• Alors, on votera "blanc" ?

    ... Moi ? pas question ! Non mais, j'y tiens, à mes couleurs !!!

    Alors, on votera "blanc" ? 

    J'ai retrouvé, il y a 15 minutes, un texte que j'ai écrit il y a 15 ans.

    Un texte ? Plutôt une fantaisie avec laquelle je me suis bien amusée ! Si le papier a jauni, son propos reste toujours... vert et plus que jamais d'actualité.

    À l'origine, le titre était « Dégoût des couleurs »...

    Imaginez les arômes, odeurs et autres parfums prenant le même chemin que les couleurs ! D'ailleurs ne sont-ils pas liés ? Les roses sentent bon : les jaunes sont citronnées, les rouges, framboisées... mais il existe des roses qui puent...

     

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    Dégoût des couleurs

    La rosée de l'aurore enduit les vitraux et les impressionnantes affiches en trompe-l’œil, qui trompent d'ailleurs bien plus que l'œil par leurs clichés stéréotypés uniformistes : couleur locale de grisaille.

    Éveil vitreux du square en habit d'Arlequin. Mauves, roses jaunes, bleuets, boutons d'or... cernent les bassins aux poissons rouges, colverts et oies blanches à gorge pigeonnante ; ces dernières, bien qu'à poils, ne seraient-elles bonnes qu'à être plumées... ?

    Sur la Place Rouge, ou autour de la Maison Blanche, s'activent des bonshommes en bleu de travail, qui n'ont pas forcément la main verte, et d'autres au sang bleu en col blanc ; des Blancs au travail noir et des Noirs blancs comme neige, des Jaunes rouges de colère et des Rouges verts de rage, Jaune et Rouge s'arrachant une orange, une Rouge et un Blanc se disputant la garde de leur petite Rose ; Violette, violée qu'elle fut par un vieux laid jaune qui, ce jour-là plutôt noir, lui fit des bleus ; la jeune Jaune qui rêve en bleu la vie en rose et le Rouge plutôt Vert qui broie du noir ; celui au visage pâle d'émotion d'avoir peur de la fièvre jaune, de la peste noire, de la maladie bleue, du mal blanc..., et celui, qui à force d'être à la fois ou successivement Rouge, Vert, gris ou noir, ça dépend, marron, blanchi, ça arrive, vert de trouille ou d'envie, ou encore rouge d'effort ou de honte, en perd ses couleurs. Chemise rouge et bas bleus, celui-là n'a pas peur des contrastes.

    Au bistrot, Blanche, un peu grise au gros rouge, ne sait plus si son ami Noir aime le petit blanc ou si ce n'est pas son ami Blanc qui préfère le petit noir ; un Pied-Noir aux cheveux blancs fume une brune et boit une blonde, à moins que cela ne soit le contraire, tandis qu'un Blanc sec et pétillant, qui honore une rousse, est assis à côté d'un gros Rouge qui tâche d'avaler un verre de rosé, pressé qu'il est comme un citron. Jonas qui passe, crâne luisant et couronne dégradée, Clairette qui reste, devant un grand crème.

    Un cortège passe, mariage blanc en queue de pie, uniformément bigarré de riches désargentés ou de pauvres adorés.

    Fil rouge et livre blanc, les "bonnes œuvres", si nous les soutenons, nous porteront dans leur livre d'or.

    "Lisez le journal ! Carnets roses, bleus, blancs, marées noires, péril jaune et drapeau blanc, maillot à pois, couleur du temps, verdure, verdeur..." ; cet autre falot au visage rubicond savoure des histoires à l'eau de rose cousues de fil blanc, de la guimauve qui le porte à rêver palétuviers, bleu lagon, guirlandes de fleurs...

    Imperial Valley, Californie, vue du ciel

     

    Numéro vert, tout accessible, sauf la liste rouge.

    C'est ouvert ! À nous Label Rouge, légumes verts, rouget aux pieds-bleus, agents blanchissants et savon noir, fromage blanc et Bleu de Bresse, sel gris, safran, citrons verts, sucre roux, pain noir et chocolat blanc...

    Delta du Gange vu du ciel

      Peinture vinyle, indélébile, pour tacheter, trucs pas vrais, machins pas frais. Corne d'abondance de colorants "Négatif !", dit le photographe de Daltonie à son ami rougeaud en pull-over à rayures, l'épicier aux cheveux poivre et sel : "ouais, répond celui-ci, c'est pas brillant"

    Le marchand de couleurs et le teinturier font grise mine : c'est qu'ils en ont vues, des vertes et des pas mûres !

    Dans la cour des écoles, aux murs de ciment noir peinturlurés graffitiquement d'art Tag bien coulant — curieux contraste d'avec la copie blanche —, des petits bleus, quoique Blancs, Jaunes ou Noirs et trop souvent lanterne rouge, s'adonnent à la langue verte, lisent en cachette le Petit Livre Rouge : qu'ont-ils à faire de leur matière grise, du Siècle des Lumières, de la ligne bleue des Vosges, du nombre d'or, du troublant trou noir dans la couche d'ozone... ?

    Le rond-point, le carrefour, ses lignes jaunes, ses lignes blanches, feux tricolores, clignotants, la zone bleue, la Pervenche aux points noirs, la carte grise...

