• * Homo erectus

    Des grands singes aux australopithèques

    Homo habilis – Homo ergaster (et Homo georgicus)Homo heidelbergensis

    Homo erectus est une espèce éteinte du genre Homo dont la définition est controversée. Ses fossiles les plus récents ont été trouvés sur le site de Ngandong, à Java, en Indonésie, où ils sont datés d'environ 110 000 ans. Le périmètre morphologique, géographique et temporel de cette espèce varie fortement selon les auteurs. [I]

    En tant qu’espèce, Homo erectus a connu un grand succès, vivant pendant plus de 1,5 million d’années avant de s’éteindre il y a environ 200 000 ans. [II]

    Homo erectus.jpg

    Homo erectus signifie littéralement "homme dressé" (ou "droit") en latin : ce nom binominal d'espèce est un héritage historique lié à la description du fossile de Pithecanthropus erectus par Eugène Dubois en 1894. Il s'agissait alors de la plus ancienne forme bipède connue d'Hominina, mais elle a été supplantée dès 1924 par la découverte du premier Australopithèque en Afrique du Sud. [I]

     

    À la recherche du pithécanthrope

    Fossiles ayant servi à définir Pithecanthropus erectus..jpg

    Fossiles découverts par Eugène Dubois ayant servi à définir Pithecanthropus erectus.

    Homo erectus est né du regroupement d'un certain nombre de variantes régionales qui avaient été considérées comme des espèces distinctes à l'origine, dont le Pithécanthrope (Homme de Java) et le Sinanthrope (Chine). Ces différentes formes ont été réattribuées au genre Homo et regroupées sous la dénomination d'Homo erectus dans les années 1960. 

    Peu après la publication des travaux de Charles Darwin, notamment de "L'Origine des espèces" en 1859, le biologiste et philosophe allemand Ernst Haeckel proposa un arbre généalogique théorique de l’homme, dans lequel il faisait apparaitre un "chaînon manquant", un être intermédiaire entre le singe et l’homme. Dans son ouvrage L’Histoire de la création naturelle paru en 1868, il nomma cette créature hypothétique Pithecanthropus alalus (Haeckel, E. 1868 Natürliche Schöpfungsgeschichte, Berlin). Le nom de genre fut forgé à partir des mots grecs πίθηκος / píthēkos, "grand singe" et ἄνθρωπος / ánthrōpos, "homme", le nom d’espèce étant formé sur le préfixe privatif "a—" et le verbe λαλέω / laléō, "parler" : l’absence de langage articulé était en effet considérée comme l’une des caractéristiques nécessaires du Pithécanthrope.

    Le médecin anatomiste néerlandais Eugène Dubois, passionné par les nouvelles théories relatives à l’origine de l’homme, entreprit de rechercher les fossiles prouvant l’existence du Pithécanthrope, que Haeckel imaginait originaire d'Asie. Pour cela, il s’engagea comme médecin militaire dans l’armée des Indes orientales néerlandaises1. Nommé en 1887 à Sumatra, en Indonésie, il s’y rendit convaincu qu’il trouverait sous les tropiques les traces d’un être intermédiaire entre l’homme et les grands singes2,3.

    Après quelques années de recherches infructueuses à Sumatra, la découverte de l'Homme de Wajak en 1888 dans l'est de l'île de Java l'incita à se rendre à Java où il entreprit de fouiller les dépôts alluviaux du fleuve Solo à Trinil, assisté de deux ingénieurs et d’un groupe de prisonniers condamnés aux travaux forcés. En 1890, il découvrit un premier fragment de mandibule.

    En 1891, il découvrit une molaire supérieure droite (Trinil 1) et une calotte crânienne très particulière (Trinil 2), présentant des caractéristiques qu’il considéra comme intermédiaires entre les grands singes et l’homme.

    En aout 1892, il exhuma sur le même site un fémur portant une excroissance pathologique (Trinil 3) mais très proche d’un fémur d'Homo sapiens, appartenant incontestablement à un être parfaitement bipède, ainsi qu'une deuxième molaire (Trinil 4).

    En 1894, Dubois décrivit ces différents fossiles comme les restes d’une espèce inconnue jusqu’alors, Pithecanthropus erectus, le "singe-homme érigé"4 [...] [I]

    Originellement découvert en 1891 par Eugène Dubois dans le gisement de Trinilà Java en Indonésie, il fut d’abord appelé Pithécanthrope. Avec un fémur ressemblant étrangement à un fémur humain, il fut ensuite renommé erectus car on lui supposait une posture humaine.

