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Robert Surcouf, né le 12 décembre 1773 à Saint-Malo (35-Ille-et-Vilaine) et mort le 8 juillet 1827 à Saint-Servan (ancienne commune française rattachée le 30 octobre 1967 à la ville de Saint-Malo dont elle est devenue un quartier), est corsaire et armateur et français

Embarqué dès l'âge de 13 ans, il devient ensuite capitaine corsaire. Il harcèle les marines marchandes et militaires britanniques, non seulement sur les mers de l'Europe, mais aussi sur celles des Indes, et reçoit d'eux le surnom de "tigre des mers". 

Ses activités le font reconnaître — il est nommé membre de la Légion d'honneur le 26 prairial an XII (14 juin 1804) — et l'enrichissent. Il devient l'un des plus riches et plus puissants armateurs de Saint-Malo et un grand propriétaire terrien.

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Une famille de Saint-Malo

Robert Surcouf ne doit pas être confondu avec Robert Surcouf de Maisonneuve, son arrière grand-père paternel (ainsi, évidemment, que de Nicolas, frère aîné de Robert Surcouf, lui aussi un intrépide corsaire et armateur)

La famille de son père est originaire d’Irlande, réfugiée en Bretagne, à la suite des persécutions anglaises du XVIIe siècle. Robert Surcouf grandit parmi ses deux frères aînés : Charles et Nicolas-Augustin (1770-1848). Il a une petite sœur, Rose, et un petit frère, Noël.

Prononcer certains patronymes tels que Surcouf, Duguay-Trouin ou Chateaubriand fait immédiatement songer à Saint-Malo, dont le seul nom évoque le souvenir d’une "cité corsaire". Par sa mère, Robert Surcouf (1773-1827) est un cousin de Duguay-Trouin (1673-1736), né un siècle avant lui en ce port. Chateaubriand (1768-1848), en revanche, n’est que son contemporain, mais la famille Surcouf et celle de l’homme de lettres ont eu, à différentes reprises, des affaires d’intérêts (ventes ou achats de navires ou de biens immobiliers). Faire la biographie d’un homme nécessite toujours de faire la radiographie de son temps.

Les Surcouf, en 1640, étaient de pauvres gens. Arrivé de sa Basse-Normandie natale, le premier Surcouf débarque à Saint-Malo avec femme et enfants. C’est l’époque des "nu-pieds", pauvres hères ramassant du sel sur les plages normandes, qui avaient un régime de gabelle (l’impôt sur le sel) différent du reste du royaume. Ce couple meurt en 1690, très âgé, à l’hospice de Saint-Malo créé par la charitable épouse du gouverneur de la place. Leurs fils sont calfats : avec de l’étoupe, du vieux chanvre, des étoffes usagées, ils enfoncent avec leurs ciseaux appelés "calfaix" ce mélange textile entre les planches de chêne des navires en construction, puis les recouvrent d’une sorte de goudron issu des résineux, souvent suédois, les pins des Pyrénées étant réputés trop cassants – d’où l’alliance de la France de Richelieu avec la Suède de la reine Christine.

Un fils de ces calfats progresse dans la hiérarchie sociale : pilotin, pilote, lieutenant à bord de navires marchands, capitaine au commerce, cet arrière-grand-père de Surcouf meurt trop jeune pour "réussir". Mais sa veuve commence à se lancer dans la course, le négoce maritime avec les îles à sucre des Antilles et la traite négrière ; d’où la fabuleuse réussite de son fils, grand-père de Surcouf. Armateur, il possède à lui seul 10% de l’armement malouin, achète terres et hôtels. Il laisse 500 000 livres à ses enfants, ce qui représente la solde d’un lieutenant de vaisseau (1 000 livres annuelles) pendant 500 ans. Mais, sur sa vingtaine d’enfants, dix seulement survivent et se partagent sa succession. Le père de Surcouf est donc réduit à un héritage modeste de 50 000 livres et part habiter à Cancale avec son épouse et ses enfants.

Lire la suite Naviguer sur les mers du globe (Histoire & Civilisations)

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Les débuts

Troisième né d’une famille de cinq enfants, Robert se distingue par son fort caractère et est mû par son désir le plus cher : naviguer. Afin de canaliser le tempérament de leur fils qu’ils destinaient aux ordres, les parents de Surcouf décident de l’envoyer en pension à Dinan auprès d’un prêtre. Malheureusement pour les projets de ses parents, le fougueux Robert, alors âgé de 13 ans, fugue de sa pension en mordant, au passage, le mollet du prêtre chargé de sa garde. Résignés, ses parents se décident à le laisser embarquer comme mousse à bord du Héron, un brick qui faisait le trajet entre les villes de Saint-Malo et Cadix. Contre toute attente, l’indomptable Robert Surcouf, qui rechignait à apprendre la moindre de ses leçons en pension, se révèle alors être un matelot assidu, apprenant très vite malgré la rude vie en mer.

Surcouf, Robert date inconnue (artwork).jpg
date inconnue

Encore jeune homme, Surcouf s’illustre dans l’océan Indien en pratiquant la course *, qui vient d’être interdite en France par le Conseil des Cinq-Cents.

