• Rois Mages

     

    Les Rois mages sont des personnages traditionnels des récits de la Nativité et le thème de l'Adoration des Mages devient rapidement populaire, ainsi qu'en témoigne une représentation dans la catacombe de Priscille (Rome), pour ensuite se développer très largement dans l'art chrétien1.

    Rois Mages

    Adoration des rois mages, Cappadoce, XIIe siècle.

    À la fin du XIIIe siècle, Jacques de Voragine (Iacoppo da Varazze vers 1228 - Gênes 1298) était un archevêque, chroniqueur italien du Moyen Âge. Dans ce que l'on appelle La Légende dorée (écrite entre 1261 et 1266) on trouve relatés de grands épisodes bibliques ou la vie de quelque 150 saints, saintes ou martyrs ;  cette « Légende dorée » perpétua la Tradition.

    L'Occident médiéval vénère les Rois mages comme saints et leur reconnait des reliques qui sont encore conservées à la cathédrale de Cologne1 tandis que la tradition orthodoxe conserve le reliquaire de leurs présents au Monastère d'Aghios Pavlos du Mont Athos.

    Rois Mages

    Adoration des mages, par Altdorfer, vers 1530.

     

    Le nombre et les noms des mages

    Les mages sont uniquement évoqués par l'Évangile selon Matthieu (Mt 2, 1-12)2, les trois autres évangiles canoniques ignorant cet épisode. Le récit évangélique ne mentionne ni le nom de ces « sages » (en grec : μάγοι, magoï), ni leur nombre, ni leur statut de roi, précisant seulement qu'ils sont venus d'« Orient »2. L'idée de leur origine royale apparaît chez Tertullien au début du IIIe siècle et celle de leur nombre est évoqué un peu plus tard par Origène1.

    Rois Mages

    Fac-simile du couvercle d'un sarcophage du IIIe siècle, Musée de la Civilisation romaine.

    Rois Mages

    Sarcophage provenant du cimetière Sainte-Agnès à Rome, c. IVe siècle.

    Certaines traditions chrétiennes, dont témoigne pour la première fois vers le VIe siècle l’Excerpta Latina Barbari, les popularisent sous les noms de Melchior, Balthazar et Gaspard1. C'est sans doute parce qu'on y lit qu'ils offrent l'or, l'encens et la myrrhe que la tradition populaire en a déduit qu'ils étaient trois.

    Rois Mages

    Mosaïques, basilique Saint-Apollinaire, Ravenne, an 600.

    Les mages n'étaient pas des juifs : ils représentent tous les non-juifs, tous les peuples de la terre pour qui Jésus est né. Leur provenance géographique les disperse au gré des découvertes de l'époque - vers le XIVe siècle : Gaspard en Asie, Balthazar en Afrique, Melchior en Europe. La curiosité populaire les a imaginés dans différents rôles de représentation, comme l'évocation des trois âges de la vie : la jeunesse, l'âge mûr et la vieillesse.

    Voici le portrait des Rois mages dressé par Jacques de Voragine :

    Le premier des Mages s’appelait Melchior, c’était un vieillard à cheveux blancs, à la longue barbe. Il offrit l’or au Seigneur comme à son roi, l’or signifiant la Royauté du Christ.
    Le second, nommé Gaspard, jeune, sans barbe, rouge de couleur, offrit à Jésus, dans l’encens, l’hommage à sa Divinité.
    Le troisième, au visage noir, portant toute sa barbe, s’appelait Balthazar ; la myrrhe qui était entre ses mains rappelait que le Fils devait mourir.

     

    Les mages se présentent à Jérusalem où ils font savoir qu'ils recherchent le « roi des Juifs qui vient de naître » dont l'étoile s'est levée et qu'ils sont venu honorer, causant le trouble auprès du roi Hérode et des habitants de Jérusalem. Ces mages sont appelés auprès du roi qui, informé par les spécialistes de la Loi que le Messie doit naître à Bethléem, les envoie dans ce village où ils doivent découvrir qui est l'enfant afin qu'il

    « aille, [lui] aussi, lui rendre hommage »2

    Guidés par l'étoile, ils découvrent l'enfant « avec Marie, sa mère » et lui offrent trois présents, or, encens et myrrhe2. Après cet hommage, les mages sont avertis par Dieu en songe de ne pas retourner auprès d'Hérode et

    ils « regagn[ent] donc leur pays par un autre chemin »2

    Le récit matthéen se poursuit avec les épisodes dits de la Fuite en Égypte et du Massacre des Innocents.

     

    Des présents symboliques

    Le texte de l'Évangile énumère trois cadeaux apportés par eux (orencens et myrrhe). Selon une interprétation théologique traditionnelle, ces offrandes correspondent à la reconnaissance de Jésus selon trois dimensions fondamentales :

    • Il est le Fils de Dieu : l'or est l'image de ce qui est le plus précieux pour l'homme mais aussi pour Dieu. L'or symbolise la royauté du Christ.
    • Il est le Prêtre de l'Alliance Nouvelle et Éternelle, selon l'Écriture : l'encens, parfum divin aux vertus diverses, est utilisé pour le culte, pour parler avec Dieu, ce que font tous les enfants de Dieu. L'encens symbolise la divinité du Christ.
    • Il est aussi véritablement homme : la myrrhe, liée à la nature humaine, est un baume qui lave les blessures des hommes dans la chair. Il est donc lié à l'amour de la vie sur terre mais aussi à la préparation d'une vie destinée à passer de la mort vers la vie éternelle. Elle symbolise la souffrance du Christ.