    Malheureusement, il est maintenant quasi établi que ces ossements ne lui appartenaient pas ! Le nom est resté… [II]

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    Notes

    1. Indes, voir aussi Un peu de culture : "Les Indes" (Benjoin - Styrax)

    2. Sémah, F., Purwasito, A. et Djubiantono, T. (1993) "Un fascinant chainon manquant" in Le Pithécanthrope de Java - À la découverte du chainon manquant Sémah, F. et Grimaud-Hervé, D., (Éds.) Les Dossiers de l'Archéologie no184, pp 4-11

    3. Hublin, J.-J. (2001) "La conquête des vieux continents" in Aux origines de l'humanité - de l'apparition de la vie à l'homme moderne Coppens, Y. et Picq, P., (Éds.), Fayard, pp 348-377

    4. Eugène Dubois (1894) - Pithecanthropus erectus, eine menschenähnliche Uebergagsform aus Java, Batavia, Landesdruckerei

     

    La découverte du Sinanthrope

    Le premier fossile de Sinanthrope (Homme de Pékin), une dent isolée, fut découvert en 1921 par le paléontologue autrichien Otto Zdansky dans une grotte effondrée de Zhoukoudian, près de Pékin, en Chine. Otto Zdansky et le géologue suédois Johan Gunnar Andersson trouvèrent au cours des années suivantes d'autres molaires humaines fossiles, qu'Andersson décrivit en 1926... [...]

    La communauté scientifique accueillit d'abord avec réserve la découverte de "l'Homme de Pékin", comme lors des précédentes découvertes de l'Homme de Néandertal et du Pithécanthrope. Puis les esprits commencèrent à se faire à l'idée de l'existence d'une forme humaine plus ancienne et plus archaïque que l'Homme de Néandertal. Le fait que l'Homme puisse avoir une histoire ancienne commençait à être plus largement accepté. [Lire le texte entier] [I]

    Sinanthropus pekinensis. Feu : maîtrisé – Outils : fabriqués (Sinanthropus pekinensis)

     

    Caractéristiques physiques d'Homo erectus

    Homo erectus est une espèce plus petite et plus robuste qu'Homo sapiens. Son squelette post-crânien est constitué d'os plus volumineux et les os de son crâne sont plus épais.

    Reconstitution du visage d'H. erectus.gif

     

    Les principales caractéristiques physiques d'Homo erectus sont une mâchoire puissante, un prognathisme1 facial marqué, un front assez bas, un chignon occipital et un angle occipital particulièrement aigu, un bourrelet supra-orbitaire sous forme de torus2 continu, une constriction post-orbitaire fréquente en vue supérieure, une carène sagittale plus ou moins marquée, une voûte crânienne basse dont la plus grande largeur se situe au niveau des crêtes susmastoïdiennes3, et un crâne, dont la base est large, en forme de tente en vue postérieure4.

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    Notes

    1. Dans les écrits non-médicaux, lorsque le terme est employé seul, il désigne généralement une avancée de la mâchoire inférieure (prognathisme mandibulaire). Le prognathisme est une des caractéristiques dans l'histoire évolutive de la lignée humaine. (Wikipédia)

    2. bourrelet, protubérance

    3. au-dessus de l'apophyse mastoïde

    4. non-développement des bosses pariétales

    L'originalité d'Homo erectus est qu'il est doté d’un squelette hyper-ossifié et massif. Le dimorphisme sexuel est réduit (autrement dit il y a peu de différence physique entre le mâle et la femelle) [II]. Homo erectus mesure entre 1,50 et 1,65 m, pèse entre 45 et 55 kg et a une capacité crânienne de 900 à 1 200 cm3. [I] 

    Son succès en tant qu’espèce réside dans la suite d’évolutions, comme un cerveau plus gros et des intestins plus petits que ses ancêtres. ces modifications physiques sont en relation avec l’augmentation de la consommation de viande par rapport aux espèces l’ayant précédé. Les protéines contenues dans la viande sont plus faciles à digérer que les matières végétales, parallèlement un cerveau plus volumineux consomme plus d’énergie que seule la chair animale facilement digestible peut fournir. [II]

