• Cavaliers et Saints de Glace

    Dernière publication le 12 mai 2016 

    Il règne comme un air de renouveau...

    Cavaliers et Saints de Glace

    La douceur des après-midis est d'autant plus agréable qu'elle fait suite aux matinées encore bien frisquettes et, depuis quelques semaines, on sent la Nature se réveiller.
    Les arbres et arbustes fleurissent à qui mieux mieux et l'air sent bon leur parfum léger. Les pelouses arborent coquettement leurs bijoux de fleurettes bleues, blanches, jaunes...
    Tout-à-l'heure, j'ai entendu des grenouilles coasser joyeusement. Les oiseaux se mettent parfois à chanter la nuit, au clair de Lune. Et puis, depuis quelques jours, les premières hirondelles...
    Bref, ça bouge !
     

    Seulement voilà. Comme chaque année, des visiteurs sont déjà venus et d'autres vont venir, qui ne sont pas toujours les bienvenus...
    Mais apprenons à les connaître -et à les aimer ?- puisqu'ils sont incontournables !

     

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    Attention ! dès le 23 avril...

    Les "Cavaliers" sont là !

    Moins connus que les Saints de Glace, les "Cavaliers", qui s'invitent les premiers, n'en tiennent pas moins une place importante dans la Tradition populaire, ne serait-ce par la présence des grands saint Georges et saint Marc, l'Apôtre, les deux premiers de la bande.

    Dans les régions méridionales, les dernières gelées printanières ont lieu en avril, d'où les dictons de saints météorologiques appelés déjà par Rabelais « saints gresleurs, geleurs et gasteurs de bourgeons »

    Les régions du sud craignant un froid précoce, on célèbre, en région Midi-Pyrénées, les saint Georges (23 avril), saint Marc (25 avril) et saint Aphrodite (28 avril) -ou "Aphrodise"- afin de compléter les demandes de protection pour les plantations.

     À la saint Georges sème ton orge, à la saint Marc c'est trop tard

     Saint Georges et saint Marc
     sont réputés saints grêleurs ou saints vendangeurs

    À Béziers, on craint saint Georges, saint Marc, saint Aphrodite. Ces fêtes passaient pour être accompagnées de gelées tardives.

    Dans les Landes, Marc -25 avril-, Vital -28 avril- et saint Philippe ou fête de la sainte Croix -3 mai- sont appelés les trois marchands de vin car ils correspondent à une période critique pour la vigne.

    Cavaliers et Saints de Glace 

    saint Georges et le dragon
    Anton Dominik Fernkorn, Zagreb (Croatie)

     

    Georges de Lydda (vers 275-280 à Lydda, aujourd'hui Lod en Palestine * - 23 avril 303), saint Georges pour les chrétiens, est un martyr du IVe siècle. Son nom vient de Georgos (qui cultive la terre, en grec). Saint patron de la chevalerie de toute la chrétienté (ordre du Temple, ordre Teutonique, ordre de la Jarretière, ordre de Saint-Michel et Saint-Georges...), il est principalement représenté en chevalier qui terrasse un dragon : allégorie de la victoire de la foi chrétienne sur le démon (du bien sur le mal).
    Il est honoré le 23 avril, le 3 novembre (translation des reliques et dédicace de l'église de Lydda au IVe siècle) et le 23 novembre en Géorgie.

    * Le nom Palestine perdure, même s'il a pris un sens politique et a perdu une partie de sa neutralité, spécialement après la création de l'État d'Israël  en 1948. Notamment, certains Israéliens et/ou Juifs perçoivent dans l'utilisation du terme Palestine un déni de l'existence effective de l'État d'Israël sur une partie de ce territoire, ou de sa légitimité sur cette même terre.

    Cavaliers et Saints de Glace

    saint Marc

     

    Dans le Gard, on invoque, au sujet des gelées tardives, les "Cavaliers" :
    saint Georges, saint Marc, saint Eutrope -30 avril-,
    saint Croix (ou Philippe) -3 mai-
    et saint Jean Porte Latine -6 mai
    .

