• Coq et Poules : un symbole maçonnique

     

    Un symbole maçonnique

    Franc-maçonnerie et compagnonnage

    Le Coq figure dans le cabinet de réflexion des loges maçonniques avec la légende :
    « Vigilance et persévérance. Il veille dans les ténèbres et annonce la lumière ».

    Lorsque le profane lève les yeux il voit ce Coq, symbole solaire qui lui annoncera la fin de sa nuit éternelle et le triomphe de la lumière sur les ténèbres. Il lui recommande de rester en alerte car la lumière peut surgir à tout moment, mais aussi de ne pas se décourager trop rapidement s’il veut la recevoir. Le chemin sera long et peut-être difficile. Pour l’apprenti franc-maçon entrer dans la monde des symboles c’est passer de l’ombre à la lumière.

    Le Coq annonce l'aube et donc l'arrivée de la lumière. Il est celui qui après avoir veillé toute la nuit, annonce la libération, le passage des ténèbres à la clarté. Incapable de voler, se déplaçant difficilement sur terre, le Coq passe toute sa journée à chercher de la nourriture et à picorer çà et là et à veiller jalousement sur son harem. C'est pourquoi le Coq représente la vie ordinaire, le manque d'originalité, et même la faiblesse, beaucoup d'êtres humains vivent en fait de cette manière.

    Le parcours initiatique que les francs-maçons mènent les incite à sortir de cette vie ordinaire, de cette vie profane, pour rechercher la lumière qui éclaire leurs travaux. Car si le Coq symbolise parfois la faiblesse et la normalité, il lui arrive aussi de personnifier le courage, la vigilance et la persévérance. Le Coq n'est donc pas toujours symbole de faiblesse...

    Attachons nous un peu plus à ces trois notions : vigilance, persévérance et lumière [1]

    Vigilance. Chaque jour le Coq nous invite à nous lever courageusement pour défendre nos valeurs humaines, il nous dit : « Soyez éveillés. Soyez éveillés pour faire face à vos responsabilités d’hommes et de femmes libres ».
    Une parole de Bouddha : « La vigilance est le chemin du royaume immortel. La négligence celui qui conduit à la mort »

    Persévérance. Lors de son initiation, après avoir bu la coupe d’amertume, le profane est invité à persévérer, il boit encore et découvre après l’amertume une saveur plus sucrée.
    Un poète américain, Jackson Brown, décrit ainsi la persévérance : « Face à la roche, le ruisseau l'emporte toujours, non pas par la force, mais par la persévérance ».
    Un autre, Samuel Johnson, a dit ceci : « Peu de choses sont impossibles à qui est assidu et compétent... Les grandes œuvres jaillissent non de la force mais de la persévérance ».
    Jean-François Morin, enfin : « L'espérance ne mène à rien, mais la persévérance mène au droit chemin. »

    Lumière. Le Coq est le messager de la Lumière. Présent pour les francs-maçons dès le Cabinet de Réflexion, le Coq invite le profane à débuter son cheminement initiatique. Il s’agit de passer de l'ombre de la vie matérielle, dans la vie spirituelle. Le but est l'accomplissement de sa personnalité à l'écoute du Verbe, dans la recherche de la Sagesse de la Force et de la Beauté.
    Voici ce que disait Jean-Paul Sartre de la lumière : « Plus claire la lumière, plus sombre l'obscurité... Il est impossible d'apprécier correctement la lumière sans connaître les ténèbres ».
    Et Chateaubriand (extrait de « Mes Pensées ») : « Aussitôt qu'une pensée vraie est entrée dans notre esprit, elle jette une lumière qui nous fait voir une foule d'autres objets, que nous n'apercevions pas auparavant ».
    « Qui croit sans raison est un sot. Mais qui nie sans savoir est un fou. Cherche la vérité, tu trouveras la lumière » (Vercors [*])

    [*] Vercors est le pseudonyme littéraire adopté en 1941 pendant la Résistance, par l'illustrateur et écrivain français Jean Bruller (par la suite, il garda son nom pour son travail d'artiste et le nom de Vercors comme nom d'écrivain).
    Jean Marcel Adolphe Bruller est né le 26 février 1902 (Paris XVe) et mort le 10 juin 1991 au 58 quai des Orfèvres (Paris 1er)
    . Son œuvre la plus célèbre est Le Silence de la mer, publié clandestinement en 1942.


