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Depuis le Brexit, l'anglais est la langue officielle d’à peine 1% des citoyens européens

[TRIBUNE] Parlement européen : l’anglais étouffe la voix des peuples
Boulevard Voltaire 18/01/2025 [archive]

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Les européistes s’enorgueillissent que le multilinguisme soit le socle fondamental de la construction européenne, un principe inscrit dans les traités, censé garantir l’égalité entre les langues et donc entre les citoyens européens. Pourtant, la réalité du Parlement européen et des institutions européennes est tout autre : l’anglais y domine outrageusement, marginalisant les autres langues officielles, en particulier le français. Cette hégémonie est non seulement injuste, mais elle constitue également une atteinte à la démocratie et à l’indépendance de nos institutions.

Le multilinguisme sacrifié au profit du tout-anglais

On l’oublie mais à l’origine, l’Europe parlait français. Langue diplomatique, langue des pères fondateurs, le français occupait la première place centrale dans les institutions. Mais au fil des années et des élargissements, sous l’œil indifférent, voire complice des élites françaises, l’anglais s’est imposé comme la langue dominante.

Les chiffres sont accablants : entre 1999 et 2019, les documents produits par la Commission européenne ayant le français pour langue source sont passés de 34 % à 3,7 %. Quand l’anglais domine avec 85 % des documents. Le Parlement européen suit la même tendance : en 2019, seuls 11,7 % des documents avaient pour langue source le français, comme le souligne le rapport Lequesne (PDF).

Cette évolution est d’autant plus absurde que l'anglais est aujourd’hui la langue officielle d’à peine 1 % des citoyens européens depuis le Brexit. Pourquoi imposer à tous les Européens la langue d’une puissance extérieure alors qu’il existe une richesse linguistique inégalée parmi les États membres ?

Le recul du français s’explique par maintes raisons mais la faiblesse du multilinguisme trouve son origine dans le manque de volonté politique pour le défendre et par la facilité du tout-anglais. Pour les élites mondialistes, le choix de l’anglais est avant tout politique. Élue par des Français, la tête de liste Renew Valérie Hayer aime à s’exprimer devant tout le Parlement en anglais. Mais lorsque l’on ne défend pas sa propre langue, comment peut-on défendre son peuple ?

Un problème démocratique et culturel majeur

Le recul du multilinguisme au profit de l’anglais pose un problème démocratique évident :

L’anglais n’est pas la langue du peuple européen (quand bien même il existerait). Pour une écrasante majorité de députés et citoyens européens, il s’agit d’une langue étrangère d’un État qui a choisi démocratiquement de quitter l’UE. Une langue est l’instrument de l’expression démocratique. Le tout-anglais défavorise donc l’exercice démocratique en empêchant les représentants du peuple de s’exprimer et de travailler dans leur langue maternelle. Combien de réunions de commissions ont été organisées sans interprétation ? Combien de rapports ne sont disponibles qu’en anglais ? Combien de fois n’avons-nous pas eu la traduction en français d’un document sur lequel le vote aura lieu dans quelques heures ?

Les citoyens européens, notamment les francophones, voient leurs identités culturelles et linguistiques reléguées au second plan, ce qui renforce le fossé entre l’Union européenne et ses peuples.

Le multilinguisme, en assurant l’égalité des langues, est pourtant un rempart contre l’uniformisation et la domination économique et culturelle anglo-saxonne. À l’inverse, l’hégémonie de l’anglais favorise la propagation de l’influence américaine dans nos institutions, y compris sur le plan juridique. La langue n’est pas un simple outil de communication : c’est un vecteur de culture, de pensée et d’influence. L’Union européenne, en sacrifiant ses langues nationales, sacrifie également son indépendance culturelle et politique.

Le potentiel du français : une langue mondiale au service de l’Europe

Contrairement à ce que certains voudraient faire croire, le français n’est pas une langue en déclin. Bien au contraire :

  • Le français est parlé sur tous les continents par plus de 300 millions de locuteurs.
    Selon les projections, le français pourrait devenir l’une des langues les plus parlées au monde d’ici à 2050 avec à la croissance démographique en Afrique francophone.
  • La langue de Molière et de Montesquieu incarne une tradition littéraire et intellectuelle qui a marqué l’Histoire. Porteur d’une richesse lexicale et d’une précision unique, il est le véhicule d’idées, de valeurs et de créations qui ont façonné la culture européenne et mondiale.