* Course (droit international de guerre). Pratique de la guerre maritime consistant, de la part d'un belligérant, à donner à de simples particuliers l'autorisation d'armer en guerre des navires de commerce pour courir sus aux navires de l'autre belligérant. (CNRTL)

Embarqué à 14 ans, Robert Surcouf navigue, il s’enrichit, s’illustre. Il a 16 ans en 1789, mais il est en mer. En 1792, la république est proclamée...

À suivre dans Histoire & Civilisations

Ce qui est encore le royaume de France, alors en pleine crise interne, doit également faire face aux attaques anglaises qui se multiplient. Surcouf, désireux d’en découdre avec les Anglais, ses origines irlandaises paternelles l’y poussant, s’embarque le 27 août 1792, afin de défendre la route des Indes.

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Robert Surcouf, le cauchemar des Anglais

Le plus célèbre exploit de Surcouf qui le rend célèbre est sans conteste la prise du Kent, un gros navire de commerce de 1 200 tonnes de la Compagnie Anglaise des Indes. L’action se déroule le mardi 07 octobre 1800 proche de Gange. L’abordage est audacieux mais un grand succès.

Surcouf Terrible abordage du ''Kent'' par Robineau (1747-1828).jpg
par Robineau (1747-1828)

La Confiance sous les ordres de Surcouf (24 canons et 160 hommes) prend le Kent (quarante canons et 437 hommes).

Surcouf rentre glorieux en France le 16 novembre 1800, avec une cargaison estimée à 100 millions de livres. Ce fait d’armes est le plus retentissant pour Surcouf et largement colporté. Surcouf devient ainsi le cauchemar des Anglais. Cet exploit lui aura valu également le surnom de "Tigre des mers".

Balmoral-Saint-Malo

Lire À bord de La Confiance 1800-1801 (Wikipédia)

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Robert Surcouf, le corsaire taquin

Parlons du corsaire dont la seule apparition dans l'océan indien suffisait à semer la panique à Londres.

Une vidéo de Odieux Connard (Le Petit Théâtre des Opérations) 18/12/2023

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https://www.youtube.com/watch?v=4cmfK-HuiQ0

Des internautes se lâchent !

Buvons un coup, buvons-en deux ! 

À la santé des amoureux, 

À la santé du Roi de France ! ...

Le 31 du mois d'août...

nous vîmes venir sous l'vent à nous...

Surcouf, tous les corsaires sont là...

Et merde pour le Roi d'Angleterre 

Qui nous a déclaré la guerre...

Paroles https://chantsdefrance.fr/repertoire/chants/surcouf

Vidéos (Les Compagnons de la Chanson)

https://www.youtube.com/watch?v=HYyyAkNjnTA (24/05/2013)

https://www.youtube.com/watch?v=RmnKkUbOpiM (09/03/2015)

https://www.youtube.com/watch?v=Z-uJF-ikYrM (19/10/2024)

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Bémol négrier

Surcouf participe également à la traite négrière * comme lieutenant sur plusieurs expéditions, puis comme capitaine, et enfin comme armateur de navire négriers à la fin de sa vie et malgré l'interdiction de ce commerce en 1815.

* Voir aussi Traite orientaleTraites négrières

Surcouf Le pont principal d'un navire négrier XVIIIe siècle.JPG
Le pont principal d'un navire négrier XVIIIe siècle

À lire, un extrait de L’esclavage : de la traite atlantique à l’abolition (Histoire & Civilisations)

Voir aussi ESCLAVAGES

Déboulonner la statue de Colbert ou de Surcouf, décapiter celle de Joséphine de Beauharnais n’a pas de sens. L’esclavage fut une longue tragédie. Ce n’était pas un homme, ni une femme – Joséphine ou l’arrière-grand-mère de Surcouf – qui en étaient individuellement responsables. C’était une civilisation, collectivement. Un peu comme nous qui utilisons des portables fabriqués par des enfants asiatiques pour des salaires de misère. Comment serons-nous jugés dans 300 ans ? D’où l’intérêt de relire Caton l’Ancien :
"Il est pénible d’avoir à rendre compte de sa vie à des hommes d’un autre siècle que celui où l’on a vécu."

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Décès

Surcouf rentre finalement en France où il poursuivra son métier d’armateur, continuant jusqu’au terme de sa vie à vivre sa passion maritime.

Surcouf, Robert vers 1820.jpg
vers 1820

Amateur de bonne chère et de bons vins, devenu obèse avec les années et les excès, probablement atteint d'un cancer, lequel sera soigné par le biais de sangsues censées améliorer sa circulation sanguine, il s’éteint paisiblement le 8 juillet 1827 dans une maison de campagne située près de Saint-Servan. 

Cette mort ne devait pourtant pas jeter dans l’oubli Robert Surcouf, le "Tigre des Sept mers", dont le récit des exploits transcenda les siècles, l’ouvrit à la postérité et inspire encore aujourd’hui les marins et matelots en quête d’aventure.​

Institut Iliade – Source breizh-info.com

Le corps du "roi des corsaires" est emmené à bord d’une embarcation escortée de plus de 50 canots au cimetière dit de Rocabey de Saint-Malo, son ultime demeure. 

Surcouf Tombe au cimetière de Rocabey à Saint-Malo (TCY).jpg

Sa tombe porte cette épitaphe :

« Un célèbre marin a fini sa carrière / Il est dans le tombeau pour jamais endormi / Les matelots sont privés de leur père / Les malheureux ont perdu leur ami. »

Wikipédia

 

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