    Leur nom, en langue d'Oc sont :
    Jourget ou Jorget, Marquet, Troupet ou Tropet, Crouzet ou Croset (Philippet) et Janet ou Joanet.

     Marquet, Georget et Philippet
     sont trois casseurs de gobelets

    = la grêle ces jours–là est néfaste pour la vigne, donc aux gobelets de vin

    Quatre de ces "Cavaliers" sont souvent confondus avec les saints de glace :

     Jorget, Marquet, Croset e Tropet
     son de maissants garçonets

    Cavaliers et Saints de Glace

     

    Un personnage énigmatique

    On sait très peu de choses de saint Eutrope ; même la date de son épiscopat est incertaine.

    Sa vie fut confiée à la tradition orale et l'imagination des conteurs en fit peu à peu une véritable légende.

    Seuls deux Pères de l'Église en font mention : Venance Fortunat qui en parle indirectement et Grégoire de Tours (538-594), qui cite son nom dans une liste d'évêques arrivés en Gaule sous l'empereur Dèce (249-251) et surtout dans l'ouvrage In gloriam martyrum (chap. LVI), écrit vers 590, où Eutrope apparaît comme un martyr. 

     

    Vitrail représentant saint Eutrope et sainte Eustelle, possible œuvre de Jean Besseyrias (peintre verrier français du XIXe siècle qui s'est établi successivement à Rodez -Aveyron-, Périgueux -Dordogne- puis Ambert -Puy-de-Dôme en Auvergne) dans l'église des Mathes en Charente-Maritime.

    La période des saints Cavaliers va généralement du 23 avril au 06 mai alors que la lune rousse va généralement du 05 avril au 06 mai.

    Les Saints de Glace Cavaliers et Saints de Glace

    Saints Mamert, Pancrace et Servais sont toujours des saints de glace

    Les saints de glace, appelés communément saintes glaces -par confusion phonétique- sont une période climatologique située, selon des croyances populaires européennes du Haut Moyen-âge, autour de saint Mamert, saint Pancrace et saint Servais, traditionnellement fêtés les 11, 12 et 13 mai de chaque année.

    Saint Servais, saint Pancrace et saint Mamert font à trois un petit hiver

    D'après les croyances populaires d'Europe, au nord de la mer Méditerranée, ces saints sont ainsi invoqués par les agriculteurs et mis à contribution pour éviter l'effet d'une baisse de la température sur les plantations qui pouvait être observée à ce moment-là et amener une période de gel -phénomène de la Lune rousse.
    On accorde généralement des zones de gelées (région Alsace) jusqu'au 25 mai (voir plus bas)

     

    Cavaliers et Saints de Glace

    extrait du calendrier de 1958

     

    La plupart des calendriers mentionnent actuellement d'autres saints à souhaiter ces jours-là : Estelle, Achille et Rolande.
    Le changement date de 1960, lorsque l'Église catholique romaine a décidé de remplacer les saints associés aux inquiétudes jardinières (réminiscence du paganisme * pour le Vatican) par d'autres saints et saintes qui n'auraient aucun lien avec ces croyances populaires.

    * Je ne vois ce que vient faire le paganisme ici. C'est peut-être bien de croire en Dieu, mais, même si la superstition est bien réelle et répandue (y compris chez les croyants) il ne faudrait pas pousser le bouchon trop loin ! Dans ce contexte "agricole", il s'agit de donner des avis sur les travaux des champs et les récoltes (avec, il est vrai, des rituels, dont le but est avant tout de rassurer) afin de nourrir et de soigner les hommes. La sagesse populaire, après de longues observations des saisons et des intempéries, a tiré des conclusions utiles à des générations d'agriculteurs et d'éleveurs, et ce, grâce à des dictons faciles à retenir pour ces populations qui ne sortaient pas forcément des grandes écoles...

    Il ne faut pas oublier que les dates, avant la réforme de 1582 (calendrier grégorien, le nôtre actuellement), étaient données par le calendrier julien, qui méconnaît les caractéristiques orbitales précises de la Terre. Ainsi, la fête d'un saint correspond, en 1582, à une date de 10 jours inférieure à celle de la réforme de 1582 (où le 5 octobre est devenu, le même jour, le 15 *). Il y avait donc à cette époque 10 jours en trop dans l'ancien calendrier.

