Évolution du cheval
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Le Cheval (genre Equus) appartient, avec les Ânes (Asinus), les Zèbres (Hippotigris) et les Hémiones (Hemionus) [ou Onagres] à la famille des Équidés. Ce sont des animaux coureurs dont les segments des pattes sont très allongés, la main et le pied ne possédant plus qu'un seul doigt. Ils broutent de l'herbe qui est broyée par des molaires à croissance continue à couronne haute et dont la surface est couverte de crêtes d'émail.
L'histoire de la famille débute, en Amérique du Nord, il y a 53 millions d'années par Hyracotherium*, un petit animal de la taille d'un renard. Il vivait dans les fourrés des forêts et ses dents basses couvertes de tubercules montrent qu'il se nourrissait de feuilles. Ses pattes avant possèdent 4 doigts qui reposent sur le sol et ses pattes arrières comptent 3 doigts. C'est un ancêtre bien modeste dont les descendants, au terme d'une longue marche de 50 millions d'années, donneront un animal très différent : le cheval.
* Voir Eohippus et Hyracotherium pour une clarification dans Cheval du Yukon
Lire aussi Eohippus [archive] manimalworld.net
Petits chevaux de l'Éocène (longue période de 20 millions d'années)
† Minippus - † Sifrhippus [en -> fr] syn. † Arenahippus (RUVIKI [archive])
3. Note de TalkOrigins Archive : l'espèce particulière qui a probablement donné naissance au reste des équidés, H. vasacciense [syn. Eohippus validus, Orohippus angustidens, Eohippus angustidens, Hyrachyus singularis, Orotherium cristonense] pourrait être renommée en Protorohippus...
L'évolution n'est pas graduelle et procède par une succession de bonds en avant (perte de doigts, modification des dents) qui permettent l'occupation d'espaces nouveaux et sont suivis d'une spéciation intense (radiation adaptative) donnant un aspect en buisson à l'arbre généalogique. Chaque branche affine alors lentement la nouveauté ou en ajoute de nouvelles. Mais le nouveau et l'ancien subsistent comme le montrent les Équidés à 3 doigts et brouteurs de feuilles coexistant avec les Équidés à 3 doigts et brouteurs d'herbe la fin du Miocène ou les Équidés brouteurs d'herbe à 3 doigts vivant avec les Équidés brouteurs d'herbe à 1 doigt de la fin du Miocène. Ce que l'on explique mal ce sont les disparitions.
L'évolution du cheval [archive] Évolution biologique
Mesohippus
Considéré comme une forme transitionnelle majeure dans l'évolution du cheval
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Mesohippus, peinture de Heinrich Harder (1858-1935) probablement 1920
Mesohippus est un genre éteint d'équidés primitifs ayant vécu en Amérique du Nord durant l'Éocène1 moyen et l'Oligocène2 inférieur, il y a environ 40 ou 30 millions d'années. Il succède aux ancêtres de type Eohippus3. De la taille d'un lévrier, Mesohippus mesurait environ 60 cm au garrot. Il se distingue par la réduction de ses doigts à trois unités fonctionnelles sur chaque membre, contrairement à ses prédécesseurs tétradactyles.
Sa denture, plus molarisée, témoigne d'une adaptation progressive à un régime mixte de feuilles et de végétation plus abrasive, reflétant les changements climatiques et environnementaux de son époque vers des habitats plus ouverts.
Notes
3. Voir dans Cheval du Yukon † Equus lambei
Mesohippus [archive] manimalworld.net
Hipparion
Le premier des périssodactyles à se rapprocher nettement des chevaux
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Hipparion, peinture de Heinrich Harder (1858-1935) probablement 1920
Les genres à trois doigts comme Hipparion, sont tous placés par Cope (1840-1897) dans la famille des Palaeotheridés, mais comme les deux doigts accessoires étaient déjà sans usage fonctionnel chez les hipparions qui diffèrent d'ailleurs si peu des chevaux par leurs dents et même par leurs pieds (on y trouve tous les intermédiaires), d'autres, après Cope, ont pensé admettre ce genre dans la famille des Equidae, dont il partageait certainement le mode de vie.