    Selon saint Bernard4

    L'or était destiné à soulager la pauvreté de la Vierge,
    l'encens à désinfecter l'étable
    et la myrrhe passait pour vermifuge et devait fortifier l'enfant en expulsant les vers de son intestin.

    Plus tard, dans la vie de Jésus, on retrouve la myrrhe dans des circonstances plus tragiques : selon saint Luc,

    les soldats présentèrent au crucifié du vin mélangé à de la myrrhe pour atténuer les douleurs du supplice.

     

    L'Adoration du Christ par les mages peut aussi symboliser l'idée que le christianisme prolonge et renouvelle la tradition primordiale (à l'origine de toutes les religions) :

    • les mages venant d'Orient représentent les trois pouvoirs : pouvoir royal (l'or), pouvoir sacerdotal (l'encens) et pouvoir spirituel (la myrrhe) ;
    • les mages allant au devant du Christ signifient que les trois pouvoirs « sacrent » le christianisme comme étant le digne successeur de la tradition primordiale ;
    • en souvenir de cet avènement, les trois couronnes figurant sur la tiare de saint Pierre3 rappellent les trois pouvoirs correspondant aux trois mondes symbolisés par les mages.

     

     

    Récapitulons ;-)

    Melchior   Europe   vieillard aux cheveux blancs et longue barbe   vieillesse   l’or
    signifiant la Royauté du Christ
      pouvoir
    royal
                         
    Gaspard   Asie   jeune sans barbe
    rouge de couleur
      jeunesse   l’encens
    hommage à sa Divinité
      pouvoir sacerdotal
                         
    Balthazar   Afrique   au visage noir
    portant toute sa barbe
      âge mûr   la myrrhe
    rappelant que le Fils va souffrir
      pouvoir spirituel

     

     

    Sources principales

    https://fr.wikipedia.org

    http://www.croire.com

    Voir aussi : Bonne Année Bonheur

    Notes

    1. Article « Magi », in E. A. Livingston, The Oxford Dictionnary of Christian Church, éd. Oxford University Press, 1997.

    2. Mt 2. 1-12 [archive] Évangile selon Matthieu

    3. Voir aussi l'article de Gigeoju sur les papes.

    4. Voir aussi la page de Yantra sur les monastères.

     

    La marche des Rois mages

    Des paroles de David Alexandre Winter (Thème musical de l'Arlésienne de Georges Bizet).

    De bon matin, 

    J'ai rencontré le train 

    De trois grands Rois qui allaient en voyage, 

    De bon matin, 

    J'ai rencontré le train 

    De trois grands Rois dessus le grand chemin.

     

    Venaient d'abord les gardes du corps, 

    Des gens armés avec trente petits pages, 

    Venaient d'abord les gardes du corps 

    Des gens armés dessus leur juste au corps.

     

    Puis sur un char, 

    Doré de toute part, 

    On voit trois rois modestes comme d'anges 

    Puis sur un char, 

    Doré de toute part 

    Trois rois debout parmi les étendards.

     

    L'étoile luit 

    Et les Rois conduit, 

    Par longs chemins, 

    Devant une pauvre étable, 

    L'étoile luit  

    Et les Rois conduit, 

    Par longs chemins devant l'humble réduit.

     

    Au fils de Dieu 

    Qui naquit en ce lieu 

    Ils viennent tous présenter leurs hommages, 

    Au fils de Dieu 

    Qui naquit en ce lieu 

    Ils viennent tous présenter leurs doux vœux.

     

    De bon matin, 

    J'ai rencontré le train 

    De trois grands Rois qui allaient en voyage, 

    De bon matin, 

    J'ai rencontré le train 

    De trois grands Rois dessus le grand chemin.

     

    Venaient d'abord les gardes du corps, 

    Des gens armés avec trente petits pages, 

    Venaient d'abord les gardes du corps 

    Des gens armés dessus leur juste au corps.

     

    Puis sur un char, 

    Doré de toute part, 

    On voit trois rois modestes comme d'anges 

    Puis sur un char, 

    Doré de toute part 

    Trois rois debout parmi les étendards.  

     

    L'étoile luit 

    Et les Rois conduit, 

    Par longs chemins, 

    Devant une pauvre étable, 

    L'étoile luit  

    Et les Rois conduit, 

    Par longs chemins devant l'humble réduit.  

     

    Au fils de Dieu 

    Qui naquit en ce lieu 

    Ils viennent tous présenter leurs hommages, 

    Au fils de Dieu 

    Qui naquit en ce lieu 

    Ils viennent tous présenter leurs doux vœux.  

     

    De beaux présents, 

    Or, myrrhe et encens 

    Ils vont offrir au maître tant admirable 

    De beaux présents, 

    Or, myrrhe et encens 

    Ils vont offrir au bienheureux enfant.

     

    De beaux présents, 

    Or, myrrhe et encens 

    Ils vont offrir au maître tant admirable 

    De beaux présents, 

    Or, myrrhe et encens 

    Ils vont offrir au bienheureux enfant.

     

     

     

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