    * Voir : Big Bug, un an déjà, l'histoire du calendrier...

    La réforme consiste à enlever 3 jours tous les 4 siècles, soit supprimer une année bissextile en 1700, 1800, 1900, mais pas en 1600 ni en 2000, années "séculaires" correspondant à un nombre de siècles divisibles par 4, et de nouveau en 2100, 2200, etc.

    Or, la légende des saints de glace remontant probablement au début du deuxième millénaire, voire à la fin du premier, il faut retrancher quelques jours pour que les 11, 12 et 13 mai soient comptés comme aux environs de l'an 1000 (les 11, 12 et 13 mai du calendrier julien correspondent aujourd'hui aux 24, 25 et 26 mai de notre calendrier grégorien). De plus, cette minivague de froid annuelle semble se produire un mois à l'avance par rapport au milieu du XIXe siècle et certaines régions du globe ne la connaissent pas.

    Cavaliers et Saints de Glace

    Le dicton des saints de glace expliqué par un phénomène astronomique coïncidant ?

    Aux environs des 12 ou 13 mai de chaque année, l'orbite de la Terre est amenée à traverser un disque de poussières extrêmement diffus -sorte de constellation gazeuse- dans le système solaire, formé aussi bien par des particules piégées que par des résidus provenant de la formation des planètes à l'aube de leur existence.
    Pendant quelques heures, la poussière fait légèrement obstacle aux rayonnements solaires. La diminution de leur intensité est inobservable sans instruments de mesure extrêmement sensibles, mais suffisante pour influencer les délicats mécanismes de la météorologie de notre globe.
    La Terre traverse à nouveau ce disque de poussières 6 mois plus tard, le 11 novembre, avec l'effet inverse (diffusion du rayonnement solaire sur la Terre en plus du rayonnement direct) qui amène l’été de la Saint Denis (9 octobre) ou été de la Saint Martin (11 novembre), appelé aussi l'été indien sur le continent américain.
    Le mois de mai correspond, dans les latitudes moyennes de l'hémisphère nord, à la fin de la rapide circulation de systèmes météorologiques d'hiver. Le passage de fronts froids, amenant de l'air du Nord, se produit donc encore de temps à autre. Quand le ciel se dégage ensuite sous un anticyclone, la perte de chaleur est encore importante, surtout la nuit. Il est donc normal d'avoir encore des périodes froides à cette époque, même si la tendance des températures est à la hausse. D'ailleurs, les archives de Météo-France sur soixante-dix ans (1939-2009) montrent que le gel aux saints de glace ne s'est déroulé que quatre fois.
    Il n'y a donc pas besoin d'expliquer la coïncidence d'une période de temps frais avec le passage à travers une zone de poussières cosmiques (phénomène astronomique mondial) ou l'action de saints (très locaux).

    Ainsi, croyance populaire infondée, les saints de glace restent tout de même utiles pour les jardiniers et agriculteurs : ces dates aléatoires à cause des variations locales, du changement de calendrier ou du réchauffement climatique, restent en effet un marqueur dans le monde paysan notamment pour se rappeler quand la période climatologique de gel se termine, pour l'Europe, au nord de la Méditerranée.

     Gare qu'il ne gèle, à la sainte Estelle [= saint Mamert]

     Attention, le premier des saints de glace, souvent tu en gardes la trace

    Cavaliers et Saints de Glace  

    Saint Mamert, fêté le 11 mai

    Archevêque de Vienne, décédé en 474 ou 475, il introduisit en Gaule la procession des Rogations, qui signifient prières de demande liturgique *, pour un climat favorable, une protection, et pouvant être accompagnées d'une bénédiction de la terre, des champs et des instruments de travail.

    Il ordonna trois jours, précédant l'Ascension, de ces prières contre les calamités.