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Neohipparion : pied de la patte avant avec 3 doigts, échelle en cm
Quoi qu'il en soit, l'évolution du type des Équidés paraît s'être opérée parallèlement sur les deux continents, de manière à aboutir presque simultanément au genre Equus, sans qu'il y ait eu d'échanges bien marqués entre les faunes de ces deux parties du monde, au moins jusqu'à la fin du Pliocène. Ce résultat final, notent les contemporains de Cope, n'a rien qui doive étonner, si l'on remarque que les mêmes types ont existé à la fois en Europe et en Amérique, aux époques géologiques correspondantes, et sont représentés par des genres presque toujours identiques, malgré les noms différents qu'on leur a donnés.
Le déclin des hipparions et des genres similaires se produisit au cours du Pliocène, lorsque les chevaux monodactyles plus développés, comme Dinohippus* et Equus, firent leur apparition et supplantèrent les chevaux tridactyles.
* Toutefois, si on a cru à l'origine que Dinohippus était un cheval monodactyle (avec un seul doigt), un fossile trouvé dans le Nebraska en 1981 montre que certains représentants étaient tridactyles (avec trois doigts). Mais il a vraisemblablement donné naissance au genre Equus. Il possédait d'un système caractéristique formé par les os et les tendons pour l'aider à se tenir debout pendant de longues périodes sans dépenser son énergie. Dinohippus est ainsi le premier cheval à présenter une forme, encore rudimentaire, de ce caractère, une preuve supplémentaire des rapports étroits entre Dinohippus et Equus. De plus, comme Equus, Dinohippus n'avait pas un chanfrein concave (en creux). (Cf. [en] Dinohippus sur FloridaMuseum)
La paléontologie des Équidés [archive] Cosmovisions
Cheval Hagerman
L'ancêtre américain zébré du cheval moderne
Idaho Museum of Natural History
Equus simplicidens, également connu sous le nom de cheval Hagerman ou de zèbre américain, est une espèce éteinte d'équidés originaire d'Amérique du Nord au cours du Pliocène et du Pléistocène précoce. C'est l'un des membres les plus anciens et les plus primitifs du genre Equus. Comme de nombreux autres grands mammifères d'Amérique du Nord, tels que le mammouth, les chevaux ont fini par disparaître de ce continent il y a plus de 10 000 ans.
Les fossiles de Hagerman représentent certains des plus anciens restes largement acceptés du genre Equus. Les plus anciens restes de Equus simplicidens datent du Pliocène, il y a environ 4,1 à 3,2 millions d'années. On pense qu'il est l'ancêtre des équidés "sténoninés"1 eurasiens, tels que Equus stenonis (voir ci-dessous) apparus en Eurasie au début du Pléistocène, il y a environ 2,6 millions d'années, et qui seraient les ancêtres des zèbres et des ânes actuels. Les plus récents fossiles de E. simplicidens datent de l'Irvingtonien2.
Le cheval de Hagerman a reçu le nom scientifique de Plesippus shoshonensis en 1930 par le paléontologue James W. Gidley qui a dirigé les fouilles initiales à Hagerman la même année. Cependant, des études complémentaires ont établi que les fossiles ressemblaient fortement à ceux d'un cheval primitif du Texas nommé Equus simplicidens par le paléontologue Cope en 1892. Du fait de cette similitude, les deux formes ont été interprétées comme appartenant à la même espèce, et le nom Equus simplicidens, plus ancien, a été conservé conformément au principe de priorité taxonomique.
Notes
1. Stenonis est la forme latinisée du nom de l'anatomiste et géologue danois Nicolas Sténon (1638-1686), en latin Nicolaus Stenonis, ou désigne, en paléontologie, l'épithète spécifique d'espèces animales éteintes, en hommage ou par référence directe, à l'instar de Equus stenonis ("le cheval de Sténon")
2. L'Irvingtonien est un étage stratigraphique d'Amérique du Nord selon la chronologie de North American land mammal age (NALMA) [en]
D'après Wikipédia
Documentation Le cheval de Hagerman (Equus simplicidens)
[archive] Service des parcs nationaux des États-Unis
Le cheval zébré d'Europe et d'Afrique du Nord
https://www.deviantart.com/dibgd/art/Allohippus-stenonis-307130009
Equus stenonis, ou Allohippus, est un genre éteint de cheval-zèbre qui a vécu de la fin du Pliocène au début du Pléistocène en Amérique du Nord mais après avoir émigré* d'Europe et d'Afrique du Nord. Ce cheval, de grande taille, mesurait entre 145 et 155 cm au garrot.
* Pour expliquer la migration de Allohippus vers l'Amérique
[es] Prehistoria Fandom
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Illustration retraçant l'histoire évolutive des zèbres modernes (Equus grevyi) en passant par Equus simplicidens d'Amérique du Nord et Equus stenonis d'Europe.
