• ☼ George Sand et Gustave Flaubert

    George Sand et Gustave Flaubert, intimes (Causeur 04/06/2023) [archive]

    George Sand et Gustave Flaubert

    Points de vues d'internautes

    La correspondance entre Flaubert (1821-1880) et Sand (1804-1876), deux êtres que tout séparait pourtant - l'âge, les idées politiques, la manière de vivre et d'écrire - est l'expression d'une très belle relation d'amitié et un témoignage intéressant sur les événements de l'époque qu'ils abordent très régulièrement dans ces lettres.

    "Jamais de la vie chère bon maître vous ne m'avez donné une pareille preuve de votre inconcevable candeur. Comment ? Sérieusement vous croyez m'avoir offensé ? La première page de votre lettre ressemble presque à des excuses. Cela m'a bien fait rire. Vous pouvez d'ailleurs vous tout me dire ! Tout ! Vos coups me seront caresses..."Flaubert à Sand, 12 octobre 1871

    "Tes lettres tombent sur moi comme une pluie qui mouille, et fait pousser tout de suite ce qui est en germe dans le terrain (...) elles me donnent l'envie de répondre à tes raisons, parce que tes raisons sont fortes et poussent à la réplique (...) Je ne prétends pas que mes répliques soient fortes aussi : elles sont sincères, elles sortent de mes racines à moi, comme les plantes susdites..." — Sand à Flaubert, 25 octobre 1871

    (internaute Guenièvre)

    "On plaint un oisillon tombé du nid, comment ne pas plaindre une masse de consciences tombés dans la boue ? On souffrait moins pendant le siège par les Prussiens. On aimait Paris malheureux malgré lui, on le plaint d’autant plus aujourd’hui qu’on ne peut plus l’aimer. Ceux qui n’aiment jamais se paient de le haïr mortellement. Que répondre ? Il ne faut peut-être rien répondre ! Le mépris de la France est peut-être le châtiment nécessaire de l’insigne lâcheté avec laquelle les Parisiens ont subi l’émeute et ses aventuriers." — George Sand à Flaubert sur la Commune *.

    Pas étonnant de la part de celle qui qualifiait les Communards d'ânes grossièrement bêtes ou de coquins de bas étage. La foule qui les suit est en partie dupe et folle, en partie ignoble et malfaisante...

    (internaute Alexandre)

    * Voir La France qui ne veut pas disparaître

    Voir Commune de Paris 1871

    Voir aussi Sarah Bernhardt 1844-1923

    "Un livre est le produit d'un autre moi que celui que nous manifestons dans nos habitudes, dans la société, dans nos vices. Ce moi-là, si nous voulons essayer de le comprendre, c'est au fond de nous-mêmes, en essayant de le recréer en nous, que nous pouvons y parvenir. Rien ne peut nous dispenser de cet effort de notre cœur." — Proust, contre Sainte Beuve. On comprend pourquoi le moi de la vie quotidienne est annihilé dans l’œuvre de Flaubert ; alors que G. Sand veut rester "elle-même" en littérature. Au-delà de l'opposition romantisme/réalisme, on voit ainsi pourquoi Flaubert est un plus grand écrivain que G. Sand. Le moi littéraire de Flaubert gît dans son style.

    (internaute H.)

    La rupture Sand/Chopin est un modèle du genre ! Pas de cris, pas d'insultes, aucune fureur ! Tout dans le feutré... Extrait :

    "Adieu, mon ami, que vous guérissiez vite de tous maux, et je l'espère maintenant (j'ai mes raisons pour cela) ; et je remercierai Dieu de ce bizarre dénouement à neuf années d'amitié exclusive. Donnez-moi quelquefois de vos nouvelles... Il est inutile de jamais revenir sur le reste."

    Et pour finir, "Sand, elle, n'assistera pas aux funérailles de celui qu'elle avait tant encensé..."

    La rupture consommée de Chopin et Sand (Le blog de Carmen Desor)

    (internaute Jo)