    Mamert de Vienne, gravure extraite de Little Pictorial Lives of the Saints, Benzinger Brothers (1878)

    * Liturgique : relatif à la liturgie (n. f.), culte public, ordre des cérémonies institué par une Église.
    Cavaliers et Saints de Glace  

    Saint Pancrace, fêté le 12 mai

    Neveu de saint Denis, martyr décédé à l'âge de 14 ans (né en 290), à Rome, durant la persécution de Dioclétien *.

    Vénéré en France, il deviendra le patron des enfants.

     

    Saint Pancrace, par Guercino, vers 1616

    * Dioclétien, de son nom complet Caius Aurelius Valerius Diocletianus Augustus (né vers le 22 décembre 244 en Dalmatie - mort le 3 décembre 311), est un empereur romain qui régna du 20 novembre 284 au1er mai 305.
    Toutes les réformes de Dioclétien ne furent pas des succès, mais, en dépit de ces échecs, elles ont fondamentalement changé la structure du gouvernement impérial romain et contribuent à stabiliser l'Empire économiquement et militairement, ce qui permet à l'Empire de perdurer encore un siècle, alors qu'il était au bord de l'effondrement durant la jeunesse de Dioclétien. Affaibli par la maladie, Dioclétien quitte le pouvoir, le 1er mai 305, et est ainsi le seul empereur romain à abdiquer volontairement. Il se retire dans son palais sur la côte dalmate. Son palais deviendra le cœur de la ville moderne de Split. (Wikipédia)

     Avant saint Servais : point d'été, après saint Servais : plus de gelée

     Quand il pleut à la saint Servais, pour le blé, signe mauvais

    Cavaliers et Saints de Glace  

    Saint Servais, fêté le 13 mai

    Évêque de Tongres en Belgique (né vers 300, décédé en 384), il aurait subi le martyre à Milan avec son frère Portaux.

    Il combattit les Ariens. À l'approche des Huns, il se rendit à Rome pour implorer le secours des papes Jean VIII et Martin 1er.

    Il fut le premier à disparaître du calendrier, remplacé en 1811 par saint Onésime et aujourd'hui par sainte Rolande (voir plus haut)

    Saint Gervais (19 juin, voir plus bas) est souvent cité en lieu et place de saint Servais.

    Saint Servais, statue à Maastricht

    Et les autres...

     

    saints de glace : procession

     

    Cavaliers et Saints de Glace

     Le bon saint Boniface, entre en brisant la glace

     

    D'autres saints de glace sont signalés dans diverses régions, notamment les régions plus septentrionales (en Lorraine et Alsace, les gelées plus tardives peuvent aller jusqu'au 25 mai).

    Aux trois premiers, certains ajoutent saint Boniface (14 mai). 
    Dans une région plus méridionale comme la Ligurie en Italie du Nord, les saints de glace sont : San Pancrazio (saint Pancrace le 12), San Servazio (saint Servais le 13) et San Bonifazio (saint Boniface le 14)
    Il Bugiardino 2013, lunario rurale e popolare delle terre liguri " - Genova

     

     Saints Pancrace, Servais et Boniface apportent souvent la glace

     

    Cavaliers et Saints de Glace

     

    Saint Boniface, fêté le 14 mai

    Boniface (+ 290), citoyen romain, avait eu un commerce illicite avec une noble matrone, Aglaé ; il fut saisi d'une telle douleur de cette faute que, pour en faire pénitence, il se consacra à rechercher et à ensevelir les corps des Martyrs.
    Ayant donc quitté ses compagnons de voyage, comme il avait vu que, dans la ville de Tarse, on soumettait à la torture et à divers supplices beaucoup de chrétiens, à cause de la profession de leur foi, il baisait leurs liens et les exhortait fortement à supporter fermement des supplices dont la brève souffrance serait suivie d'un repos éternel.
    Il fut donc arrêté ; on lui arracha la chair avec des ongles de fer ; on lui enfonça aussi des roseaux pointus sous les ongles des mains, et on lui versa du plomb fondu dans la bouche. Au milieu de ces tourments, on n'entendait de Boniface que ces paroles : "Je vous rends grâces, Seigneur Jésus-Christ, Fils de Dieu." On le jeta ensuite la tête en bas dans une chaudière de poix bouillante ; comme il en était sorti sain et sauf, le juge, furieux, ordonna de le tuer d'un coup de hache.