[en] Cambridge Core Blog
Représentation des Chevaux au Paléolithique supérieur
Des découvertes ont appelé l'attention sur la question de la robe primitive du cheval. Burmeister (1807-1892), zoologiste argentin d'origine prussienne, avait déjà avancé, en se fondant sur l'étude des types vivants, que la robe de toutes les espèces du Tertiaire et du Pléistocène1 (cette dernière époque correspondant, en termes de paléontologie humaine à une grande partie du Paléolithique) devait être rayée comme celle des zèbres africains. Plus tard, l'archéologue français Piette (1827-1906) a trouvé, dans les cavernes du sud de la France, des gravures sur os ou sur ivoire, œuvres datant du Paléolithique, et qui prouvent que les chevaux zébrés étaient connus, à cette époque, des habitants de l'Europe méridionale.
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Chevaux gravés sur os (Paléolithique) dont un Équidé à raies très nombreuses, formées de mouchetures alignées (Equus maculatus de Piette, à gauche) : la queue, si l'artiste primitif l'a représentée exactement, présente aussi une forme très remarquable : elle est grêle, aussi longue que celle de l’Âne d'Abyssinie (E. taeniopus) et le bouquet terminal est nul ou très grêle.
Faut-il voir dans cette figure la représentation d'une espèce perdue (peut-être Equus quaggoïdes2 du paléontologue suisse Forsyth Major ?) ou bien, comme Piette paraissait disposé à l'admettre, n'est-il pas plus naturel de supposer que les chevaux du Pléistocène conservaient encore des traces des zébrures qu'avaient portés leurs ancêtres des époques antérieures, traces que nous comparons à celles du pelage des hybrides actuels d’âne et de zèbre ou d'hémione et de zèbre, qui ont absolument la même apparence ? Dans ce cas, les pommelures des chevaux domestiques de l'époque actuelle seraient le dernier reste des rayures primitives, qui chez beaucoup de chevaux gris-pommelé ou gris de fer affectent encore l'apparence d'un réseau, plutôt que celle de véritables pommelures circulaires.
Voir aussi le gène Dun dans Cheval du Yukon † Equus lambei
À côté de ces figures de chevaux zébrés, on en a découvert d'autres qui représentent nettement l'hémione et d'autres encore qui rappellent Equus przewalskii par la grosseur de la tête et de l'encolure, et surtout par la forme de la queue qui n'a qu'un bouquet terminal3.
Notes
3. Voir aussi Equus francisci dans Cheval du Yukon † Equus lambei
Voir Zébrures et rayures, quelles histoires !
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Sources principales
- Genres formant la famille des Equidae (manimalworld.net)
- L'évolution du cheval [archive] Évolution biologique
- La paléontologie des Équidés [archive] Cosmovisions
À lire
- Cheval du Paléolithique [archive] Hominidés.com
- Équidés [archive] Baidu Encyclopédie
- Évolution du cheval [archive] TalkOrigins Archive
Rechercher
- Equidae fossile ("Catégorie" de Wikipédia)
- Équidés (Les Taxinomes) choix d'articles
Voir
Divers
- Chanfrein et barde d’encolure [archive] Musée royal de l'Armée de Bruxelles
- Cheval de Prjevalski, quelques éléments (Évolution biologique)
- "Chrononyme" dans Orthographe & Vocabulaire
Extrait de listes de OpenEdition - choix d'articles
- Les origines de la Préhistoire (2012)
- Archéozoologies (2017)
- Liste PRÉHISTORIQUE
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Annexes
Voici l'arbre buissonnant
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... notez l'échelle de temps un peu étrange [datations/durées approximatives et comprimées] pour éviter qu'il ne soit trop long. Tous les noms sur l'arbre sont des noms de genre, rappelez-vous que chaque genre englobe un groupe d'espèces étroitement apparentées.