Langue officielle de nombreuses organisations internationales, dont la CJUE, l’ONU et l’UNESCO, elle est perçue comme un symbole d’élégance, de culture et d’excellence intellectuelle. Dans de nombreuses régions du monde, apprendre le français reste une aspiration liée à l’accès à la culture, à la diplomatie et à la science. Renforcer son rôle au sein des institutions européennes, c’est non seulement préserver notre diversité culturelle, mais aussi affirmer la place de l’Europe dans le concert des nations.

Lors d’une visite à la Cité internationale de la Francophonie à Villers-Cotterêts, en compagnie d’une délégation d’élus patriotes, nous avons pu constater que la langue française est bien plus qu’un outil de communication : c’est un instrument de rayonnement culturel et international, qui pourrait être mis au service d’une Europe indépendante et souveraine.

Pourquoi l’Union européenne ne s’appuie-t-elle pas davantage sur cette langue mondiale, parlée par des millions d’Européens, pour promouvoir son indépendance face aux influences extérieures ?

Des solutions concrètes pour rétablir le multilinguisme

Le Parlement européen et la Commission doivent engager un véritable effort pour rétablir l’égalité entre les langues officielles. Cela passe par des actions à la fois simples et ambitieuses mais toujours concrètes :

  1. Revaloriser les services de traduction et d’interprétariat pour garantir que chaque député puisse s’exprimer et travailler dans sa langue maternelle.
  2. Mettre fin au tout-anglais dans les réunions de travail et assurer systématiquement une interprétation multilingue.
  3. Traduire toutes les pages de tous les sites des institutions européennes afin d’assurer aux citoyens un accès aux informations dans sa langue.
  4. Redonner au français sa place historique en augmentant le nombre de documents rédigés en français et en promouvant activement son usage dans les débats.
  5. Rappeler que le multilinguisme est un principe démocratique, garant de l’égalité entre les citoyens européens et de la diversité culturelle du continent.
  6. Développer des outils d’intelligence artificielles pour accélérer considérablement le processus de traduction.

J’ai pour cela fait un certain nombre de démarches afin d’alerter mes collègues et les institutions : saisie de la Commission européenne, lettre à la présidente du Parlement européen, proposition de résolution, mais également des vidéos de communication.

Défendre nos langues, c’est défendre notre démocratie

L’Union européenne ne peut se prétendre démocratique si elle relègue ses langues nationales au second plan. Le multilinguisme est une exigence démocratique et un impératif culturel. Le recul du français, au profit de l’anglais, est le symptôme d’une Europe qui perd ses repères et se laisse influencer par des puissances extérieures.

Il est temps de réagir et de défendre la place du français et des autres langues officielles au sein des institutions européennes. C’est un combat pour la démocratie, la (véritable) diversité culturelle et la souveraineté de l’Europe et de ses Nations.

Au Parlement européen, je continuerai à me battre pour que le multilinguisme redevienne une réalité et que la voix des peuples européens soit enfin entendue dans toutes leurs langues.

Parlement européen hémicycle Strasbourg.jpg
Parlement européen, hémicycle de Strasbourg

Internautes

La Grande Bretagne aura été "partiellement" membre de l’UE mais elle aura gagné en la quittant le fait d’imposer sa langue à toute l’Europe. (Dur.)

L’anglais pour tous non, c’est injuste [...] Avec l’intelligence artificielle il est désormais facile de traduire tous les textes, mais il n’est pas certain que les hommes s’entendent mieux pour autant. (Eja.)

Il faut commencer par la France. Quand on entend à la télévision des journalistes ou autres, dire "job" pour ne pas dire "travail", "fake news" au lieu d’"intox" etc. Il est vrai que c’est dur à dire en français ! Même les Français ne savent plus parler français y compris (et surtout) nos "zélites". (des internautes)

Pour le moindre délinquant qui ne comprend pas le français, la justice doit faire appel à un traducteur, sinon le jugement est caduc (voir les faits divers) [...] Les documents de la commission européenne ne sont pas obligés d'être écrits en français... mais à l’origine ils l’étaient. Jamais le Général de Gaulle eût admis autre chose. Mais maintenant nous avons un macron… Alors, évidemment tout se délite. (des internautes)

Cette Europe est bien une Europe mortifère. Nous en avons un très bel exemple. Si rien n’est fait, notre langue comme bien d’autres richesses de notre patrimoine culturel et civilisationnel, disparaitra. Cette Europe est devenue un diktat, "ils" nous ont supprimé notre monnaie, le FRANC en nous imposant cet €uro sans nous demander si nous étions d’accord ! Je préfère m’arrêter... (Le T.)

Une question de "facilité" ?