    Le paléoanthropologue japonais Yousuke Kaifu distingue deux groupes de fossiles en Asie, le groupe chinois et le groupe javanais, qui pourraient représenter une divergence phylogénétique ancienne au sein de l'espèce. [I]

     

    Culture et techniques d'Homo erectus

    Les Homo erectus s’établissaient en campement et sont les premiers hominidés à avoir maîtrisé le feu. Une étude publiée en 2011 donne même à Homo erectus la capacité de faire cuire les aliments.[II]

    Homo erectus était cueilleur de fruits, de plantes, et de racines, mais aussi charognard et chasseur de petits animaux et de plus gros à l'occasion. En 2023, une étude des rapports Sr/Ca et 13C/12C de l'émail dentaire d'H. erectus (un individu de Sangiran) ayant vécu à Java au Pléistocène inférieur à moyen * confirme la diversité de leur régime alimentaire – un régime omnivore varié comprenant des  fruits, graines et racines, également de la viande et des animaux aquatiques – avec des variations saisonnières peu marquées (un peu plus de végétaux tendres et énergétiques pendant la mousson, un peu plus de plantes coriaces et moins énergétiques pendant la saison sèche).

    * Voir "Chrononyme" dans Orthographe & Vocabulaire

    Certains archéologues pensent que l'outillage des Homo erectus indonésiens et chinois, relativement pauvre en outils de pierre, devait être complété par un important outillage de bambou, encore très abondamment utilisé dans ces régions. Cette hypothèse reste délicate à tester dans la mesure où le bois ne se fossilise que dans des conditions exceptionnelles [I]. Cependant, les Homo erectus maîtrisaient la taille de la pierre. [II]

    Pour Pascal PicqH. erectus est le premier vrai représentant du genre Homo : il fait mieux qu’utiliser son environnement (comme le ferait un chimpanzé), il le transforme. [II]

    Voir plus bas

     

    Homo erectus en bref 

    Âge

    Taille

    Poids

    Volume endocrânien

    De - 2 à - 0,1
    millions d’années

    F 150 cm
    M 165 cm

    F 45 kg
    M 55 kg

    850 à 1200 cm3

    Localisation

    Habitat

    Feu

    Outils

    Asie, Afrique, Europe

    Savane, forêt

    Maîtrisé, domestiqué

    Fabriqués

    https://www.hominides.com/hominides/homo-erectus/

     

    Principaux fossiles asiatiques attribués à l'espèce Homo erectus

    Les fossiles africains ou ouest-asiatiques attribués par certains auteurs à Homo erectus sensu lato (au sens large) sont présentés dans les articles consacrés aux différentes appellations modernes d'espèces humaines. En Asie orientale, seules l'Indonésie et la Chine ont à ce jour livré des fossiles attribués consensuellement à Homo erectus sensu stricto (au sens strict).

    Indonésie

    Homme de Java (le Pithécanthrope)

    Dominique Grimaud-Hervé, Frédérique Valentin, François Sémah, Anne-Marie Sémah, Tony Djubiantono, et Harry Widianto, Le fémur humain Kresna 11 comparé à ceux de Trinil, Comptes-Rendus de l'Académie des Sciences, Paris, t.318, série II, pp 1139 à 1144, 1994. lire en ligne [archive]

    Homme de Solo (Java)

    [en] Bernard Wood (dir.) Wiley-Blackwell Encyclopedia of Human Evolution, 2011, article Ngandong et suivants. lire en ligne

    Homme de Sangiran (Java)

    Découverte initiale : 1936-1937 par Gustav von Koenigswald et description en 1937 avec Franz Weidenreich. Découvertes ultérieurs à partir de 1951. Datation : de 800 000 à 500 000 ans.

    Enfant de Mojokerto (Java oriental)

    1936, découverte par Andojo et description par G. von Koenigswald, du calvarium d'un enfant âgé entre 1 et 4 ans. Datation : 1,45 million d'années.

    [en] Michael J. Morwood et al. "Revised age for Mojokerto 1, an early Homo erectus cranium from East Java, Indonesia" Australian Archaeology, vol.57 no1,‎ 2003 (DOI 10.1080/03122417) lire en ligne [archive]

    Chine

    • Homme de Pékin (le Sinanthrope)

    Découverte en 1921 par Johan Gunnar Andersson et Otto Zdansky. Description en 1927 par Davidson Black. Nombreux fossiles trouvés jusqu'en 1937 dont 14 crânes partiels. Datation : de 780 000 à 400 000 ans. Nouveaux fossiles trouvés depuis 1950 par les chercheurs chinois

    • Homme de Yiyuan (xian de Yiyuan, Shandong)

    Découverte en 1981-1982. Description en 1989 par Lu Zune et al. Fossiles : fragments crâniens (frontal, occipital et pariétaux) d'un même individu et 7 dents isolées d'au moins deux individus. Datation : milieu du Pléistocène moyen.

