Brian Wilson, né le 20 juin 1942 à Inglewood (Californie) et mort le 11 juin 2025, est un bassiste, auteur-compositeur, chanteur et producteur américain qui a fondé le groupe The Beach Boys. Il a grandi à Hawthorne, en Californie. Ses principales influences musicales sont George Gershwin, The Four Freshmen, Phil Spector, et Burt Bacharach. (Wikipédia)
Boulevard Voltaire 14/02/2025 [archive sans les (4+1) vidéos] [commentaires]
par Nicolas Gauthier, journaliste, écrivain
Extraits
[...] la famille Wilson, modèle et vendue comme telle par leur maison de disques ? La famille Addams, plutôt. Il y a déjà les trois frères : Brian, Carl et Dennis. Puis le cousin, Mike Love ; sans oublier l’ami de Brian Wilson, Al Jardine, qui n’en finiront plus de se disputer l’héritage commun.
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Mais il y surtout le père, Murry Wilson, musicien raté et imprésario improvisé, qui décide tôt de mener ses trois fils à la baguette ; quand ce n’est pas à coups de ceinturon, à la première fausse note venue. Une sorte de patriarcat blanc avant l’heure, dirait Sandrine Rousseau.
Mais qui n’est pas sans évoquer son homologue noir, pas toujours blanc-bleu : Joseph Jackson, autre musicien frustré, père d’une autre fratrie, les Jackson Five, dont le petit dernier, l’infortuné Michael Jackson, et qui a pareillement martyrisé ses propres enfants pour enfin atteindre gloire et fortune.
Les Beach Boys sont donc, à leur corps défendant, une création médiatique, ces garçons plagistes n’ayant foulé le sable que de loin et ne s’étant jamais risqués à la dangereuse pratique du surf, à l’exception de Dennis Wilson, le batteur du groupe et le seul à arborer une carrure à la hauteur des canons californiens de l’époque. Pas de chance, il mourra en mer, bourré au-delà de l’inimaginable, après avoir imprudemment plongé de son yacht, un triste 28 décembre 1983. Dommage, il venait de sortir un album sublime, Pacific Ocean Blue, et venait tout juste de se remettre de ses fréquentations toxiques - le tueur Charles Manson, en l’occurrence.
Farewell My Friend
[https://www.youtube.com/watch?v=GqaB1ikCeTw]
Mais cela est une autre histoire et revenons-en à la nôtre qui, sans forcément résoudre l’éternelle querelle opposant "l’inné" et "l’acquis", nous apprend qu’il n’existe pas de handicaps d’enfance qu’on ne puisse un jour surmonter.
[...] en 1966, Pet Sounds fait son effet, puisque tenu pour l’un des meilleurs albums de tous les temps. Mais, un an plus tard, survient Sgt. Pepper’s Lonely Hearts Club Band, des Beatles, qui, à son tour, révolutionne ce rock, né adolescent, mais désormais devenu adulte. Là, il y a She’s Leaving Home, peut-être ce que Paul McCartney a composé de meilleur dans sa carrière. Brian Wilson ne peut que s’incliner. Certes, il lui reste encore son "grand" projet, Smile, album initié la même année, avant d’être abandonné et de revoir le jour en 2011. Entre-temps, au moins une pépite aurait été extraite avant la sortie officielle de cette œuvre inaboutie : Good Vibrations, l’ultime chant du cygne de Brian Wilson. Soit une chanson aux mélodies complexes et enchevêtrées, dont la durée est un défi lancé aux DJ d’alors.
GOOD VIBRATIONS (HD) THE BEACH BOYS
[https://www.youtube.com/watch?v=mdt0SOqPJcg]
[...]
En 2002, Eric Clapton offre à Brian sa dernière prestation historique, lors du jubilé de la reine d’Angleterre - cinquante années passées sur le trône, ce n’est pas rien -, avec un poignant Warmth of the Sun.
The Warmth of the Sun - Brian Wilson/Eric Clapton
[https://www.youtube.com/watch?v=YnB7RI5oSxo]
[...] bien sûr, il sera toujours licite de railler la personnalité fantasque du défunt, ses frasques, ses absences, sa folie intérieure. Il n’empêche que Brian Wilson demeure, et demeurera longtemps encore, l’un des musiciens les plus brillants du siècle dernier. On espère qu’il est heureux, là où il est. Mais, après tout, tel qu’il le chantait, God Only Knows…
The Beach Boys - God only knows (1966) fully restored video
[https://www.youtube.com/watch?v=lpd4jzKA4SA]
Autre doc. Avec la disparition de Brian Wilson des Beach Boys, c'est un peu du cruising californien qui s'en va (Caradisiac 14/06/2025) [archive] Le compositeur, auteur, arrangeur et fondateur du groupe californien nous a quitté cette semaine. Retour sur les morceaux des garçons de plage truffées de voitures des années 1960, symboles de la coolitude qui régnait alors sur la côte ouest...
La vague éternelle.
À son volant, elle roule si vite "que les 500 miles d’Indianapolis ont l’air d’une pauvre course de chars romains". Plus de 60 ans plus tard, sur Ocean Drive, à Santa Monica, on roule beaucoup moins vite. Brian Wilson, quant à lui, est parti surfer une vague éternelle.
[commentaires] "En seulement quelques réponses, on est arrivé à des vomissements... Quel que soit le sujet, toujours la même tournure à la médiocrité, parce que certains répondent à la débilité lancée par un autre"... (internaute D70). On vous aura prévenus.
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PS : la pyramide des âges étant ce qu’elle est, une autre figure foutraque vient de nous quitter, Sly Stone, autre drogué d’anthologie mais qui, lui au moins, ne s'en cachait pas. Pour mémoire, quoi de mieux que sa fantastique prestation à Woodstock, en 1969, devant des centaines de milliers de hippies manifestement diminués. Mais qui fait tout de même du bien par là où ça passe !
[https://www.youtube.com/watch?v=tQ0PSpHFV_s] "Sly The Family Stone Higher And Higher live"
Doc. On utilise le terme foutraque (mot-valise composé de "fou" et de "patraque") pour signifier l'excentricité d'une personne, son caractère ou son attitude exacerbée, de façon argotique, souvent amusée ou choquée. En général, l'individu foutraque montre une part de "folie douce".
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