L’explication est très simple : L’anglais est l'une des langues les plus faciles au monde [du moins le "basique"'] alors que le français est objectivement une langue plutôt difficile (pour des non-Français), et en plus, compte tenu du niveau pitoyable de l’enseignement en France, elle n’est même plus parlée ou écrite correctement dans notre propre pays, ce dernier fait étant la conséquence d’une immigration parfaitement incontrôlée qui ne permet pas de l’enseigner normalement. CQFD. (LVF)

L’anglais est devenu universel parce que c’est une langue simpliste. Elle n’a ni déclinaisons, ni conjugaisons [enfin presque pas]. Le français n’a pas de déclinaison mais a une conjugaison fournie et l’allemand a (comme le latin) conjugaison et déclinaison. Pour que le français soit encore plus "compliqué" on a abandonné le neutre. Autrefois on disait "les 'personnes' qui…" c’était simple. Mais maintenant il faut dire "les 'hommes et les femmes' qui…" ou bien "cellezéceux" (mieux… "ellezéils", formule ridicule d'une députée macroniste), sinon on est attaqués par les féministes. Et puis on a inventé l’écrire inclusive pour rendre le français tout à fait imbuvable ! Lorsque l’on voit la modification des mots français afin d’être dans le vent de la décadence, cela donne à réfléchir. (des internautes)

C’était prévu comme l’An quarante et ce malgré la précision du français, bien supérieure à l’anglais, comme langue diplomatique. (L58)

Voir Humour en langues

Lorsque Sarah Knafo s’exprime au Parlement européen, c’est en français qu’elle le fait et fort bien en outre. L’asservissement des Français par la nomenclature de Bruxelles est insupportable et d’une lâcheté inouï. Le français est langue fondatrice de l’UE et à ce titre, tous les documents doivent, pour être légaux, être rédigés dans les 4 langues d’origine. C’était lors de la création de cet ensemble de 5 nations. Comment nos dirigeants peuvent-ils signer un document dans une langue autre que la nôtre ? La chose est tout simplement illégale car la seule langue officielle en France, c’est le français. Donc rien ne devrait "jamais" être signé qui ne soit en français. À mon sens, tout texte signé dans une autre langue est inconstitutionnel. Si la France refuse de signer, c’est le blocage des décisions européennes. Voilà qui forcerait peut-être le retour à un peu de bon sens. Il faut retrouver notre lumière et notre langue en est la source ! (Aca.)

De forts et justifiés mécontentements

Le commentaire de Gayant, ci-dessous, est excellent. Le RN doit promettre le Frexit à ses électeurs. La France ne peut plus supporter ni admettre compromis, compromissions et soumission accordées tant aux USA qu’à l’Afrique. (Lou.) :

"Madame, J’attendais un bien autre discours d’une "députée" RN * qu’une recette pour conforter la pseudo Union européenne en mendiant plus de place pour notre langue. Car sous l’apparence de la défense de notre identité, vous contribuez en fait à dissoudre notre pays dans le destructeur chaos européen. Vous osez parler du "citoyen européen", quel aveu de soumission. Certes vos cocoricos font mouche, mais ils vous permettent d’occulter l’essentiel : l’UE ne broie pas simplement la langue française, mais bien plus gravement notre pays, elle à qui nous devons notre dramatique déclassement ! Votre pseudo plaidoyers pour la langue française l’est en fait pour le système. En avez-vous conscience ? Croyez-vous bien faire ? Ou doit-on craindre qu’à Bruxelles, la soupe est bonne aussi pour les élus du RN ?"

* Catherine Griset Député RN au Parlement européen, groupe Patriotes pour l'Europe, auteur de cette tribune.

Mais tout de même un bon point

Madame, vous donnez l’exemple en n’employant aucun vocable de cet affreux sabir anglo saxon en vogue chez nos pisse-copies de salon. Le français ne devrait pas être supplanté par l’anglais, surtout dans l’hémicycle. Fondons un mouvement linguistique francophone ! (des internautes)

_______________

[VIVE LA FRANCE]

Voir Les bouillons parisiens, le bon goût de l’authenticité (BV 18/01/2025) [archive]

Le "bouillon", un concept si convivial et si emblématique de notre art de vivre français. Plus qu’un restaurant populaire, c’est une délicieuse expérience immersive de remontée dans le temps, celui où l’on prenait encore le temps de mitonner des bons petits plats d’antan. Car ici, à l’instar d’une cuisine de grand-mère, le bœuf est bourguignon, la terrine de campagne, et l’œuf dur servi à la mayonnaise. Simples et réconfortants, nous vous convions dans l’univers attachant des bouillons, hauts lieux de préservation de notre patrimoine architectural et gastronomique de nos régions...

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