    [en] Lu Zun'e, Huang Yunging, Li Pingsheng, Meng Zhenya "Yi yuan fossil Man" Acta Anthropologica Sinica vol.8, no4,‎ décembre 1989. lire en ligne [archive]

    • Homme de Lantian - Hommes de Gongwangling et de Chenjiawo (xian de Lantian)

    Homme de Chenjiawo, dévouverte d'une mandibule. Datation : 630 000 ans.

    Homme de Nankin

    Découverte en 1990. Description en 1993. Fossiles : 2 crânes partiels. Datation : 640 000 ans.

    • Homme de Hexian (Xian de He)

    Découverte en 1980 d'une calotte crânienne. Datation : 412 000 ans.

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Homo_erectus#Principaux_fossiles_asiatiques_attribués_à_l'espèce

     

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    Documentation

     

    Les premiers outils

    La plus ancienne industrie lithique a été découverte en 2015 à Lomekwi dans l’Hadar au Kenya. On pensait généralement que seuls les représentants du genre Homo pouvaient fabriquer des outils. Or, il y a 3,3 millions d’années on trouvait plutôt des Australopithèques * et des Paranthropes en Afrique...

    * Australopithèques. Feu : non – Outils : possibles ? (Australopithecus garhi)

    Les plus anciens outils ont été utilisés il y a 2.3 à 2.6 millions d’années (Ma *) au Paléolithique archaïque, en Afrique. On les retrouve principalement sur les sites de Gona Hadar (Ethiopie), Koobi Fora, Vallée de l’Omo et Olduvai (Tanzanie). Ils sont regroupés sous la dénomination de culture ou de civilisation Oldowayenne.

    * "Ma" est une abréviation qui peut faire référence à l'unité temporelle correspondant à un million d'années utilisée en stratigraphie, géologie, paléontologie, etc.

    Ces premiers outils, identifiés comme tels, sont des choppers, des galets (ou des blocs anguleux) présentant un bord tranchant. Si l’ouvrier travaille l’outil et dégage 2 faces de tranchant on le nomme alors chopping-tool. Dans les 2 cas ils ont été fabriqués par percussion avec une pierre ou un galet. C’est la culture sur galet ("pebble-culture"). Les campements de l’Oldowayen sont le plus fréquemment installés près d’un fleuve et donc près de la matière première : le galet. [III]

    Homo habilis (2,4 à 1,6 million(s) d'années) a vécu en Afrique de l’Est et en Afrique du Sud. On le considère comme le premier homme véritable en raison de la forme de son crâne et sa capacité crânienne, 600 cm3 en moyenne. Sa taille était faible, environ 1,20 à 1,50 m, et il pesait de 30 à 40 kg. Il marchait debout mais conservait des capacités arboricoles. L'étude de sa denture montre des canines réduites et des incisives développées ce qui démontre qu’Homo habilis était omnivore. L’espèce présentait un fort dimorphisme sexuel, les femelles étant beaucoup plus petites que les mâles. Les restes d'Homo habilis sont associés aux plus anciens outils en pierre taillée. Ce sont généralement des galets cassés principalement sur une seule face pour confectionner un "chopper" et obtenir des éclats tranchants. [IV]

     

    Reconstitution d'H. habilis.jpg

    Homo habilis. Feu : ? – Outils : fabriqués (Homo habilis)

    Homo habilis est donc contemporain des industries (lithiques) de pierre taillée nommées oldowayennes. Celles-ci comportent des objets simples taillés généralement sur une seule face pour confectionner un outil (galet aménagé *) ou pour obtenir des éclats tranchants. Ces outils devaient lui permettre de découper des morceaux de viande ou de casser des os.

    Or Homo habilis a coexisté avec plusieurs espèces d'Australopithèques et de Paranthropes.et si l’on est assuré qu’il fabriquait des choppers, certains scientifiques envisagent que les Paranthropes pouvaient déjà produire ce type d’outils. Ils les utilisaient principalement pour dépecer des charognes pour se nourrir. Il est également fort probable qu’ils pouvaient nettoyer et récupérer les peaux pour se protéger du froid.