    À l'instant même, il se produisit un grand tremblement de terre, en sorte que beaucoup d'infidèles se convertirent à la foi du Christ Seigneur.
    Le jour suivant ses compagnons qui le cherchaient apprirent qu'il avait subi le martyre et rachetèrent son corps pour cinq cents pièces d'or. Après l'avoir embaumé et enveloppé de linceuls, ils le firent transporter à Rome.
    La matrone Aglaé, qui, elle aussi, s'était vouée à la pénitence et aux œuvres pies, apprit par un ange ce qui s'était passé ; elle alla au-devant des saintes reliques et bâtit une église dédiée à Boniface, dans laquelle le corps du martyr fut enseveli aux Nones de Juin ; son âme était partie pour le ciel, le quatorze Mai, à Tarse, ville de Cilicie, sous les empereurs Dioclétien et Maximien. (Leçon du Bréviaire Romain)

     

     Craignez le petit Yvonnet, C'est le pire de tous quand il s'y met

     

    Saint Yves fêté le 19 mai. Considéré comme le dernier saint de glace en Bretagne, il est à l'origine du dicton ci-dessus.

     

     S’il gèle à la Saint-Bernardin, Adieu le vin *

     

    Saint Bernardin fêté le 20 mai, à l'origine du dicton ci-dessus.
    * Charles Galtier, Météorologie populaire dans la France ancienne, Editions Horvath, 1984

     

     Cavaliers et Saints de Glace

     

    Par ailleurs, en Savoie, saint Urbain -25 mai, fête locale en France- est appelé à accompagner les saints de glaces. Dans les régions plus septentrionales, c'est sainte Sophie, aussi nommée kalte Sophie en alsacien et en allemand, qui est fêtée ce jour.

     

     Mamert, Pancrace, Servais sont les trois saints de glace

     mais saint Urbain les tient tous dans sa main

     

    Par superstition ou après observation scientifique, il est recommandé aux agriculteurs de ne pas entamer les travaux de semence, de repiquage, de maraîchage, avant la troisième semaine du mois de mai. Ils attendent saint Urbain pour semer en toute tranquillité les plantes les plus frileuses !

     

     S'il pleut à la saint Urbain, c'est quarante jours de pluie en chemin

     

     Gelée le soir de saint Urbain, anéantit fruits, pain, vin

     

     Quand la saint Urbain est passée, le vigneron est rassuré

     

    Ainsi peuvent-ils célébrer ces fêtes pour implorer la protection des champs, et les prières pour obtenir une bonne production se font naturellement.

     

     À la saint Urbain s’il fait beau, on le porte en procession
     S’il gèle, les vignerons fâchés le jettent le cul dans les orties

    Cavaliers et Saints de Glace

     

    Saint Urbain, fêté le 25 mai

    Fils d’un romain nommé Pontianus, Urbain 1er succède à Saint-Calixte Ier, comme 17e pape.
    Son pontificat (222 - + 230) se déroule durant une période de répit entre deux épisodes de persécutions : il dut en panser les plaies et consolider les bases de l'Église ébranlée par tant d'attaques. Mais on ne sait rien de plus précis sur son action.

    Le culte de Saint Urbain a été supprimé en 1969. Auparavant, il était le patron des vignerons et des tonneliers et il était invoqué pour la protection des vignes. On faisait également appel à son intercession pour ne pas succomber à l’ivrognerie et pour guérir la goutte, maladie qui, au Moyen-âge, était appelée Mal saint Urbain.
    Saint Urbain est le patron de la paroisse de Thionville-Guentrange (57100). Nous y trouvons sa statue, des vitraux, d'anciennes bannières à son effigie ; la grosse cloche de l'église porte son nom.

    Beaucoup de dictons expriment
    la crainte des agriculteurs en cas de pluie

    Saint Médard (8 juin) est le plus connu des saints de pluie.