    "Croix-Rouge, croix verte, Croix...!" Laissez passer ce Peau-Rouge de la tribu des Nuages-Bleus cloué sur sa couche par un staphylocoque doré, le flamant noir des marées, une vache folle, donc pas très nette, étique, étiquetée par quelque blouse blanche pas très honnête (cela demande une mise au net), ou cet autre être blême pris de vertiges sur la Grande Bleue...

    À l'hôpital des portés pâles, le vif argent n'a plus cours, mais bien vif est l'argent de la vie, des brins d'ADN, des réactifs chromatiques des chromosomes, qui gêne éthique et ment, scandant le scandale avec force cris « au génie ! », à coups de brosse à reluire. Dans une autre salle, on décrypte le gribouillis d'un résultat d'analyse d'une machine à scruter, à contrastes, à imagerie, qui n'est point d'Épinal. On veut la lumière mais trop d'éclat éteint celle de la vie.

    ... Et voici qu'un corbillard tout noir et peut-être trop huilé — oint ! —, s'encastra avec détonation dans la plus très blanche ambulance dans une gerbe d'étincelles, domino dominé, damier damné par le carmin éclatant, le chiffonnage moiré des tôles, scandé par les voix blanches, les cris aigus devant le grave.

    Les "Gueules Noires" manifestent, coup de blues, coup de grisou, colère justifiée devant les gueules enfarinées.

    Autre manifestation, sportive celle-là, avec sa panoplie de drapeaux, rouges, oranges, verts, à damier, de cartons, jaunes, rouges...

    Cet Écossais rit jaune devant son compte bancaire au rouge pour avoir griffonné quelque chèque en blanc, un homme de paille reste de marbre devant un chèque en bois, au beau milieu de ce formidable jeu de massacre de cartes bleues, vermeil, oranges, blanches, vertes... de quoi saigner à blanc l'homme invisible... Éclairons notre lanterne : un financier n'écrit jamais à l'encre sympathique...

    New-York (High Line) : jour et nuit

     

    Compteur bleu ! Les lampions flambent, phares, gyrophares, enseignes fluo — "oh, la belle bleue !" —, néons, laser : gare à la nuit bleue, celle qui nous fait vivre des nuits blanches. Gigantesque jeu vidéo virtuel, qui éteint les étoiles filant au Diable Vauvert, qui obscurcit le ciel par trop de luxure, profitable aux fadas sanguinaires et non à ceux qui sont sans gains, l'aquarelle naturelle s'affadit, se délave, se dilue, même l'eau forte s'affaiblit devant tant de débauche de toc clinquant.

    Et puis la blanche qui n'est point poudre d'escampette mais bien poudre aux yeux, billets verts rubis sur l'ongle contre herbe bleue, desseins noirs contre argent à blanchir, avec en prime la jaunisse. Le marché noir des armes blanches.

    La rousse débarque, sirène criarde, "cachons-nous dans les bas fonds obscurs, nous ne voulons pas moisir à l'ombre !". Feu de l'action, "s'ils nous cherchent des noises, donnons-leur des marrons !". Ça chauffe. Encore une sombre histoire qui sera demain à la lumière étalée.

    Mistigri, magie noire, magie blanche, effets pervers, si toi pas gri-gri.

    Plus tard, le Nain Jaune préparera le tapis vert pour annoncer la couleur, dans le Club des beaux ténébreux, des personnages hauts en couleurs, où il faut montrer patte blanche : pas évident pour les petits Hommes Verts de la planète rouge !

    Toute cette faune de fauves est tellement grimée, bariolée, rafistolée, croûte empâtée trop fardée, que le kaléidoscope, grippé, devient insipidement unicolore, le prisme des couleurs, anémié, perd ses subtiles nuances : du pittoresque grotesque impeignable.

    Cacophonie de tons entrechoqués, la vie fourmillante n'est que taches, postillons de couleurs qui n'en finissent plus de se fondre les unes dans les autres, inélégamment, inégalement, résultat pisseux, inharmonieux, plombant le ciel de tant de pesanteur. Dorures vert-de-gris bouffées par la rouille. Bavures agressives de flashes électriques. Pastiches de feux d'artifice. Caricatures.

    Terre et halo vus de l'espace

      Nous revendiquons le retour de la vraie partition Arc-En-Ciel de notre Planète feue bleue, la vraie Symphonie des Couleurs, dans le grand Son et Lumière couleur Nature. Le seul authentifié par la Vie. L'iris.

    C'est écrit noir sur blanc. Dans la zone non hachurée, sans rature ni surcharge, SVP. Point y est.

     

    fb 1998

     

     

    Information

    Initialement posté le 08 novembre 2013 *, cet article a été éliminé à cause d'une négligence de ma part :-(
    Je l'ai remis "sur les rails" grâce à l'intervention de Google et de ses "caches", dont je vous donne ici la définition de Google soi-même :
     
     

     

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    Moralité :-)

    À présent, vous saurez comment récupérer des articles supprimés par erreur de vos blogs, ou retrouver d'anciennes versions avec éventuellement des commentaires ou discussions justifiant les remises à jour (le cas de Wikipédia notamment)

     

    Bonne (re) lecture !

     

    * Il y avait 1 commentaire, le samedi 11 janvier, de Titine : oui, oui, je l'ai. Cela fait bien 15 ans que tu me l'as donné...

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