    Pour les plus anciens outils découverts à Lomekwi il serait possible que l’ouvrier tailleur de pierre soit un hominidé, Kenyanthropus platyop, qui a vécu au Kenya y a -3,5 millions d’années… Comme seul les restes d’un seul individu ont été découvert, on connait peu de choses sur l'hominidé à la face plate et aux petites dents. [III]

    _______________

    Note

    * L'expression "galet aménagé" ou "galet taillé" (encore plus neutre) désigne des objets de pierre taillée préhistoriques pouvant dater du Paléolithique inférieur (3,3 Ma - 250 000 ans AP). Selon le Dictionnaire de Géologie de Alain Foucault et Jean-François Raoult, les galets aménagés sont des "Outils préhistoriques très frustes fabriqués à partir de galets rendus tranchants par enlèvements d'éclats sur une face (choppers) ou sur deux faces (chopping-tools)" (A. Foucault et J-F Raoult "Dictionnaire de Géologie" Paris Dunod, 2010 p.137). (Wikipédia)

    Chopper Caune de l’Arago 600 000 ans.jpg

     

    ''Chopping tools'' retrouvés à Terra Amata (France) 400 000 ans.jpg

    Chopper Caune de l’Arago
    Industrie du Paléolithique inférieur de -600 000 ans
    Musée d’Archéologie Nationale

     

    Chopping tools retrouvés à Terra Amata (France)
    datés de 400 000 ans. Galets aménagés
    Musée de Terra Amata Nice

    Les premières traces d'une nouvelle technique (L’Acheuléen -1.6 à -0.3 Ma) se trouvent aussi en Afrique : le biface. On attribue à Homo ergaster l’invention du biface symétrique. [III]

    Pour certains scientifiques, Homo ergaster, "l'homme artisan", est un précurseur d’Homo erectus qui descendrait directement d’Homo habilis. Pour d’autres c’est une espèce qui s’est développée à part…

     

    Homo ergaster Ado Turkana Reconstitution Daynes Musée Préhistoire des Eyzies (Photo kroko pour ''Hominidés'').jpg

    Homo ergaster vivait en Afrique entre 2,2 millions d’années et 1 million d’années avant notre ère. Son cerveau atteint 850 cm³, ce qui implique une consommation régulière de viande. Les spécimens découverts mesurent entre 1,55 m et 1,70 m pour un poids de 50 à 65 kg. Homo ergaster utilisait des outils en pierre taillée sur les deux faces (biface caractéristique de l'Acheuléen). Ses membres inférieurs plus longs que ceux d’Homo habilis en faisaient un bon marcheur. Il était capable de marcher avec endurance et de courir le corps parfaitement redressé. Les hanches des femelles restent par contre plus larges que celles de l’Homo sapiens femelle. Homo ergaster a occupé l’ensemble du continent africain et en est sorti pour coloniser l’Asie et l’Europe. On a retrouvé ses restes dans le sud de la Chine (- 1,8 millions d’années) et à Java (- 1,7 millions d’années). En Europe des traces sont retrouvés dans le nord de l'Espagne et en Italie. [IV]

    Homo ergaster. Feu : maîtrisé, domestiqué – Outils : fabriqués (Homo ergaster)

    Communément appelé Homme de Dmanissi, Homo georgicus ("Homme de Géorgie" en latin) est une espèce éteinte du genre Homo, décrite en 2002 à partir de fossiles découverts à Dmanissi, en Géorgie (Caucase). Tout y a commencé en 1999 : des restes d’hominidés ont été mis au jour puis les recherches ont continué, fournissant plus d’une trentaine de restes crâniens. Dans un premier temps ils ont été attribués à Homo ergaster. Les différences de taille avec les autres espèces ont amené les scientifiques à en créer une nouvelle, Homo georgicus, descendant de Homo habilis et ancêtre de Homo erectus asiatique. Ces fossiles datés de 1,8 million d'années appartiennent aux premiers représentants du genre Homo attestés à ce jour hors d'Afrique. Du fait de son âge, Homo georgicus serait donc le premier hominidé à avoir conquis l’Europe, prenant cette place à Homo ergaster. La position phylogénétique de ces fossiles fait cependant encore l'objet de débats, leur grande diversité morphologique ayant suscité parmi les chercheurs une certaine perplexité sur la variabilité interne de cette nouvelle espèce et sur la validité des différents taxons humains actuellement admis.