    La saint Médard pourrait marquer le début d'une longue période de pluies désastreuses pour les récoltes : la pluie qui tombe au jour de la fête de saint Médard risquerait de durer même 40 jours ! précisent les dictons...
    Mais la météorologie populaire suggère que ce cycle pourrait s'interrompre par le beau temps de la saint Barnabé (11 juin) ou par celui de la saint Gervais (19 juin, fête locale)...

     Le soleil à la saint Barnabé à la saint Médard casse le nez

     S'il pleut à la saint Médard, il pleut quarante jours plus tard...
     ... à moins que Barnabé ne lui coupe l'herbe sous le pied

    Barnabé a le pouvoir de "rebouter la culotte" de Médard, qualifié irrévérencieusement de "grand pissard". D'où maintes variantes pour le dernier vers de ce dicton classique :

     ... ne lui casse le nez
     ... ne lui raccourcisse le nez
     ... ne lui tape sur le bé [bec]
     ... ne vienne lui lier le bé
     ... ne lui coupe le bé
     ... n'y vienne mettre le nez
     ... ne vienne lui couper le pied
     ... ne vienne l'arrêter
     ... ne vienne tout réparer
     ... ne vienne tout rattraper
     ... ne vienne tout corriger
     ... ne vienne tout raccommoder
     ... ne vienne tout arranger
     ... ne raccommode ce qui est gâté
     ...

    En Bretagne, Anjou, Maine :

     Quand il pleut à la saint Barnabé, la vendange coule jusqu'au panier

     Saint Gervais quand il est beau tire saint Médard de l'eau

     Si Médard et Barnabé comme toujours s'entendaient pour te jouer
     des tours tu auras encore saint Gervais qui le beau va ramener

    File:Gervaseandprotase.jpg

    Le martyre de saint Gervais
    et de saint Protais

     

    Gervais et Protais (Ier-IIe siècle), jumeaux, fils de saint Vital et de la bienheureuse Valérie, martyrs à Milan sous le règne de l'empereur romain Néron. 

    On ne sait d'eux que le fait que saint Ambroise, évêque de Milan, les retrouva, en 386, enterrés côté à côte. Saint Ambroise affirma qu'ils avaient été martyrs par fidélité à leur baptême. Il ajoutait même :
    "Ils sont d'une taille prodigieuse, tels qu'on l'était dans les temps anciens".

    Leur culte gagna la Gaule où un grand nombre d'églises furent consacrées. Ils sont fêtés le 19 juin.

    Un autre Gervais, fêté le 6 juillet (fête locale) : Gervais du Mans (IVe siècle). Diacre du diocèse du Mans (Sarthe, Pays de la Loire), il fut assassiné alors qu'il revenait d'un pèlerinage à Rome, martyr par la main de brigands.
    Il fut enseveli dans la localité qui porte encore son nom : Saint-Gervais-en-Vallière (71350, en Bourgogne). 
     

    Toujours en Bretagne, Anjou, Maine :

     S'il pleut à la saint Médard, il pleut quarante jours plus tard...

     ... à moins que Barnabé remette le pain dans la mée [maie]
     mais s'il pleut à la saint Barnabé
     ça repousse jusqu'à la saint Gervais qui ferme le robinet

     ... à moins que saint Barnabé lui ferme le bé [bec]
     mais saint Gervais peut y mettre la paix

     

    Pour s'y retrouver, voici un récapitulatif des Cavaliers (tons verts) et Saints (nuances bleutées) de glace. Saint jean (le Baptiste) est mentionné (en orange) pour marquer le début de l'été.

    Cavaliers et Saints de Glace

    Liste (non exhaustive) des Cavaliers et Saints avec les correspondances "modernes"

    Cavaliers et Saints de Glace

    Voilà, maintenant vous connaîtrez mieux ces hôtes de fin d'hiver qui, finalement, ont beaucoup de mérite pour leur courage. De plus, malgré leur situation peu enviable, ils ne manquent pas d'un certain humour (du moins dans les dictons). Ne dit-on pas que l'humour est l'apanage des Sages ? Sagesse des hommes et des saints qui ont marqué l'histoire, sagesse populaire...

    Bon printemps !

     

    Source principale : Wikipédia

     

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