d'après TalkOrigins Archive |
Holocène Pléistocène 2Ma Old & New World Equus (hémione, zèbre, âne, cheval...) \ | / \ | / 4Ma Hippidion Equus Stylohipparion | | Neohipparion Hipparion Cormohipparion | | Astrohippus | | | Pliocène | | Pliohippus --------------------------- 12Ma Dinohippus Calippus \ | / | | Pseudhipparion \ | / | | | | Miocène ------------------------------------------- Sinohippus 15Ma \ | / | \ | / Megahippus | 17Ma Merychippus | | | Anchitherium Hypohippus | | | 23Ma Parahippus Anchitherium Archeohippus | | | Oligocène (Kalobatippus ?)---------------------------------------- 25Ma \ | / \ | / | 35Ma | Miohippus Mesohippus | | 40Ma Mesohippus | | | 45Ma Paleotherium | | Epihippus | | Propalaeotherium | Haplohippus | | | 50Ma Pachynolophus | Orohippus | | | | | | Éocène ------------------------------ \ | / \ | / 55Ma Hyracotherium (Eohippus)
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Légende
4 doigts - 3 doigts - 1 doigt - brouteur de feuilles - brouteur d'herbe
Sans couleur et/ou surlignage : non renseigné
Voir aussi Phylogénie du genre Equus dans Documentation : des zébrures du zèbre
Des extraits de La distribution géographique des animaux [PDF] (Librairie Octave Doin, Gaston Doin éditeur 1922) de Édouard Trouessart (1842-1927) zoologiste français
Quant aux Chevaux, dont la phylogénie est depuis longtemps classique, les paléontologistes américains ont montré que plus de quarante espèces de cette famille (tridactyles ou monodactyles), avaient vécu dans l'Amérique du Nord ou dans celle du Sud, au cours du Miocène et du Pliocène. La disparition complète de ce type pendant le Quaternaire semble au premier abord inexplicable. [...]
L'ancien continent a probablement été aussi riche, à la même époque, en représentants de cette famille, et c'est, vraisemblablement, par suite de la conservation plus parfaite des fossiles dans les couches des États-Unis que le chiffre précédent s'y montre supérieur à celui que l'on relève en Europe et en Asie. Mais ici, les conditions géologiques, dans les temps modernes, ont été plus favorables à la survivance des Solipèdes1. Ce type est manifestement originaire du Nord, et ce n'est qu'assez tard qu'il a pénétré dans l'Amérique du Sud. Mais il est intéressant de noter qu'il y avait été précédé dans l’Éocène de Patagonie, par une forme de petite taille de la famille éteinte des Protheroteridœ2, dont le pied est aussi franchement monodactyle que celui du cheval moderne (Thoatherium minusculum), mais qui ne présente, par ailleurs, aucune parenté réelle avec les Équidés. Ce n'en est pas moins la preuve d'une évolution parallèle, très intéressante à constater. (p.54) [...]
Les Ongulés [...] ont perdu toutes les grandes espèces qui y vivaient encore au début de la Période Glaciaire. Le Cheval, représenté à l'état sauvage sur un seul point, le désert de la Dzoungarie3 (Equus przewalskii) est le plus grand Périssodactyle que l'on y trouve à l'époque actuelle. D'autres espèces du même genre, désignées sous le nom d'Hémiones (E. hemionus, E. onager, E. hemippus), habitent les déserts de l'Asie Centrale, depuis la Syrie jusqu'à la Mongolie. (p.232)
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Notes
1. En zoologie (vieilli), un solipède est un animal mammifère qui a un seul doigt doté d'un sabot à chaque pied, comme le cheval, l'âne, le mulet ou le zèbre. La famille des Solipèdes. Le mot vient de la contraction et francisation du latin solidipes "au pied (latin pes) massif (latin solidus)", devenu "solipède" par fausse étymologie du latin solus "seul, unique" et —pède.
2. Les Proterotheriidae sont une famille éteinte d'ongulés litopternes ayant vécu de l'Éocène au Pléistocène supérieur en Amérique du Sud.
3. Le désert de la Dzoungarie se trouve en Asie centrale, au nord-ouest de la Chine dans la région du Xinjiang. Il occupe le centre du bassin géologique de Dzoungarie, bloqué entre les montagnes du Tian Shan ("monts célestes" en mandarin) et de l'Altaï.
Voici une phylogénie des grands clades de périssodactyles.
On voit bien que le fameux "cheval-gorille" (chalicothère)* est plus proche des tapirs et des rhinos. Les paléothères, qui ressemblent aux tapirs, sont proches des chevaux.
On voit aussi que le morphotype le plus abondant dans le groupe n'existe plus à l'heure actuelle, alors qu'il est présent dans plusieurs familles et persiste au cours des temps géologiques.
Les périssodactyles étaient plus abondants par le passé. Ils se sont fait remplacer au cours du temps par les ruminants.
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* Chalicotherium est un genre d'ongulé... (30/12/2024) Foss'il vous plaît | Facebook