    Sources et suite dans Hominidés.com – Wikipédia

    Homo georgicus. Feu : pas de preuve – Outils : galets taillés 1 ou 2 faces (Homo georgicus)

    Les lieux de fabrication ont évolué : c’est maintenant loin des cours d’eau principaux que les hominidés installent leurs campements, à l’abri des crues. Il y a 500 000 ans la culture acheuléenne s’étend en Europe, puis au Proche Orient et en Inde. Les outils ne sont plus seulement taillés avec un percuteur en pierre. Les tailles sont maintenant réalisées avec un percuteur tendre (comme le bois). Cette nouvelle technique permet une taille plus fine. [III]

    Les plus anciens bifaces ont été découverts en Afrique de l’Est, notamment dans le site d'Olduvaï en Tanzanie (1,6 million d’années) et à Kokiselei 4 sur les rives du lac Turkana au Kenya (1,76 million d'années) [Wikipédia]. Pour la culture de l’Acheuléen, on peut par exemple citer le hachereau, qui est un grand éclat avec une partie tranchante en biseau. [III]

    Biface acheuléen.jpg

     

    Hachereaux – Roche basaltique (g) Rhyolite (d).jpg

    Hachereaux – Roche basaltique (g) Rhyolite (d)
    Erg de Tihodaine – Sahara Central – Algérie

    Biface acheuléen – Ballastère de Saint-Audebert
    Musée de l’Homme

     

    Les bifaces ont tendance à se raréfier progressivement au Paléolithique moyen alors que se développent les méthodes de débitage (dont le débitage Levallois) mais ils redeviennent fréquents au Moustérien récent, dans le Moustérien de Tradition Acheuléenne en particulier. [Wikipédia]

    Remarques

    Le mot "biface" a été proposé en 1920 par A. Vayson de Pradenne pour remplacer l'expression "coup-de-poing" (sorte de masse de forme arrondie), introduite précédemment par G. de Mortillet1,2. Celle-ci est désormais désuète. [Wikipédia]

    Des scientifiques ont mis au jour des outils en mars 2000 à Guangxi Zhuang dans le bassin de Bose, en Chine. Ils sont datés de – 800 000 ans. Jusqu’à présent les plus anciens outils trouvés en Chine étaient datés au plus de 500 000 ans. Ces outils sont de type acheuléens et attribués à Homo erectus. [III]

    _______________

    Notes

    1. Vayson, A. (1920) "La plus ancienne industrie de Saint-Acheul" L'Anthropologie, t. XXX, pp. 441-496.

    2. Brézillon, M. (1968) "La dénomination des objets de pierre taillée" Paris, CNRS Ed., IVe supplément à "Gallia Préhistoire"

     

    Homo habilis, Homo ergaster, Homo erectus

    ... pour se faire une idée de leur place dans l"évolution :

    Lignées humaines.jpg

     

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    Sources et pour en savoir plus

    [I] Wikipédia

    [II] Hominidés [archive 2022] [archive 2023]

    [III] Les premiers outils utilisés par l’homme préhistorique [archive] (Hominidés)

    [IV] La lignée humaine [archive] (u-picardie.fr)

    _______________

    Voir aussi

    Homo erectus

    En fait, Homo erectus savait naviguer [archive 1] [archive 2] France-info

    Homo erectus [archive] Encyclopédie de l'Histoire du Monde

    Les héritiers d'Homo erectus [archive] Sciences humaines

    Les plus anciennes gravures attribuées à Homo erectus 05/12/2014 [archive] Hominidés

    Autres

    Homme de Cro-Magnon (PDF pp 4-5)

    Homme de Néandertal (PDF pp 3-4)

    Homme de Tautavel (PDF pp 1-2)

    Homo neanderthalensis [archive] (Hominidés)

    Néandertal (dont Doc. générale)

    Néandertal en conférences (dont Dénisoviens)

    Divers

    Carbone 14

    Classification du vivant

    Les lampes à graisse [archive] (Hominidés)

    Lexique de l'archéologie (Wikipédia)

    _______________

    Ressources Wikipédia

    Homme de Cro-Magnon

    Homme de Néandertal

    Homo gautengensis

    Homo georgicus

     

     

     

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