    Vigilance, Persévérance et Lumière

    Jadis, les compagnons bâtisseurs utilisaient le Coq pour exorciser leurs constructions. Sa couleur avait de l’importance car elle correspondait à l’un des trois chants que le gallinacé entonne à l’aube. Le premier Coq est noir car son chant est poussé pendant la nuit ; le second est rouge comme la couleur de l’aurore et symbolise le combat des ténèbres et de la lumière ; le troisième est blanc car la lumière a vaincu les ténèbres ; c’est aussi un compagnon, le plus jeune des apprentis, qui allait placer le cochet, la girouette en forme de Coq, au sommet du clocher des églises [8]

    Alchimie

    Le Coq est le symbole alchimique du vitriol (voir plus bas : La pierre alectoire ou alectaire) formé par la cuisson du sel et du soufre.
    Au début du Grand Œuvre, le Lion vert (la matière première) est soumis au feu de l’athanor et se trouve agressé par le Renard dont la queue figure le soufre.
    Basile Valentin parlant du soufre se muant en vitriol fait dire à l’adepte que « le Coq mangera le renard » et au final, un Coq triomphant symbolisera l’issu de sa confrontation avec le lion [8].

    L’origine de cette symbolique se trouve chez le philosophe Lucrèce, et chez Pline l’ancien (Histoire naturelle). Lucrèce affirme dans son De natura rerum que : « quand chassant la nuit au battement de ses ailes, le Coq appelle l’aurore de sa voix éclatante, le plus courageux des lions est incapable de lui tenir tête et de le regarder en face, tant il songe alors à la fuite » [8].

    La pierre alectoire ou alectaire

    La pierre alectoire (pierre du Coq) est, depuis l’antiquité romaine jusqu’au Moyen-âge, le talisman des athlètes [13]. Ce Bézoard, nom donné aux concrétions pierreuses que l’on trouve dans le corps des animaux, aurait, selon le Grand Albert [*], la vertu d’étancher la soif. Cependant, il doit être extrait d’un Coq d’au moins quatre ans [8].
    Mais le véritable pouvoir de cette pierre merveilleuse est ésotérique et ne peut être obtenu qu’à l’issu d’un combat symbolique de coqs. Ce duel, d’une extrême violence, se termine par la mort d’un des deux Gallinacés. Son sens est à rapprocher du mythe d’Abel et de Caïn qui sont les personnifications de deux forces antagonistes. À la mort d’Abel, Seth représentera la force de l’équilibre, le bâton du boiteux [14], ou encore, l’axe du caducée [15].
    À la mort du Coq, on trouvera cette force sous la forme d’une pierre en fouillant l’intérieur de ses entrailles.
    D’après le Lapidaire de Marbode (1035-1123), la pierre serait cristalline, blanche, et de la grosseur d’une fève. Elle rend les athlètes invincibles et procure le verbe clair et l’éloquence aux orateurs.
    C’est une pierre de lumière, la même qui est évoquée par l’acronyme des alchimistes et des Francs-Maçons, VITRIOL :Visita Interiora Terrae Rectificando Invenies Occultum Lapidemsoit : Visite l'intérieur de la terre et en rectifiant tu trouveras la pierre cachée.
    En d’autres termes : la pierre philosophale.
    Se rectifier, c’est marcher droit à nouveau après un boitement mais à l’aide d’une canne, d’un bâton rectiligne, symbole de l’Équilibre [1][14]

    [*] Le Grand Albert est un grimoire, un célèbre livre de magie populaire, en latin, attribué au théologien et philosophe Albert le Grand (vers 1200-1280), commencé peut-être vers 1245, avec sa forme définitive vers 1580, et son édition française classique en 1703.
    Son titre : Liber Secretorum Alberti Magni de virtutibus herbarum, lapidum et animalium quorumdam, « Livre des secrets d'Albert le Grand sur les vertus des herbes, des pierres et de certains animaux ».
    Opinion du bibliographe Jean-Charles Brunet : « C'est parmi les livres populaires, le plus célèbre et peut-être le plus absurde... Il est tout naturel que le Livre des secrets ait été attribué à Albert le Grand, car ce docteur, très savant pour son époque, eut, parmi ses contemporains, la réputation d'être sorcier ».

    Ce livre est souvent accompagné d'un autre, qui lui est similaire : le Petit Albert, paru en 1668.
    Son titre est Alberti Parvi Lucii Libellus Mirabilibus Naturae Arcanis, « Livre des merveilleux secrets du Petit Albert ».
    On y trouve des recettes prises chez Jérôme Cardan (De subtilitate, 1552), G. Della Porta (Magia naturalis, 1598), un chapitre original sur les talismans.

     

    Albertus Magnus

     

    Rejoindre l'article Coq et Poules

    Aller à l'accueil

     

    Haut de page