisible pour les agriculteurs (2) qui détruisaient le plus souvent les colonies par le feu.

    De plus, elle fut l'objet de gigantesques concours de chasse, où jusqu'à 30 000 oiseaux pouvaient être tués pour remporter le prix de la compétition...
    [Enfant, j'avais lu dans mon livre sur les oiseaux : les Pigeons migrateurs étaient si étroitement collés les uns aux autres dans le ciel, que même le plus malhabile des tireurs pouvait en tuer des dizaines d'un coup et sans viser. C'était d'ailleurs un jeu, des gens tiraient "dans le tas", comme ça, rien que pour rigoler, et ne ramassaient même pas les cadavres...]
    La naissance du transcontinental donna un coup fatal à l'espèce. En effet, les exploitants des chemins ferroviaires virent une manne providentielle dans l'oiseau et en tuèrent de gigantesque groupes pour approvisionner les villes de la côté Ouest.
    De plus, ces oiseaux souffraient particulièrement de leur mode de déplacement : outre le fait qu'il suffisait de diriger son fusil vers le ciel et de tirer pour en abattre d'un coup une dizaine, on sait également qu'ils avaient besoin d'être nombreux pour repérer leur nourriture (3), car les glandées et fanées étaient très dispersées. Aussi, la reproduction de masse n'était possible qu'en grandes colonies chez cet oiseau, ce qui joua en sa défaveur.
    Ces facteurs, ajoutés à la déforestation et à une probable épizootie virulente de la maladie de Newcastle eurent raison de l'oiseau.
    Le déclin de l'espèce devient apparent au début des années 1860, où on ne voyait que quelques groupes laissaient passer la lumière lors de leurs voyages. 1878 a d'ailleurs été la dernière année où la chasse du pigeon migrateur fut bonne. À la fin du siècle, plus aucun spécimen ne fut observé dans la nature.

    Juvénile, photo de 1896

    Malgré tout, la tourte voyageuse fut l'un des premiers oiseaux qu'on tenta de préserver aux États-Unis. Les zoos se rendirent vite compte que leurs espoirs n'étaient pas fondés : l'oiseau avait besoin d'être en liberté, ne s'alimentant que peu et ne s'accouplant plus.

    À partir de 1912, des récompenses étaient offertes à qui pourraient repérer une tourte à l'état sauvage.*

    Le 1er septembre 1914, à une heure du matin, meurt au zoo de Cincinnati (Ohio) la dernière représentante de l'espèce, Martha (cet évènement fut relaté par le zoologiste Albert Hazen Wright la même année). Ironie du sort, les derniers représentants de la Perruche de Caroline (4) mourront dans ce même zoo, quelques années plus tard.

    Il y a aujourd'hui, au Canada, quatre spécimens ayant été naturalisés avant l'extinction de l'espèce. Un de ces spécimens est dans une vitrine au Cégep régional de Lanaudière à Joliette, un autre au Musée canadien de la Nature, un autre au musée Redpath de Montréal et un autre dans la collection du Père Arnaud de la Société historique de la Côte-Nord. Plusieurs exemplaires sont présentés dans des collections de musées français: muséum d'Autun, de Bordeaux, de Nantes, d'Orléans, de Paris, de Lille, etc.*

    Le Pigeon migrateur est devenu le triste symbole d'un homme capable de détruire une espèce composée de milliards d'individus, mais qui tenta également dans ces derniers heures de la sauver.


    (1) À ne pas confondre avec le Pigeon voyageur, qui est un Pigeon dressé.
    (2) Par exemple en 1871 dans le Wisconsin, une zone de près de 2 200 km² (un septième de l'État) fut complètement dévastée par une concentration d'une centaine de millions de Tourtes voyageuses qui nichaient dans la zone.
    (3) Bien que, comme tous les membres de sa famille, le Pigeon migrateur possédait une excellente vue.
    (4) Le seul oiseau de ce type aux États-Unis, dont la disparition est tristement similaire à celle du Pigeon migrateur.

