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Au-delà de la légende de la femme aux amours tumultueuses, de la star de son temps, Colette, dont on fête le 150e anniversaire de la naissance [en 2023, née le 28 janvier 1873], est d’abord un écrivain de premier ordre.

Un tirage spécial de la Pléiade nous le rappelle.

Lire Colette, ou le panthéisme joyeux (Causeur 12/03/2023)

Colette, 1902 © Bridgeman portrait couleur

Colette, 1902 © Bridgeman

[...] Fond, ombre, mouvement, éclat, couleur, tout est là : un bouleversant retour d’une enfance bourguignonne, dans les années 1880. Répétons-le, Colette a eu beau vouloir être, selon ses propres mots, "apolitique", il n’y a pas plus révolutionnaire comme projet que de rendre à nouveau visible, par la magie du verbe, la figure du monde à ceux qui l’habitent mais qui l’ont perdue en route.

Outre Sido, Antoine Compagnon, maître d’œuvre de cette édition, a choisi dix titres. Dans sa remarquable préface, il est bien conscient que ce choix, effectué parmi les quatre volumes de l’édition des Œuvres complètes, a été difficile : "On aurait aimé en retenir beaucoup plus, en particulier parmi ses articles, car Colette inventa un nouveau style de journalisme, Dans la foule, comme elle intitula l’un de ses recueils en 1918, pour dire le reportage vu du bas, du point de vue des spectateurs et non des acteurs dans les salons ministériels où elle s’ennuyait." [...]

Colette au Moulin Rouge, pantomime ''Rêve d’Égypte'' janvier 1907 © Archives Charmet-Bridgeman

Colette au Moulin Rouge, dans la pantomime “Rêve d’Égypte”, janvier 1907
© Archives Charmet/Bridgeman - Voir Colette : romancière, actrice, mime – et journaliste (Retronews)

De ses débuts en tant que berrichonne fraîchement arrivée à Paris jusqu’à son statut de légende vivante au sortir de la Seconde Guerre mondiale, avec ou sans Willy, "Sido" a traversé le premier XXe siècle littéraire au rythme de ses articles, romans et publications – et parfois, des polémiques suscitées.

Sidonie-Gabrielle Colette, dite "Colette" (1873-1954), apparaît aujourd’hui comme l’une des plus célèbres écrivaines françaises. Publiée dans la Pléiade, objet de nouvelles biographies, sa naissance, le 28 janvier 1873, sera commémorée cette année. En revanche, son premier mari, Henry Gauthier-Villars, dit "Willy" (1859-1931), ne bénéficie pas d’une postérité comparable... [...]

Colette naît dans la commune bourguignonne de Saint-Sauveur-en-Puisaye au début de la IIIe République. Elle vit une enfance anonyme, dont on trouve peu de traces dans la presse. C’est seulement quand elle rencontre celui qui deviendra son futur époux, Willy, qu’elle commence à figurer dans les journaux. Il faut dire que celui-ci est déjà un écrivain prisé à Paris, aussi bien dans les milieux mondains que dans les revues littéraires. On y dépeint un homme follement intelligent, un "sympathique éditeur", un critique musical de talent et un auteur prolifique (La Revue des revues). Ses romans sont à la fois "saisissants et ingénieux", et pour compléter ce portrait,  c’est aussi un séducteur avéré…

Leur rencontre a lieu en 1889 alors que Colette est encore une adolescente. Le hasard les réunit à Châtillon-Coligny dans le Loiret, dans une ville où vient de s’installer la famille de Colette (1891). Willy est venu  mettre son fils en nourrice. Après leur mariage en 1893, la presse voit très vite dans ce duo, un homme de lettres ayant sorti une jeune "sauvageonne" d’"un village perdu", où elle connaît "chaque brin d’herbe, chaque caillou", pour l’amener dans le tout-Paris littéraire.

Ce milieu artistique et mondain semble en effet bien différent de l’enfance rurale de la jeune Colette. Les mœurs y sont plus libres, les usages différents et le mariage y "perd chaque jour de son prestige", d’après La France de Bordeaux et du Sud-Ouest. Pour ce quotidien régional, le milieu des arts et de la littérature serait sans cesse "poussé vers la débauche". Selon L’École et la vie, un mensuel professionnel s’adressant au personnel de l’éducation nationale, Willy aurait permis à Colette de "sortir de son cocon" en la faisant « vivre parmi les gens de lettres, ses amis », et en lui permettant de voir "le spectacle changeant des êtres et des paysages", "elle qui n’avait jamais voyagé sauf dans sa prime enfance, à Bruxelles et trois fois à Paris". Il est aussi celui qui lui a "donné le goût d’écrire".

Autrement dit, la vision d’une Colette devant son début de carrière au génie de son mentor, Willy, se répand assez largement dans les journaux en cette fin de XIXe siècle.

[...]

Lire la suite Colette, le parcours d’une légende littéraire (Retronews 28/01/2023)
[archive sans "animations"]

07 avril 1908. Le quotidien L’Aurore ouvre un débat sur le nu au théâtre. La veille, une lettre a été adressée au Procureur de la République concernant les représentations données dans les cafés-concert de la capitale. À en croire le journal "il n'est presque pas de café-concert qui n'ait offert cet hiver sa femme nue".

Lire 1908 : Colette proteste contre l'interdiction du nu dans les music-hall (Retronews 27/01/2023) [archive sans "animations"]

Colette Willy par le photographe Reutlinger, circa 1910 - source Gallica-BnF

Colette Willy par le photographe Reutlinger, circa 1910 - source : Gallica-BnF

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Documentation

Voir Vrilles de la vigne - Colette

"Une femme qui se croit intelligente veut l'égalité avec les hommes. Une femme intelligente y renonce." Colette (vu dans 2018-19 Femmes, féminisme et... vocabulaire)

Colette à toutes les sauces (Causeur 02/04/2023) [archive

"Pour un Herbier" mêlant la plume de Colette aux pinceaux de Raoul Dufy (Gallica)

Pour un herbier paraît d’abord en 1948, à l’initiative de l’éditeur Mermod. Le dernier mari de Colette, Maurice Goudeket, rapporte dans Près de Colette (1956) les circonstances dans lesquelles l’œuvre voit le jour : "Je vous enverrai, dit-il, une ou deux fois par semaine, des fleurs pendant un an ou davantage. Lorsque cela vous chantera, vous tracerez le portrait d’une de ces fleurs. Et puis nous ferons un petit volume".

Dans cet ouvrage de près de vingt-cinq tableaux, les fleurs ne sont jamais traitées comme des objets à représenter, mais plutôt comme l’occasion de se souvenir ou le point de départ d’une longue divagation. L’approche scientifique n’est pas le sujet de ces pages. Aucune tentative de classification botanique dans cette œuvre où dominent les sens et l’expérience vécue, et où les noms courants sont préférés aux terminologies scientifiques.

''Pour un Herbier'' une aquarelle de Raoul Dufy.JPEG
Une aquarelle de Raoul Dufy dans ''Pour un herbier''

Une édition de luxe parait en 1951 chez Mermod. Son illustration est alors confiée à Raoul Dufy (1877-1953), peintre français qui s’est rendu maître des techniques les plus variées, de l’huile à l’aquarelle et au dessin, en passant par la gravure et la céramique. Son style est marqué par une indépendance de la couleur par rapport au dessin et par une simplification des formes. Les liens étroits qu’il entretient avec la Provence le rapprochent de Colette. La virtuosité de la poétesse et de l’aquarelliste se rencontrent dans une œuvre singulière.

Pour un herbier | BnF Essentiels

 

 

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