    Tourte et tourtière * 

    Contrairement à la légende urbaine communément admise au Québec et ailleurs au Canada francophone, le pâté à la viande dénommé tourtière ne doit pas son nom au fait qu'il était cuisiné avec cet oiseau. À une certaine époque, il ne fait certes aucun doute que la tourte voyageuse a pu être massivement utilisée pour sa fabrication. Toutefois, le nom de l'oiseau provient du latin turturella, qui a aussi donné Tourterelle. Quant à "tourtière", ce mot descend du latin torta (participe passé féminin du verbe torquere "tordre" - en référence à la pâte dans le cas de la "torta"), qui a aussi donné "tourte" et "tarte". La "tourte" ou "tourtière" est un plat tout à fait traditionnel en France, présent dans la plupart de ses régions (la variante tourtière est au moins attestée dans le Limousin)

    Par Omnilogie :  Les animaux exterminés par l'homme
    Sauf * : Wikipédia : Tourte voyageuse 

    À propos... L'omnilogie… un néologisme du XXIe siècle. D'un côté, omni, un préfixe pour indiquer “le tout”.
    De l'autre, logie, suffixe apposé sur toutes les disciplines se réclamant d'un discours savant.
    Le résultat ? L'omnilogie, une science du tout, et paradoxalement du rien (ND Site Omnilogie)

     

    Quelques pistes
    de réflexion

    Nous voilà arrivés au terme de notre voyage parmi les Pigeons et d'autres oiseaux qui se sont invités en cours de route. Les Pigeons voyageurs, ces "Formule-1" des messagers ailés, ont apporté quelques thèmes qui nous poussent à réfléchir, mais il n'y a pas qu'eux :
    ce que certains "humains" font sur les animaux, ne le font-ils pas également sur leurs semblables (points 1. et 2. ci-dessous) et bien souvent de façon encore plus hypocrite ?
    Ne serait-il pas plus judicieux d'apprendre à connaître autrui, les animaux, la nature, au lieu de ne vouloir que son petit confort perso au mépris du reste ou de se prendre pour le Créateur Lui-même (points 3. et 4.) ?

    Jouer les apprentis-sorciers sans discernement peut faire courir de graves dangers...

     

    Triste rappel de la cruauté stupide des hommes  

    1. L'exploitation dans la guerre
    Pigeons exposés aux pires dangers, mais aussi tant d'autres animaux.

    2. L'exploitation dans les courses et les jeux d'argent
    Pigeons victimes de la cupidité sans bornes, comme d'autres malheureux.

    3. La Tourte voyageuse,
    exterminée par plaisir malsain et intolérance égoïste, un exemple parmi d'autres.

    4. Les Chinois et les Moineaux :
    comme un conte cruel qui fait réfléchir. À découvrir
    ICI
     .

     

    Sources
    et liens

    Les pigeons en France : les diverses espèces (cousin.pascal1.free.fr/especes.html)

    L'histoire de la photographie aérienne à basse altitude  

    Wikipédia :
    - Les pigeons qui ont marqué l’histoire.
    - Décorations militaires pour pigeons voyageurs.
    - Colombophilie militaire.
     

    Kleber Dupuy et le fort de Souville-Verdun 1916 (.unblog.fr) :
    -  Les pigeons voyageurs pendant la guerre 14-18
    -  Les pigeons voyageurs pendant la grande guerre (suite 3, du 19/08/2013) 

    L’incroyable histoire des pigeons voyageurs ! juin 2011, par Emmanuelle Lamandé

    Pour le "6ème sens" des pigeons voyageurs, des liens :
    http://crocduloup.com/?p=1143
    http://www.ecpad.fr/les-pigeons-voyageurs
    http://www.youtube.com/watch?v=yQS-iY2ZLWw
    http://www.youtube.com/watch?v=Ar-JWBUXdcE

    Voir aussi 

    Le musée de la colombophilie militaire du Mont Valérien
    Le pigeon voyageur
    , par Mathieu Lefebvre (fiche descriptive, anatomie)
    Association Nordnet.fr
     (pratique)
    Natural-Granen.com
     (station d'élevage et musée en Belgique, reportage en pdf)

     


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  • Commentaires

    1
    Bardja
    Mercredi 7 Janvier 2015 à 23:33

    La lecture sur les pigeons voyage qui ont servi au cours des grandes guerres sont sans précédent. Aptes et s adaptant rapidement à toutes les situations.

    2
    griet van middelem
    Lundi 2 Mai 2016 à 01:03

    je cherche des documents sur les pigeon s voyageurs

     

    bonsoir et merci beuacoup pour une information.

     

    griet

    la belgique

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